Marchés : le conflit au Moyen-Orient renforce le dollar et relanc...
La chronique de Mondial Change, spécialiste paiements internationaux et risque de changeL'élargissement du conflit entre l'Iran et plusieurs pays du Golfe ravive les tensions sur les marchés financiers. Si le pétrole reste contenu sous les 80 dollars, le renforcement du dollar, les anticipations de taux durablement élevés et le retour du risque inflationniste placent les banques centrales et les entreprises exposées aux devises.Situation économique
Marchés : le conflit au Moyen-Orient renforce le dollar et relance les craintes inflationnistes - Depositphotos.com Auteur JackFotografo Le conflit au Moyen-Orient vient de changer d'échelle. Dimanche, l'Iran a frappé pour la première fois six pays du Golfe (Émirats arabes unis, Qatar, Koweït, Oman, Bahreïn et Jordanie) en riposte aux frappes américaines. Jusqu'ici, l'affrontement se limitait à Washington et Téhéran autour du détroit d'Ormuz. En visant directement les monarchies du Golfe, l'Iran élargit le périmètre du conflit, ce qui va bien au-delà d'une simple montée en intensité. Tout s'est accéléré depuis le 8 juillet, quand Donald Trump a déclaré le cessez-le-feu « terminé » après l'attaque de trois navires près d'Ormuz. Depuis, les frappes américaines s'enchaînent (quatre en une semaine) et Téhéran affirme avoir fermé le détroit, ce que Washington dément. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : à peine six passages de navires entre jeudi soir et vendredi matin, contre une vingtaine par jour début juillet. Les États-Unis ont aussi rétabli les sanctions sur le pétrole iranien à partir du 17 juillet. Les marchés ont réagi calmement mais clairement. Le pétrole Brent est remonté vers 79 dollars, soit environ 9 % au-dessus de son niveau d'avant-guerre. Le dollar s'est renforcé face à toutes les grandes devises, et les taux obligataires montent : le rendement américain à 2 ans a atteint 4,23 %, son plus haut niveau depuis février 2025. Autrement dit, les investisseurs n'attendent plus de baisses de taux, mais des taux élevés pour longtemps. Le mauvais timing est frappant : ce choc pétrolier survient juste au moment où l'inflation reculait. En zone euro, elle est passée de 3,2 % à 2,8 % en juin grâce à la détente sur le pétrole, aujourd'hui compromise. La BCE, qui a relevé ses taux mi-juin pour la première fois depuis 2023, refuse de s'engager sur la suite, mais le marché anticipe à 70 % une nouvelle hausse en septembre. Aux États-Unis, plusieurs membres de la Fed jugent déjà une hausse nécessaire. Concrètement, tant que le trafic à Ormuz reste perturbé, le dollar devrait rester fort et l'euro sous pression, l'Europe étant très dépendante des importations d'énergie. Mais pas de panique : les frappes iraniennes restent limitées, le Brent est loin des 120 dollars atteints lors de précédentes crises, et beaucoup d'analystes voient le baril rester entre 70 et 80 dollars cet été. Un retour de la diplomatie (une délégation qatarie est déjà allée à Téhéran) pourrait faire retomber la tension aussi vite qu'elle est montée. Taux de change : le point technique
Le prochain grand rendez-vous, c'est l'inflation américaine mardi : si elle surprend à la hausse, le dollar se renforcera encore avant la réunion de la Fed du 29 juillet ; si elle ressort conforme aux attentes (environ 3,8 %), l'euro pourrait souffler un peu. Face au franc suisse, l'euro reste proche de ses plus bas de l'année, autour de 0,922. Tant que la géopolitique domine, un rebond semble peu probable : même les moments d'accalmie en juin n'avaient produit que des remontées faibles et de courte durée. Fait notable, le yen ne joue pas son rôle habituel de valeur refuge. L'EUR/JPY cote près de 184,4 et l'USD/JPY autour de 161,7. Les obligations japonaises ont même été vendues lundi, preuve que l'écart de taux avec les États-Unis pèse plus lourd que l'aversion au risque. Bonne nouvelle pour les entreprises qui paient leurs fournisseurs en yens : les niveaux actuels restent historiquement avantageux. Le dollar canadien profite de la hausse du pétrole : l'EUR/CAD se traite autour de 1,615, contre 1,62 jeudi. La Banque du Canada annonce sa décision mercredi, et le maintien du taux à 2,25 % fait consensus. Elle est coincée entre une économie qui ralentit et une inflation relancée par l'énergie. Le Canada étant exportateur net de pétrole, la hausse du baril soutient ses revenus et donc sa devise. Enfin, la livre sterling avance discrètement mais sûrement : l'EUR/GBP est redescendu vers 0,852, contre environ 0,862 fin juin. La livre profite de taux britanniques attractifs pour les investisseurs. Les chiffres d'activité attendus au Royaume-Uni cette semaine diront si cet avantage tient toujours.
Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine. Les annonces à suivreLa semaine s'annonce chargée, avec un thème central : l'inflation. Le rendez-vous clé, c'est mardi à 14h30 avec la publication de l'inflation américaine de juin. Le timing est délicat : quatre-vingt-dix minutes plus tard, Kevin Warsh, le nouveau président de la Fed, passera sa toute première audition devant la Chambre des représentants, avant de retourner devant le Sénat mercredi. Les économistes attendent un ralentissement de l'inflation vers 3,8 % sur un an (après 4,2 % en mai), grâce à la baisse du pétrole en juin. Attention toutefois : la remontée actuelle des cours du brut n'apparaîtra pas encore dans ces chiffres. Mercredi, deux autres événements à suivre : la décision de la Banque du Canada, accompagnée de son rapport de politique monétaire, et la publication du PIB chinois du deuxième trimestre. Enfin, vendredi, Eurostat confirmera (ou non) l'estimation d'inflation de juin en zone euro. Mais même un chiffre confirmé à 2,8 % ne devrait pas changer les plans de la BCE : ce qui comptera pour sa décision de septembre, c'est le prix du pétrole en juillet, pas l'inflation de juin.
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