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Météo. Au moins 35 000 morts en Europe liés à la canicule : quels pays ont les plus lourds bilans ?

Les premiers bilans des victimes de la chaleur de l’été continuent de tomber. Et les chiffres font froid dans le dos. En Europe, la surmortalité due aux vagues de chaleur à répétition a été estimée à plus de 35 000 morts à ce stade par le journal The Guardian. « Le vrai nombre devrait être bien plus élevé, car celui-là ne représente que la moitié du continent et n’inclut pas tous les morts du mois d’août », prévient en outre le quotidien britannique.

Les chiffres les plus récents concernent l’Espagne, où plus de 5 000 décès attribuables à la chaleur ont été recensés entre le 1er juin et le 31 août. Il s’agit d’un record sur cette période depuis le début de la compilation de ces données par l'Institut de santé Carlos III en 2015. Cet institut public basé à Madrid a attribué à la chaleur 2 149 décès au mois d'août, 2 025 en juillet, et 937 en juin. Le précédent record sur ces trois mois en Espagne datait de 2022, avec 4 652 morts attribuables à la chaleur. À titre de comparaison, sur la même période, 3 651 décès avaient été attribués à la même cause en 2025, et 1 977 en 2024. Le mois de juillet 2026 a déjà été le mois le plus chaud jamais enregistré en Espagne, qui se prépare à « une chaleur digne d’un été en plein cœur » dans les prochains jours, selon l'agence météorologique Aemet.

C’est aussi le cas de la France, où de fortes chaleurs vont faire leur retour cette semaine, avec plus de 35 °C attendus dans certains départements ce week-end. Concernant l’Hexagone, un bilan provisoire a fait état mi-août de plus de 7 000 morts depuis le début de l'été. Aux 5 764 décès excessifs enregistrés du 17 au 30 juin, lors de la première vague de chaleur, se sont ajoutés 1 243 morts en excès entre le 3 et le 22 juillet, a annoncé mi-août Santé publique France. Cette deuxième vague de chaleur a concerné 78 départements, soit 78,5 % de la population hexagonale. Sans compter les 300 décès de plus lors du premier épisode de chaleur du 24 au 28 mai par l’institut de santé publique.

Un lourd bilan en Allemagne

De l’autre côté de la frontière, en Allemagne, le bilan est aussi particulièrement lourd : environ 15 800 personnes sont mortes, selon des estimations qui vont jusqu'au 16 août. Les personnes âgées de 75 ans et plus ont été les plus touchées, précise le rapport hebdomadaire de l'Institut Robert Koch. Dans le détail, 9 600 des 15 800 personnes sont décédées au cours de la semaine particulièrement caniculaire, entre le 22 et le 28 juin, durant laquelle l'Allemagne a enregistré des températures record, dépassant par endroits les 41 °C. Avant cet été particulièrement meurtrier, le dernier record relevé par l'institut Robert Koch datait de 2018, avec 8 900 décès liés à la chaleur en Allemagne.

L'Autriche aussi a enregistré en juin et juillet un record historique de décès liés à des canicules. Ces deux mois ont fait 646 victimes en raison des canicules, contre un précédent record de 570 décès enregistrés en juin et juillet 2024, rapporte l'agence AGES. Côté températures, 41,2 °C ont été enregistrés à Bad Deutsch-Altenburg, dans l'est du pays, début août, battant le précédent record de 41 °C enregistré à Vienne la veille.

Des chiffres à venir en Italie

L'Italie n'a pas encore donné de chiffres. Selon The Guardian, les dernières modélisations indiquent que 2 700 personnes de plus que la normale sont décédées en quelques jours à peine, entre le 22 et le 28 juin. Selon les épidémiologistes, le bilan total pourrait se hisser entre 5 000 et 8 000 morts. Même cas de figure au Royaume-Uni, où l'agence de sécurité sanitaire a indiqué que les vagues de chaleur de mai et juin avaient entraîné 2 877 décès en Angleterre.