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Canada-UE : Mark Carney salue une « nouvelle alliance »

Le Premier ministre canadien Mark Carney, balayant les menaces de Donald Trump, a salué jeudi l'idée d'une "nouvelle alliance" de son pays avec l'UE, présentée comme un gage d'"autonomie stratégique", dans un discours très attendu devant le Parlement européen.

"Personne ne nous dictera" avec qui le Canada peut s'engager, a-t-il aussi affirmé devant la presse à Strasbourg. "Nous ne cherchons pas à dominer les autres", a proclamé le dirigeant canadien.

Le Canada, en pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis de Donald Trump, cherche de nouveaux partenaires. De son côté, l'Europe, dont les relations avec Washington sont tout aussi houleuses, est en quête d'appuis à sa stratégie de rééquilibrage entre les deux superpuissances que sont la Chine et les Etats-Unis.

"Une alliance entre le Canada et l'UE constituerait un phare pour les autres démocraties; une alliance définie non pas par ce à quoi nous nous opposons, mais par ce que nous défendons", a lancé Mark Carney citant entre autres "la liberté" et "la "solidarité".

>> Voir aussi le 12h45 :

Mark Carney s'adresse au Parlement européen, Trump menace le Canada et l'UE

Mark Carney s'adresse au Parlement européen, Trump menace le Canada et l'UE / 12h45 / 1 min. / aujourd'hui à 12:45

Une manière de répliquer à Donald Trump.

Le président américain avait qualifié de "ridicule" l'idée, défendue par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, de faire du Canada le premier "membre associé" de l'UE. Il avait alors menacé les Européens de représailles commerciales (voir encadré).

C'est dans son discours de rentrée devant les eurodéputés, en présence de Mark Carney, que Mme von der Leyen avait lancé la proposition. Il s'agirait d'un statut inédit restant à inventer et cela a pris de court les 27, selon des diplomates à Bruxelles.

>> Lire aussi : Sécurité européenne, vagues de chaleur, relation avec le Canada: Ursula von der Leyen définit ses priorités

"Le Canada accueille favorablement cette ambition, et je peux vous dire que les sondages montrent qu'une écrasante majorité de Canadiens soutient des liens beaucoup plus étroits avec l'Europe", a déclaré jeudi Mark Carney, salué par un tonnerre d'applaudissements.

"Construire ensemble"

Mais, a-t-il souligné ensuite devant la presse, "ce qui compte c'est la substance, ce que nous allons construire ensemble".

Pragmatique, Mark Carney a surtout préféré faire la liste des domaines de coopération à approfondir entre Européens et Canadiens.

Le Premier ministre du Canada, Mark Carney, s'exprime lors d'une conférence de presse au Parlement européen à Strasbourg, le 17 septembre 2026. [KEYSTONE - RONALD WITTEK]
Le Premier ministre du Canada, Mark Carney, s'exprime lors d'une conférence de presse au Parlement européen à Strasbourg, le 17 septembre 2026. [KEYSTONE - RONALD WITTEK]

"Le Canada et l'Europe devraient garantir notre autonomie stratégique grâce à une coopération approfondie couvrant l'ensemble des capacités stratégiques", a-t-il affirmé. Et de citer les minéraux critiques, l'intelligence artificielle, la base industrielle de défense ou encore la sécurité énergétique.

Le chef du gouvernement canadien a aussi longuement évoqué les "valeurs communes" entre son pays et l'Europe.

"Nous ne sommes pas des alliés de circonstance. Nous ne recherchons pas des accords à somme nulle", où l'un gagne et l'autre perd, a-t-il assuré. "Nous défendons des valeurs communes pour lesquelles nous nous sommes toujours battus", a-t-il martelé devant les eurodéputés et Ursula von der Leyen.

>> Lire aussi : Le Canada riposte face aux taxes américaines "au dollar près", annonce Mark Carney

afp/ebz

Donald Trump piqué au vif

Donald Trump a menacé mercredi de rompre les échanges commerciaux avec l'UE en réaction au projet d'Ursula von der Leyen de faire du Canada le premier pays membre associé de l'Union européenne.

"Je trouve cela ridicule", a déclaré le président américain aux journalistes lorsqu'il a été interrogé sur cette proposition.

"S'ils font cela, si j'estime qu'il s'agit d'un acte hostile, j'imposerai des droits de douane très lourds ou je cesserai tout commerce avec l'Europe", a-t-il ajouté.