Quatre essais en quinze minutes : comment Toulouse a renversé le match contre Bayonne ?
Mené à l’heure de jeu par l’Aviron bayonnais, le Stade toulousain s’est finalement imposé face aux Basques, 47-54, grâce à un dernier quart d’heure de folie.
Il y a toujours quelque chose de surprenant à regarder le Stade toulousain jouer. Parfois bousculé ou poussé dans ses retranchements, le champion de France en titre sait renverser des situations dans lesquelles il est mal embarqué. Ce fut une nouvelle fois le cas, vendredi soir, à Bayonne. Après une première période plutôt correcte (21-28 à la pause), les Stadistes ont raté leur début de deuxième mi-temps, si bien qu’ils ont encaissé trois essais en vingt minutes, et à l’heure de jeu, l’Aviron bayonnais comptait quatorze points d’avance au tableau d’affichage (42-28). Naïvement, on a peut-être pensé que les Basques avaient fait le plus dur, mais le Stade n’a finalement pas eu à forcer son talent pour revenir dans la partie.
Il a fait ce qu’il sait faire de mieux, mettre de la vitesse dans le jeu avec Paul Graou aux commandes, et enfoncer son adversaire lorsqu’il a commencé à douter, en inscrivant quatre essais dans le dernier quart d’heure, pour finalement l’emporter (47-54). On ne pourra pas savoir comment les Rouge et Noir ont vécu cette fin de match un peu folle puisque la maison toulousaine avait décidé, avant la partie, qu’aucun joueur ou membre du staff ne viendrait analyser la rencontre au coup de sifflet final. Gerard Fraser, l’entraîneur principal de l’Aviron bayonnais, s’est, lui, présenté face à la presse. "Quand nous étions dans le dur, ils ont continué à accélérer, a analysé le technicien néo-zélandais. Ça, c’est Toulouse. Lorsque le Stade voit une faiblesse chez son adversaire, il a cette capacité à réagir collectivement. C’est ce que nous avons vu, ce soir."
Deux essais éclairs signés Gourgues et Mauvaka
Dans les quatre essais inscrits sur le dernier quart d’heure, celui marqué par George Henri Colombe (75e) est arrivé après un bon travail des avants sur maul, alors que Romain Ntamack (63e) a été à la conclusion d’un joli coup de pied par-dessus la défense de Paul Graou. Ceux inscrits par Kalvin Gourgues (66e) et Peato Mauvaka (77e) ont, quant à eux, rappelé à quel point Toulouse était dangereux sur les ballons qui traînent. Le trois-quarts centre a en effet parfaitement bien exploité une munition cafouillée par Cheikh Tiberghien dans ses 40 mètres et il ne s’est écoulé que dix secondes entre le moment où l’arrière basque a lâché la balle et l’instant où Gourgues a plongé dans l’en-but, soixante mètres plus loin. Mauvaka ? Il a, en bout de ligne, terminé une action sur laquelle, onze secondes plus tôt, Paulos a commis un en-avant à la sortie d’un ruck. Dans la nuit de Jean Dauger, Gerard Fraser ne pouvait alors que constater : "Face à Toulouse, la moindre erreur, tu la paies cash…"