Mondiaux de Montréal: Mauro Schmid proche du podium malgré les crampes
Publié27. septembre 2026, 22:27
CyclismeMauro Schmid: «Au moins, j'ai tenté ma chance»
Le Zurichois a cru au podium jusqu'à 3 km de l'arrivée, aux Mondiaux de Montréal. Mais sa course folle s'est terminée par des crampes aux deux jambes.

On venait de passer les deux tiers de la course et l'épreuve canadienne était déjà sens dessus dessous. Mathieu van der Poel et un groupe costaud était à l'avant. Mauro Schmid, lui, naviguait à quasiment deux minutes de la tête. Mais il n'avait pas encore joué sa carte. Le Zurichois a fini par revenir à l'avant et était seul derrière le vainqueur Brandon McNulty à quatre bornes de l'arrivée. Une course de folie, terminée à 22 secondes du bonheur. Interview d'un homme fier.
Tu as tenté ta chance dans les cinq derniers kilomètres…
Je pense que c'était à peu près la seule opportunité qu'il me restait. J'avais déjà été lâché assez tôt dans la course, mais je suis revenu avec Mads Pedersen. Nous avons juste roulé à un rythme extrêmement élevé et, devant, ils attaquaient sans cesse et se surveillaient les uns les autres. Puis nous sommes revenus et je me suis dit, «ouais, pourquoi ne pas tenter ici!» Il ne m'a pas manqué grand-chose, mais malheureusement à environ trois kilomètres de l'arrivée j'ai eu des crampes dans les deux jambes et après ça, je ne pouvais plus vraiment faire tourner les pédales. Au final, je suis quand même content. Ce n'est pas le résultat pour lequel nous sommes venus. Mais oui, nous avons pas mal couru et au final, je suis fier de la façon dont j'ai effectué le dernier tour et, au moins, j'ai tenté ma chance pour une médaille.
Stefan Küng: «il ne fallait jamais rien lâcher»
«Je savais que, sur un championnat du monde, il ne fallait jamais rien lâcher jusqu’à la fin. Ça peut revenir, on peut tout à coup se retrouver à jouer les places d'honneur, voire les médailles. Et c’est ce qu’on a vu. Tout d’un coup, Mauro a surgi. Franchement, je n’avais plus de jambes à un tour et demi de la fin, parce que j’avais déjà dû faire tellement d’efforts pour revenir sur le groupe de devant... Plus la course avançait, plus j’ai commencé à y croire, à me dire que je pouvais aller chercher une place. Ce sont aussi les coureurs qui font la course. Le rythme infernal que la France a imprimé, je ne sais pas si cela se voyait de l’extérieur, mais je peux vous dire que c’était vraiment, vraiment difficile. Quand on est là, aux Championnats du monde, on ne lâche jamais rien. Je pense que l’expérience m’a aidé là-dessus. Mais à la fin, on ne sait jamais, donc c’est pour ça que je me suis battu.»
Un peu à la manière dont tu as couru cette saison, à l'attaque.
Ouais, je pense que j'ai connu une excellente saison. Je suis content. Je suis toujours en bonne forme et compétitif. Ça n'a pas été mes meilleures courses ces derniers jours au Canada. Mais je suis heureux. Je suis revenu à un bon niveau. Là, ç'a été une journée brutale. Je savais que ce serait super dur. C'est toujours dur aux Mondiaux… Surtout avec la France qui impose un rythme comme ça dès le premier tour. C'était incroyable. Nous, on n'avait pas vraiment l'équipe pour rendre la course plus dure mais plus pour se placer et à la fin c'était, je pense, assez important. Parce que comme ça j'ai pu faire un peu mon rythme au début et puis, ouais, il me restait au moins quelque chose dans les jambes pour les derniers tours…
A un moment, tu es deux minutes derrière.
Devant, ça attaquait constamment. Et puis moi, franchement, je ne me suis pas fait vraiment mal et je ne souffrais pas comme un fou dans la grande montée. J'ai juste essayé de garder mon propre rythme. Sauf que, quelques fois, j'ai mal géré mon placement au bas de la côte… Et puis je suis tombé sur Mads Pedersen, on a géré notre rythme dans les bosses et on a été super efficaces sur le plat. Nous avons remonté petit à petit pas mal de gars et c'était bon pour le moral. On a même été de retour à la lutte pour les médailles, tout au bout.

Robin Carrel (rca) est journaliste spécialisé en sport à 20 Minutes depuis 2011. Ses sports de prédilection sont le football et le cyclisme, mais il privilégie surtout le terrain de la découverte.