Mathilde Favier est morte à l'âge de 57 ans: qui était cette influente Parisienne et figure de la maison Dior où elle était chargée des relations avec les célébrités ?
Mathilde Favier est morte à l'âge de 57 ans: qui était cette influente Parisienne et figure de la maison Dior où elle était chargée des relations avec les célébrités ?
Publié aujourd'hui à 13h44
Lire dans l'appMathilde Favier, directrice des relations publiques de Dior Couture et responsable mondiale des relations avec les célébrités, est décédée brutalement lundi dans un accident de voiture survenu dans les Deux-Sèvres. Elle voyageait aux côtés de son époux, le producteur de cinéma Nicolas Altmayer. Figure emblématique du chic parisien et personnalité incontournable de la mode française, elle avait consacré une grande partie de sa carrière à tisser des liens entre la maison Dior et les personnalités les plus en vue de la planète.
Une coupe courte, des yeux rieurs, une silhouette élancée et un style toujours très pointu : Mathilde Favier était de ces personnalités solaires dont la présence ne s’oublie pas.

Serait-il cliché de dire qu'elle était la plus parisienne des Parisiennes ? Pourtant, la ville semblait couler dans ses veines et son nom circulait bien au-delà des cercles de la mode. Son répertoire réunissait tout ce que la capitale compte de figures créatives et influentes, galeristes, créateurs, décorateurs, chefs, artistes, mannequins et journalistes. Mathilde Favier avait ce don rare de faire dialoguer des univers qui, sans elle, seraient peut-être restés séparés.
Lors d’une interview réalisée à l’occasion d’une exposition chez Christie’s, j'avais été frappée par son enthousiasme communicatif pour l’art et la décoration. Elle ne se contentait pas de parler de ce qu’elle aimait : elle voulait transmettre, partager, éveiller chez l’autre le goût du beau. Mathilde était une esthète, bien sûr, mais une esthète généreuse, pour qui la beauté n’avait de sens que lorsqu’elle était partagée. Parmi ses proches figuraient notamment le galeriste Pierre Passebon, l’architecte d’intérieur Laura Gonzalez ou encore la créatrice de mode Julie de Libran.
Un oncle proche de Karl Lagerfeld, une sœur créatrice de mode, une belle-sœur chargée de la joaillerie chez Dior
Cette familiarité avec les milieux artistiques n’était pas le fruit du hasard, Mathilde Favier est issue d’une famille particulièrement présente dans la création parisienne.

En effet, sa demi-sœur, Victoire de Castellane, est devenue l’une des grandes figures de la joaillerie contemporaine et la directrice artistique de Dior Joaillerie. Célèbre pour son style narratif, elle explore les univers du jardin, de la nature et du romantisme à travers des bijoux empreints de poésie. Son oncle, Gilles Dufour, fut longtemps l’un des plus proches collaborateurs de Karl Lagerfeld chez Chanel, notamment comme premier assistant et directeur de studio. Sa sœur cadette, Pauline Favier-Henin, dirige depuis cinq ans la maison de décoration Bloom Paris, consacrée à un art de vivre qui fait la part belle aux pièces colorées et aux intérieurs solaires.
Dans Mathilde à Paris, le livre qu’elle publie en 2024 avec la journaliste Frédérique Dedet, Mathilde Favier raconte justement ce Paris dans lequel elle a grandi : un environnement où artistes, couturiers, décorateurs et autres personnalités du monde de la création faisaient partie de son quotidien. Elle y évoque notamment l’influence de la célèbre antiquaire Madeleine Castaing, figure emblématique de la décoration française, qu’elle avait bien connue durant son enfance. Dans cet ouvrage, elle se confiera aussi sur sa vie sentimentale et révélait être mariée avec le producteur de cinéma Nicolas Altmayer, avec qui elle apparaissait régulièrement en public depuis 2022.
Cette proximité, Mathilde Favier n’en a pas fait un simple héritage mondain, elle l'a transformé en un métier, en un véritable savoir-faire. Mathilde, où l'art de mettre les gens en relation.
Fille en Vogue et chef d’orchestre des célébrités chez Dior
Mathilde Favier appartenait à cette catégorie de personnalités dont le carnet d’adresses est presque aussi précieux que le curriculum vitae. Une "fille en vogue", au sens littéral du terme : quelqu’un qui connaît les créateurs, sait qui monte, qui arrive, qui compte, qui "mérite" d’être regardé. Ainsi, elle pouvait passer d’un dîner avec un créateur à une conversation avec un artiste, d’une inauguration de galerie à un déjeuner avec un chef, puis retrouver une actrice ou une mannequin dans le cadre de son travail chez Dior.

Au sein de la maison de l'avenue Montaigne, ce talent pour créer des liens est devenu une véritable expertise. Directrice des relations publiques de Dior Couture et responsable mondiale des célébrités, Mathilde Favier orchestrait les relations entre la maison et les stars qu’elle habillait, un rôle particulièrement stratégique, à l’heure où tapis rouges, réseaux sociaux et apparitions publiques sont de véritables vitrines mondiales du luxe. Elle se définissait elle-même comme un "chef d’orchestre", accompagnant chaque projet depuis la demande d’une styliste ou d’une célébrité jusqu’à l’apparition publique de la robe, en passant par sa conception.
Passée par Prada et les médias
Avant de devenir cette figure centrale chez Dior, Mathilde Favier a connu plusieurs vies professionnelles. En effet, après des études d’histoire de l’art et de langues étrangères, elle avait commencé dans la presse, notamment chez Glamour, puis chez Femina Hebdo, où elle travaillait dans la mode. Son parcours va ensuite bifurquer vers les relations publiques.

La naissance de ses deux enfants, Héloïse et Carlo Agostinelli, nés de son premier mariage avec le financier Roberto Agostinelli constitue une autre étape de sa vie. Elle rejoindra ensuite Dior auprès de sa demi-sœur Victoire de Castellane, alors en train de développer Dior Joaillerie.

Elle partira ensuite chez Prada, où elle passera onze ans et participera à la structuration de la communication de la marque et du développement de Miu Miu en France. Puis, Mathilde Favier reviendra à ses premiers amours, chez Dior, où elle deviendra l’une des figures des relations publiques de la maison.
Un livre comme un hommage et une vente aux enchères très intime
En 2024, elle franchit une nouvelle étape en publiant son livre Mathilde à Paris, avec Frédérique Dedet. Un recueil qui ne cherche pas à donner les "bonnes adresses" de Paris au sens classique mais bien de raconter la ville à travers ceux qui la font vivre.

On y croise donc des comédiens, des peintres, des chefs, des créateurs, des architectes d’intérieur et des mannequins. Le choix des interlocuteurs est finalement à l’image de Mathilde Favier : très éclectique, très connecté. Le livre devient rapidement une extension de son univers. Son Paris est celui des rencontres et des fidélités, des restaurants que l’on aime vraiment, des maisons d’amis, des galeries, des objets que l’on conserve parce qu’ils racontent une histoire.
Deux ans plus tard, Mathilde Favier fait la part belle à un autre projet qui lui ressemble. En 2026, la maison de vente aux enchères Christie’s organise la vente "Mathilde & Friends in Paris", conçue non comme une simple sélection d’objets ayant appartenu à une personnalité de la mode, mais comme un véritable autoportrait en objets.La vente réunit des créations et des cadeaux de plusieurs de ses proches, parmi lesquels Julie de Libran, Jacques Grange et Constance Rubini, aux côtés d’œuvres de Claude et François-Xavier Lalanne, Jean Dunand, Mario Buccellati, Alice Gavalet ou encore Ettore Sottsass.
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Sa garde-robe dévoile, elle aussi, des fragments de son histoire personnelle (et professionnelle) : des créations d’Yves Saint Laurent, un ensemble Chanel offert par Karl Lagerfeld, des pièces Dior, ainsi que des bijoux signés Boucheron. À travers cet ensemble intime et éclectique, Mathilde Favier compose le portrait sensible d’une vie consacrée à la mode, à l’art et à l’amitié.