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Mécontent du prix à la pompe ? Prenez-vous en à Donald Trump…

Aux quatre coins du monde, la hausse des prix de l’énergie provoque des tensions sociales et même parfois des émeutes. La raison de cette colère se trouve dans la nouvelle phase de la guerre déclenchée par Donald Trump dans le Golfe, et dont il n'arrive pas à se défaire ou à la résoudre.

Aux quatre coins du monde, du Guatemala à la Syrie, des Philippines au Portugal et bien sûr en France, la hausse des prix de l’énergie provoque des tensions sociales et même parfois des émeutes. La raison de cette colère ? Une nouvelle flambée des prix qui met en péril des vies précaires sous toutes les latitudes.

Le problème est que les gouvernements de ces pays ne sont pour rien dans ces augmentations ; tout au plus peuvent-ils, ou pas, alléger le fardeau financier des populations. La cause est connue : c’est le conflit dans la région du Golfe, aux multiples rebondissements, qui met en péril la production et l’exportation des hydrocarbures. Le baril de brut est repassé nettement au-dessus de 100$, contre 60$ avant le début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran en février. Le prix à la pompe s’en ressent.

Interrogé sur les derniers rebondissements au Yémen, qui ont fait bondir le prix du baril, le vice-président américain, JD Vance a répondu : « nous sommes en contrôle ». Tout, en réalité, indique le contraire : l’administration Trump a perdu la maîtrise de la situation, et ne trouve pas la porte de sortie d’une crise qui affecte le monde entier.

C’est un conflit en trois actes qui se déroule sur un peu plus de six mois, là où Donald Trump escomptait une issue rapide et victorieuse, compte tenu de la puissance des armées américaine et israélienne combinées. Une confrontation asymétrique dans laquelle le fort et le faible ne mènent pas la même guerre, n’emploient pas les mêmes méthodes.

Aux bombardements massifs, l’Iran a riposté en bloquant le détroit d’Ormuz, et en s’en prenant aux bases américaines et aux pays arabes du Golfe. A cette impasse stratégique, s’ajoute une nouvelle zone de conflit, c’est le troisième acte, avec l’entrée en action des rebelles Houthis du Yémen, qui menacent le détroit de Bab el Mandeb, autre point de passage maritime névralgique.

Carte des deux détroits névralgiques d’Ormuz et de Bab el Mandeb.
Carte des deux détroits névralgiques d’Ormuz et de Bab el Mandeb. ©AFP - Valentina BRESCHI, Guillermo RIVAS PACHECO / AFP

L’Arabie Saoudite voisine a subi simultanément des missiles des Houthis, et une attaque des milices chiites irakiennes sur un pipe-line vital Est-Ouest, qui devait permettre le contournement du détroit d’Ormuz. Regardez une carte et vous comprendrez comment l’Arabie Saoudite, le pays-clé de la région face à l’Iran, a dû interrompre ses exportations pétrolières, et se révèle d’une grande vulnérabilité.

Que font les États-Unis ? La passivité américaine est le grand mystère de cette nouvelle crise, car les États-Unis sont censés être le protecteur de l’Arabie Saoudite depuis le « pacte du Quincy » conclu en 1945 ! Washington a eu des contacts à Oman avec les rebelles Houthis, mais n’auraient obtenu d’assurances que pour les intérêts américains, pas saoudiens, ce qui n’a pas du rassurer Ryad sur la garantie des États-Unis.

Dans cette impasse, une négociation s’esquissait entre les pays du Golfe et l’Iran, mais elle a été annulée au dernier moment. Cette incertitude participe de la nervosité du marché des hydrocarbures et explique la hausse des prix, qui pourrait encore s’aggraver si aucune solution n’est en vue.

Trump et les États-Unis sont les grands perdants de cette débâcle. La dissuasion américaine est affaiblie, et pas seulement au Moyen Orient ; et le président risque de payer le prix fort dans moins de deux mois aux élections de mi-mandat. Le prix du baril est devenu le baromètre de l’échec de Donald Trump dans le Golfe.