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Marianne Roudelet, de Sart (Jalhay), confectionne des fleurs réalistes en papier crépon : "Ça peut prendre parfois 20 heures pour en réaliser une"

Alors qu'elle sillonnait les routes régulièrement en tant que commerciale indépendante, à 68 ans, Marianne Roudelet a souhaité lever le pied et prendre sa retraite bien méritée. Très dynamique, elle redoutait cependant l'inactivité.

"J'ai donc repensé à mon arrière-grand-mère qui confectionnait des fleurs en sucre et puis en papier crépon. Alors, j'ai voulu essayer", débute la pensionnée.

Pionnière de la pratique dans la région

Après une plongée dans des livres pour comprendre par où commencer, la Sartoise s'est mis à la recherche de papier crépon. "Je me suis rendue dans une papeterie où on m'a ri au nez en disant qu'on n'en vend plus, que ça n'intéresse plus. Je lui ai répondu que j'étais sûre que ça allait revenir", confie-t-elle. À en voir les milliers de vues que génèrent certaines vidéos sur YouTube avec des tutoriels pour réaliser des fleurs en papier, elle n'avait pas tort.

Malheureusement, il y a deux ans et demi, ce n'était pas le cas. C'est donc vaille que vaille que la pensionnée a trouvé du papier crépon. Armée de celui-ci, de ciseaux, de colle, de tiges et d'étamines, Marianne s'est lancée dans la confection de ses premières fleurs.

Si elle essaie de tendre au plus vers le réalisme, la Sartoise laisse tout de même libre cours à son imagination, notamment dans le choix des couleurs. "Je confectionne la fleur comme moi je l'imagine, indique-t-elle. Ce qui me plaît le plus particulièrement c'est l'assemblage des couleurs. J'apprécie les couleurs peps comme le jaune citron, mais je me freine parfois car les clients préfèrent des couleurs plus sobres comme le beige ou le marron."

Une passion coûteuse

Marianne Roudelet réalise des petites, comme des grandes fleurs (entre 70 et 90 cm de diamètre). "Je suis attirée par le grand format de fleur. Ça laisse plus de liberté parce que je peux créer les étamines comme je le veux et les détails sont plus visibles", dit la créatrice.

Tous ces détails coûtent autant en temps, qu'en argent. "Le travail est minutieux et prend énormément de temps. On ne se rend pas compte. Je suis déjà restée 20 heures sur une fleur", souligne-t-elle. Il faut dire qu'entre le travail du papier, le respect des proportions et les essais erreurs, Marianne y consacre toute son énergie. "Ça m'occupe tellement que je passe parfois 4 à 5 jours enfermée chez moi", avoue la pensionnée en riant.

Bien qu'elle vende ses fleurs, elle n'en vit absolument pas. "C'est un sacré budget, commente-t-elle. Hormis le temps et le matériel, je vends mes créations à de petits prix qu'on qualifie parfois de trop chers. Une de mes amies vend ses grandes fleurs à 250 €, les miennes sont à 50 € et les petites sont à 12€. Je fais ça pour la passion, pas pour l'argent", révèle la Marianne.

Marianne Roudelet réalise des petites, comme des grandes fleurs (entre 70 et 90 cm de diamètre).
Marianne Roudelet réalise des petites, comme des grandes fleurs (entre 70 et 90 cm de diamètre).

Les fleurs, un langage universel

D'ailleurs, il lui arrive d'en offrir. "On m'a demandé une fleur pour Octobre Rose, alors je lui ai réalisé une grande. J'adore aussi fabriquer des petites fleurs et aller les disperser dans les bois avec un petit mot pour égayer la journée de promeneurs."

En presque trois ans de pratique, la Sartoise est fière de son évolution. Pour l'avenir, elle souhaite continuer sur sa lancée et, pourquoi pas, proposer son art lors d'événements. "J'en ai déjà fait pour un magasin et un mariage. Je ne peux pas aller très vite puisque je suis seule et que je suis très perfectionniste. Mais dans un an, pourquoi pas participer à des événements", conclut-elle. Dans un avenir plus proche, Marianne Roudelet compte s'essayer aux lampes en papier, qui nécessitent aussi tout un savoir-faire.

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