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Marie Portolano face à Pierre Ménès pour diffamation, coup de théâtre juste avant le procès : “Pas forcément très bien engagé”

Marie Portolano est jugée ce lundi 7 septembre 2026 par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour diffamation. À l'origine de l'affaire, une plainte de Pierre Ménès, que la journaliste accuse d'agression sexuelle dans son livre. L'audience pourrait toutefois être reportée, la défense de l'ex-consultant ayant sollicité un renvoi.

Pourquoi la défense de Pierre Ménès réclame le renvoi du procès

Le rebondissement vient de la défense. Chloé Redon, nouvelle avocate de Pierre Ménès, a demandé le renvoi de l'audience à une date ultérieure, invoquant un rendez-vous médical à Rennes. L'ex-chroniqueur de Canal+, âgé de 63 ans, ne souhaite visiblement pas voir le dossier examiné dès à présent.

Du côté de la journaliste, on s'oppose fermement à ce report. Christophe Bigot, avocat de Marie Portolano et des éditions Stock, y voit un calcul. Selon lui, "Il ne veut pas que cette affaire se plaide, parce que maintenant, il voit que ce n'est pas forcément très bien engagé". Le conseil dénonce par ailleurs "des tactiques éprouvantes" pour sa cliente. Le tribunal devra donc trancher, en ouverture d'audience, sur la tenue effective du procès. En cas de renvoi, l'examen sur le fond serait repoussé de plusieurs mois, prolongeant d'autant une procédure déjà scrutée par le milieu médiatique.

Les passages de « Je suis la femme du plateau » visés par la plainte

La plainte de Pierre Ménès porte sur deux extraits du livre de la journaliste, Je suis la femme du plateau, paru le 13 mars 2024 aux éditions Stock. L'autrice y relate une agression sexuelle subie sur un plateau de Canal+ en 2016, sans jamais citer le nom du chroniqueur.

Dans le premier passage incriminé, elle écrit qu'"il se permettait de faire ce que bon lui semblait aux femmes qui l'entouraient. De toucher qui il voulait, où il voulait, avec le consentement non des personnes concernées évidemment, mais de celles qui auraient tout à fait pu l'arrêter". Le second extrait, plus bref, tient en une phrase : "Il avoue qu'il l'a fait". Manuel Carcassonne, directeur général de Stock, est lui aussi poursuivi dans ce dossier. Il faut rappeler que, dans le cadre d'une plainte en diffamation avec constitution de partie civile, la mise en examen (prononcée ici en août 2025) est quasi automatique, le débat de fond se tenant à l'audience.

Une affaire née du documentaire de 2021 et de la chute de Pierre Ménès

Cette procédure s'inscrit dans une histoire plus ancienne. En 2021, Marie Portolano coréalisait le documentaire dans lequel elle dénonçait le sexisme du milieu du sport, intitulé Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste. Des séquences mettant en cause le chroniqueur, coupées au montage puis révélées par le média Les Jours, avaient provoqué une vive polémique et poussé Canal+ à mettre fin à près de douze ans de collaboration.

On y voyait la journaliste reprocher à l'ex-vedette du Canal Football Club de lui avoir soulevé la jupe devant le public en 2016. L'intéressée n'a toutefois pas porté plainte et a même déploré la "chasse à l'homme" dont il a fait l'objet. Le parquet de Nanterre a néanmoins ouvert une enquête en 2022, et le procès est attendu le 16 novembre. Par ailleurs,

l’ancien consultant traîne déjà sa condamnation pour agression sexuelle prononcée en 2023, deux mois de prison avec sursis pour des faits commis en 2018 dans un magasin Nike, assortis de deux relaxes.