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Mauvaises sensations et mauvaise humeur : Jasper Philipsen a bien cru qu'il ne gagnerait pas sur ce Tour de France 2026

"Les vrais sprinters forment une race à part. Jusqu'au dernier jour, ils continueront à croire en leur chance de s'imposer. Le doute s'immisce très difficilement dans leur cerveau."

L'autre jour à Bergerac, quand Tim Merlier avait donné une nouvelle leçon à Jasper Philipsen, Sean Kelly et André Greipel nous avaient tous les deux assuré que l'Anversois devait demeurer sûr de sa force, que c'était le seul moyen pour lui d'espérer s'imposer enfin sur ce Tour.

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"Le niveau est tellement élevé que ça devient de plus en plus difficile de s'adjuger une étape, répondit le Belge qui s'était doucement laissé gagner par le doute. J'avais fait une préparation idéale et je pensais être dans une forme exemplaire au départ du Tour. Mais rien n'allait comme je le voulais. Était-ce dû à la chaleur ? Je ne sais pas. Toujours est-il que je manquais d'explosivité. J'étais fâché sur moi-même. Ces derniers jours, j'étais de mauvaise humeur et je n'étais pas très agréable avec mes équipiers. Il m'arrivait de ne pas parler de toute la soirée. Même si personne au sein de l'équipe ne me formulait le moindre reproche, je sentais que la pression se faisait de plus en plus sur mes épaules. J'essayais de contrôler la nervosité qui grandissait."

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Ces derniers jours, j'étais de mauvaise humeur et je n'étais pas très agréable avec mes équipiers.

Ses équipiers, Mathieu van der Poel en tête, ne lui en ont pas tenu rigueur. "Au contraire, ils m'ont tous dit qu'ils étaient à fond derrière moi et ça m'a conféré une grande confiance."

Et ce mercredi à Voiron, l'ancien vainqueur de Milan-Sanremo (en 2024) a enfin touché au but. "En 2022, j'avais dû patienter jusqu'au 15e jour de course pour lever les bras, se souvient le bolide d'Alpecin-Premier Tech. Ici, j'ai attendu encore plus longtemps."

Peu importe : l'essentiel est sauf. Mieux : voilà désormais Philipsen auréolé de onze succès sur la Grande Boucle. Tout ça en cinq années d'affilée, une grande première belge.

"Ce Tour, ce sont des montagnes russes d'émotions, lance-t-il. Mathieu me plaçait tout le temps dans des conditions optimales, mais je ne parvenais jamais à conclure. Maintenant, c'est fait. Je suis soulagé. Mais que cette étape fut difficile. Être parvenu à rester devant aujourd'hui va me coûter quelques années de ma vie…"

Belgian Jasper Philipsen of Alpecin-Premier Tech celebrates after winning stage 17 of the 2026 Tour de France cycling race, a stage of 175km from Chambery to Voiron, on Wednesday 22 July 2026. The 113th edition of the Tour de France starts on Saturday 4 July in Barcelona, Spain, and will finish in Paris, France on the 26th of July.
BELGA PHOTO POOL LUCA BETTINI
Une fois au sol, lAnversois a été envahi par les émotions. ©Belgaimage
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Cette journée va me coûter quelques années de ma vie.

Six victoires belges depuis le départ de Barcelone

Toujours est-il que les coureurs belges comptent désormais six victoires depuis le début de ce Tour avec le hat-trick de Tim Merlier et le doublé de Remco Evenepoel. C'est donc déjà autant qu'il y a douze mois, alors qu'il faut remonter à 1984 pour avoir trace de sept succès noir-jaune-rouge sur la Grande Boucle.

En levant enfin les bras, Jasper Philipsen s'est aussi pleinement relancé dans la course au maillot vert. Il ne compte à présent plus qu'un débours de sept points sur le leader Mads Pedersen, dont c'est le grand objectif. "Je me battrai jusqu'à Paris pour essayer d'inverser la tendance, assure celui qui ramena cette tunique distinctive en Belgique en 2023. Mais ça va être compliqué parce que Mads grimpe mieux que moi."

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Reste que ce succès, qui tombe dix jours après celui de Mathieu van der Poel à Ussel, a augmenté l'appétit des coureurs de Christoph Roodhooft. "On va essayer de gagner à Paris, que ce soit Mathieu ou moi", conclut un Philipsen visiblement soulagé.

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