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Megacasting : la technologie qui transforme l'industrie automobile

Bouleversée par l'arrivée des nouveaux constructeurs, l'industrie automobile traverse une transformation profonde. La technologie y joue un rôle central. Dans certains domaines comme le 'megacasting', les entreprises suisses sont à la pointe de l'innovation.

Une voiture moderne est composée de milliers de pièces individuelles, assemblées à la main ou par des robots. Mais de nouvelles machines bouleversent ce processus de production. Elles sont désormais capables de fabriquer une bonne partie d'une voiture en une seule pièce, simplifiant considérablement la production.

L'entreprise suisse Bühler, basée à Uzwil (SG), fabrique ce type de machines. Celles-ci injectent de l'aluminium liquide dans un moule avec une pression de 90'000 kilonewtons, et ce, en quelques millisecondes. "C'est comme si on soulevait la tour Eiffel d'un mètre avant de la laisser retomber", affirme Marcel Natterer, membre de la direction de Bühler.

Il en résulte une grande pièce d'un seul tenant. "Autrefois, il fallait souder et riveter de nombreux petits éléments pour obtenir le même résultat", précise Marcel Natterer. Avec cette nouvelle méthode, appelée 'megacasting' en anglais, de nombreuses étapes de travail deviennent superflues.

>> Ecouter un extrait du reportage de SRF :

SRF, Echo der Zeit, 25.09.2026, 18h00

Quelques entreprises se partagent le marché

Pour l'industrie automobile, le 'megacasting' représente une avancée majeure. Ce procédé simplifie considérablement la production, réduit les coûts des composants et améliore la qualité des véhicules. À l'échelle mondiale, on compte environ une demi-douzaine d'entreprises actives dans ce domaine.

Tesla, par exemple, collabore avec la société italienne Idra, qui est aujourd'hui sous contrôle chinois. D'autres fabricants sont basés en Allemagne et en Chine. Le groupe technologique suisse Georg Fischer, quant à lui, a vendu début 2026 sa division de moulage sous pression à l'entreprise mexicaine Nemak.

Le constructeur suédois Volvo, en mains chinoises, utilise les machines de Bühler pour produire le plancher arrière d'une voiture électrique en une seule pièce. "C'est beaucoup plus rapide et moins coûteux", résume Mats Brodin, ingénieur pour Volvo. Selon les pièces, les coûts de production peuvent diminuer de 30% à 50% grâce au 1megacasting'.

Mats Brodin, ingénieur pour Volvo, pose à côté d'une grande pièce destinée à une voiture électrique, produite à l'aide du "megacasting". Jusqu'à présent, cette partie se composait d'une centaine de pièces distinctes. [SRF - MATTHIAS HEIM]
Mats Brodin, ingénieur pour Volvo, pose à côté d'une grande pièce destinée à une voiture électrique, produite à l'aide du "megacasting". Jusqu'à présent, cette partie se composait d'une centaine de pièces distinctes. [SRF - MATTHIAS HEIM]

Tesla et les marques chinoises en pionniers

Tesla a été le premier constructeur à adopter cette technologie, souligne Marcel Natterer. À la fin des années 2010, le pionnier californien de l'électrique cherchait de nouvelles façons de produire des voitures de manière plus économique et efficace, tout en réduisant leur poids. Pour les voitures électriques, l'autonomie est un critère déterminant.

Presque simultanément, les marques émergentes chinoises ont également adopté ce processus. "Une grande partie de ce marché s'est développée en Chine. Les nouveaux véhicules électriques y ont été conçus, et c'est là que cette tendance a démarré", explique Marcel Natterer.

Grâce au "mégacasting", les pièces deviennent plus légères. Au lieu d'être fabriqués en acier, les différents composants sont moulés en aluminium. Cela réduit le poids de la voiture et augmente l'autonomie des véhicules électriques. [SRF - MATTHIAS HEIM]
Grâce au "mégacasting", les pièces deviennent plus légères. Au lieu d'être fabriqués en acier, les différents composants sont moulés en aluminium. Cela réduit le poids de la voiture et augmente l'autonomie des véhicules électriques. [SRF - MATTHIAS HEIM]

Ces entreprises ont également bénéficié de l'avantage de pouvoir partir de zéro, ou presque. Elles ont construit de nouvelles usines en intégrant directement les technologies les plus récentes, faisant ainsi avancer de nouvelles méthodes de production. Cela a mis les fabricants traditionnels sous pression.

Aujourd'hui, outre Volvo, d'autres constructeurs historiques utilisent le 'megacasting'. Et selon Marcel Natterer, ce n'est qu'un début: "Le potentiel est encore immense."

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Matthias Heim, SRF

Adaptation pour RTSinfo: Didier Kottelat

Le moulage sous pression et le 'megacasting'

Dans le jargon technique, cette méthode est appelée moulage sous pression, ou "die casting" en anglais. Cette technique est utilisée dans l'industrie métallurgique depuis la fin du XIXe siècle.

Cependant, les nouvelles machines permettent désormais de produire d'immenses pièces en une seule coulée. C'est pourquoi le terme 'megacasting' s'est imposé dans l'industrie automobile.