Masque de grossesse et mélasma: les hormones n’expliquent pas tout
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Souvent associé à la grossesse, le mélasma se manifeste aussi chez les femmes qui ne sont pas enceintes et parfois chez les hommes, la thèse des hormones étant désormais jugée incomplète. Des traitements existent, mais le mélasma hors grossesse a tendance à réapparaître avec l'exposition au soleil.
Le mélasma est une affection de la peau qui provoque des taches brunes sur le visage. Quels en sont les facteurs déclencheurs? Peut-on l'éviter ou le faire disparaître? L'émission On en parle fait le point sur les connaissances actuelles avec le dermatologue lausannois Daniel Perrenoud.
À noter qu'il s'agit d’une affection bénigne: ses conséquences ne sont qu’esthétiques. S’il s’avère être un masque de grossesse, il est temporaire. Ce n’est en revanche pas le cas pour le mélasma.
Des causes encore peu claires
"Les hormones jouent probablement un rôle favorisant, mais certainement beaucoup moins important que ce que l'on a supposé par le passé ", explique Daniel Perrenoud dans On en parle. "Ainsi, le mélasma peut toucher les hommes. Il peut apparaître en dehors de toute grossesse et chez des femmes qui n'ont jamais pris de pilule contraceptive."
Le mélasma est très fréquent, mais est représenté de manière variable en fonction des ethnies, de la localisation sur la Terre et du comportement face au soleil
En outre, explique encore le spécialiste, "le mélasma est très fréquent, mais est représenté de manière variable en fonction des ethnies, de la localisation sur la terre et du comportement face au soleil. On estime qu'en Europe, il concerne environ une femme sur seize, tandis qu’en Inde par exemple, il concerne une personne sur quatre".
Les taches ont tendance à s'accentuer avec l'exposition au soleil. "Malheureusement, lorsque le mélasma apparaît, il a tendance à récidiver dès qu'on s'expose au soleil. On peut le contrôler grâce à des crèmes éclaircissantes, dépigmentantes utilisées individuellement en fonction de l'intensité et de la localisation", précise Daniel Perrenoud. Une protection solaire de qualité est donc nécessaire.
>> Ecouter aussi le guichet d'On en parle sur les maladies de la peau :
Depositphotos - FussSergei
Sujet radio: Catherine Rüttimann
Adaptation web: Myriam Semaani
Publié à 13:11
Des traitements parfois très chers
Si l'on a recours au laser pour éliminer les taches, il faut généralement compter quelques centaines de francs par séance, avec parfois plusieurs séances nécessaires à la charge du patient ou de la patiente car il s'agit d'un traitement esthétique.
Pour un traitement à l’hydroquinone, le produit lui-même coûte quelques dizaines de francs pour le produit lui-même, auxquels il faut ajouter le prix des consultations dermatologiques et celui d'une bonne protection solaire.
Il existe aussi des produits disponibles dans le commerce de détail contre les taches, l'hyperpigmentation, le masque de grossesse, le mélasma ou le chloasma selon les termes utilisés.
"Il y a des nouveautés constamment chez les cosmétiques. Je ne vais pas nommer la marque, mais une firme respectable qui a synthétisé une substance qui s'appelle le Thiamidol, qui a montré dans des études sérieuses universitaires une efficacité identique ou proche de l’hydroquinone. D'autres fabricants proposent une substance qui commercialement s'appelle le Mela B, qui a montré aussi une efficacité. Donc pour moi, certaines crèmes cosmétiques sont des compléments utiles à nos traitements et peuvent prévenir les récidives du mélasma", précise Daniel Perrenoud.
Le dermatologue est en revanche dubitatif face aux traitements par laser. "Ils sont souvent proposés par les fabricants de ces appareils. Les lasers ont autant de chances d'améliorer les choses que de les aggraver. Il y a un consensus parmi les laséristes expérimentés, qui est d'éviter les traitements comme les lampes flash ou lumière pulsée, qui comportent un risque élevé d’aggravation. Dans certains cas, on peut utiliser des lasers vasculaires, c'est-à-dire des lasers qui agissent sur la rougeur de la peau. La recherche a démontré que les cellules qui tapissent les petits vaisseaux sécrètent des substances qui stimulent la pigmentation. Cela peut jouer un rôle dans un certain nombre de mélasmas", ajoute le dermatologue.