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15 ans plus tard, Warhammer 40,000 : Space Marine reste un défouloir culte mais bancal

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  • 15 ans plus tard, Warhammer 40,000 : Space Marine reste un défouloir culte mais bancal

Sorti en 2011, Warhammer 40,000 : Space Marine reste un jeu culte pour les amateurs de bolters et de tronçonneuses et autres fidèles du Tout Puissant Empereur de l'Humanité. Brutal, généreux, mais aussi limité dans son ambition, il incarne une sorte d'époque révolue du jeu d’action.

Il y a 15 ans, Relic Entertainment sortait Space Marine, sur PlayStation 3, Xbox 360 et PC, un jeu d’action à la troisième personne où l’on endossait l’armure lourde d’un capitaine Ultramarine, celui qui allait devenir une légende : Titus. À une époque dominée par les TPS musclés façon Gears of War, le titre avait choisi une voie plus directe : moins de couvertures, plus de tronçonneuse dans la gueule. Revisité aujourd’hui, il garde une aura indéniable pour les fans de Warhammer, mais révèle aussi les limites de son époque.

Dans ton p'tit pull Space Marine

Dès les premières minutes, Space Marine impose un rythme étouffant : on ne se cache pas derrière un muret, on plonge tête baissée dans la mêlée. Le jeu trouvait sa singularité dans une approche hybride, mi-shooter, mi-hack’n’slash. Un fusil bolter dans une main, une épée tronçonneuse dans l’autre, on devait alterner sans cesse entre exécutions sanglantes et salves d’artillerie lourde. Un mélange grisant, qui donnait vraiment la sensation d’incarner une machine de guerre surhumaine.

Mais la force brute avait son revers. Les combats, aussi jouissifs soient-ils, finissaient par se répéter. L’action reposait sur un éventail d’armes satisfaisant, certes, mais le bestiaire manquait de variété, surtout durant la première moitié où l’on massacrait des vagues entières d’orks dans des environnements métalliques interchangeables. Passé l’euphorie initiale, la routine s’installait vite.

Techniquement, le jeu était loin d'être un foudre de guerre à sa sortie. Les animations avaient du punch, mais les textures ternes et les décors industriels, souvent grisâtres, donnaient l’impression de traverser un couloir géant bardé de passerelles. Face aux références de l’époque, comme Gears of War 3 (sorti deux semaines après Space Marine), le titre de Relic Entertainement paraissait déjà moins ambitieux visuellement et narrativement.

Opération défouloir
Opération défouloir

Titus et coutumes

Pourtant, impossible de nier la fidélité à l’univers Warhammer 40,000. Les Ultramarines étaient représentés avec une dévotion quasi religieuse, leurs armures imposantes semblant tout droit sorties d’une vitrine de figurines. L’ambiance martiale, le ton grave et les références à la mythologie dantesque bâtie par Games Workshop, donnaient au jeu une saveur particulière pour les initiés. Pour les autres, l’histoire tenait surtout lieu de toile de fond à une déferlante de démembrements dans la joie et l'allégresse.

La durée de vie était calibrée pour une aventure intense, mais ramassée, avec une campagne qui se terminait en une dizaine d’heures. Assez pour ne pas lasser, mais avec un sentiment de trop peu, d'autant plus que le dernier tiers du jeu donnait l'impression d'une accélération incontrôlée vers une conclusion expédiée. Les contenus additionnels et le multijoueur avaient prolongé l’expérience, sans pour autant faire de Space Marine 1 un jeu véritablement incontournable. Même l’édition anniversaire sortie dix ans plus tard, avec tous les DLC intégrés, relevait davantage du sympathique gadget que l'obligation d'achat. (On passera sur le cas du triste remaster Warhammer 40,000 : Space Marine - Master Crafted Edition, parresseux au possible et techniquement aux fraises.)

Coup de vieux
Coup de vieux

Il n'empêche que 14 ans plus tard, Space Marine 1 conserve cette sensation viscérale et immédiate que peu de jeux ont pu reproduire depuis : le plaisir coupable d’un massacre sans détour, sans fioritures. Il conserve ce parfum de nostalgie, celui d’un jeu imparfait mais sincère, qui avait su capter l’essence d’un Space Marine mieux que quiconque. Pas un monument, mais un souvenir précieux pour ceux qui aiment encore sentir l’odeur de l’huile et du sang mêlés dans les couloirs de l’Imperium. Et une étape essentielle sans laquelle nous n'aurions jamais pu mettre les mains sur l'immense Warhammer 40,000 : Space Marine 2.

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