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Décryptage. Deux jeunes randonneurs grièvement blessés lors d'un orage : où et comment frappe la foudre ?

L'accident est rare, mais ses conséquences peuvent s'avérer dramatiques. Lundi 3 août, deux randonneurs de 14 et 21 ans ont été frappés par la foudre alors qu'ils effectuaient une randonnée dans les Hautes-Pyrénées. Les fortes chaleurs, combinées aux lieux à risque ou à l'altitude, sont des facteurs de risque. 

Pour qu'il y ait foudre, il faut nécessairement qu'il y ait orage. Ce qui implique qu'en France, certaines régions aux températures plus élevées soient davantage touchées. « C'est avant tout lié aux conditions météorologiques. Des zones comme le Sud-Est sont extrêmement touchées par les orages, contrairement au Nord ou à la Bretagne, où il y a moins d’activité orageuse », souligne Stéphane Pédeboy, président de Météorage, société dédiée à la détection de la foudre.

Selon Météo-France, entre trois et cinq jours d'orage sont recensés en moyenne chaque année sur la pointe bretonne. De l'autre côté du territoire, on compte entre 21 et 30 jours dans les départements de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, le sud de l’Ardèche et le relief de la Corse. « Ces zones montagneuses sont beaucoup plus sujettes aux orages qu'au niveau des plaines, complète l'expert. C’est une question de convection : le soleil qui tape sur la roche va créer des conditions propices aux orages dans les après-midi ou en soirée. » Enfin, à travers ces régions, certains lieux sont plus exposés aux risques de foudre, « en raison de leur configuration et de leur hauteur », rappelle-t-on chez Météorage. Il peut s'agir de monuments, de tours ou d'éoliennes.

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Des périodes de l'année sont-elles plus favorables ?

Le lundi 3 août est devenu la deuxième journée la plus orageuse de l'année 2026, après le 16 juillet, selon La Chaîne Météo. 13 981 impacts de foudre nuages-sol ont été recensés à travers le territoire. Des records liés à la fin des fortes chaleurs enregistrées ces derniers jours. « Les conditions caniculaires que l’on connaît ne sont pas très favorables aux orages, mais cela le devient lorsque la canicule s’estompe », explique Stéphane Pédeboy. 

Si la période estivale favorise la formation d'orages et donc d'accidents liés à la foudre, les conséquences du réchauffement climatique sont venues allonger la période à risques. « Il y a quelques années, la majorité des éclairs étaient détectés entre juin, juillet et août. Désormais, on observe un début de saison beaucoup plus tôt, à partir de mars, jusqu’à octobre ou novembre », assure Météorage, avec un pic en juillet, qui représente près de 30 % des accidents annuels.

Néanmoins, malgré de chauds étés depuis plusieurs années, certaines saisons estivales sont plus touchées par le phénomène que d'autres. En 2026, par exemple, 3 231 690 éclairs ont déjà touché la France, contre 1 645 643 en 2025, plus faible total depuis que Météorage analyse ces phénomènes. « D’une année sur l’autre, on peut battre des records, puis l’année d’après, sans savoir pourquoi, il y aura moins d’orages. »

Quelles précautions prendre en cas d'orage ?

Selon les chiffres publiés par La Météorologie sur la période 2010-2020, près de la moitié (44 %) des personnes touchées par la foudre l'ont été lors de promenades ou de footings. Viennent ensuite les victimes en montagne (28 %), puis la baignade ou la plaisance (20 %). « En ce qui concerne la montagne, les personnes peuvent avoir des difficultés pour trouver refuge, concède Stéphane Pédeboy. Lorsqu’on entend l’orage, il faut laisser tomber la randonnée et aller se mettre à l’abri ou redescendre le plus vite possible. »

Dans d'autres situations, et s'il n'est pas possible de trouver refuge, Météo-France conseille de « ne pas stationner sous un arbre isolé, ni sous un surplomb, d'éviter de manipuler tout conducteur d'électricité (métal, eau qui ruisselle…). S'accroupir, pieds joints. Ne pas s'allonger ni s'appuyer contre une paroi. S'isoler au maximum du sol au moyen de tout matériau isolant : rouleau de corde, sac de couchage ou sac à dos dont l'armature est posée sur le sol ».

De son côté, Météorage, par la voix de son président, met en garde contre la sous-estimation des risques liés à la foudre. « C'est naturel, car l’orage est quelque chose de très commun et il ne se passe pas de drames à chaque fois. » Le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDC) recense moins de 10 décès liés à la foudre chaque année sur le territoire français. Ces chiffres sous-estiment cependant la réalité, car la mention de l’origine « foudre » n’est pas toujours précisée lors de la prise en charge des victimes.