Manu Chao à Saint-Gilles, place Van Meenen : "Ce soir, vous êtes mon médicament"
Deux ans après la sortie de Viva Tú, son cinquième album en solo, Manu Chao était de passage à Saint-Gilles ce samedi 5 septembre. Il s'est produit sur la place Van Meenen, face à l'hôtel de ville. C'est une toute petite scène qui l'a accueillie, lui, le chanteur aux millions d'albums vendus qui s'est produit dans les plus grands festivals partout dans le monde. Indigne ? Pas du tout. C'est dans cette configuration qu'il tourne depuis des années, loin du circuit des salles de concert habituelles et des grands rendez-vous musicaux de l'été.
Après, nous dit-on, avoir assisté nous dit-on à Charleroi au match qui opposait l'Union aux Zèbres - chose que nous n'avons pas pu vérifier -, Manu Chao s'est produit en configuration acoustique, avec un guitariste argentin, Mati "Matumatiok", et un percussionniste galicien, Miguel Rumbao. Mais comme à chaque fois, il a aussi invité d'autres musiciens – locaux ! – à le rejoindre pendant son set. Un trompettiste, un joueur de trombone, un accordéoniste... C'est une de ses marques de fabrique depuis longtemps.
Manu Chao : portrait icône mondiale et paradoxe ambulantChicos y Mendez en invité d'un soir
En fin de set, il conviera aussi sur scène un régional de l'étape comme il l'a appelé, à savoir David Méndez, le chanteur de Chicos y Mendez. Une aubaine pour l'artiste belgo-péruvien qui sort son nouvel album, Latidos, chanté pour la première fois entièrement en espagnol. L'occasion pour les deux larrons de se lancer dans un titre inédit qui clôturera ce concert.
David Méndez appelle Manu Chao son grand frère. Il est vrai qu'ils partagent pas mal de choses, notamment dans le propos de leurs chansons. Sur Latidos, il est question d'amour, d'immigration, d'élan vital comme il l'a expliqué un peu avant sur le plateau de RTL tvi. Et puis, il y a aussi l'espagnol, comme dénominateur commun, ainsi que l'Amérique latine si chère à l'ex-Mano Negra.

À 65 ans désormais, Manu Chao n'est plus aussi bondissant qu'il ne l'était avec la Mano ou lors de ses concerts avec la Radio Bemba dans les années 2000. Peut-on lui jeter la pierre ? Et puis, qu'importe, parce qu'entouré de ses musicos, il fait bondir tout le public avec sa manie de "mashuper" son répertoire, de mélanger ses textes et ses musiques pour produire des effets inédits, et de balancer des gimmicks festifs à souhaits : "Pinocchio", la partie cuivres de "Mala Vida", etc.
Manu Chao a mis le feu à Tournai: mais au fait, que devient-il ?Une fête conviviale et vraiment festive
Ses détracteurs diront que Manu Chao, c'est toujours la même chose depuis des années. Pas tout à fait faux. Mais quand il déclenche une fiesta pas possible, qui s'en soucie. Et c'était le cas hier à Saint-Gilles.
Cerise sur le gâteau, le globe-trotter de la musique du monde n'est jamais avare. Il a joué deux heures durant. Et quand il s'absentait quelques instants, c'était le public qui faisait le show, le tout dans une ambiance conviviale et sans la pression de la foule que l'on peut ressentir dans les grands festivals. Avouez que c'est pas plus mal…

Si vous ragez de l'avoir manqué – parce que oui, pour être au courant de ses concerts, c'est sur les réseaux sociaux que ça se passe avant tout -, il y a deux séances de rattrapage. Après Seraing et Saint-Gilles, Manu Chao se produira à Merksem, le 9 septembre, dans le cadre de l'Antwerp Reggae Festival, et à Ostende le 12, dans le cadre de ManiFiesta. Le premier rendez-vous affiche complet. Il reste en revanche quelques places pour le samedi 12 septembre.
Avant Manu Chao, Nephtys et Rokia Bamba ont proposé un set des plus agréables, mêlant R & B, rap, soul et bien d'autres grooves. Une belle découverte.
Chicos y Mendes : en concert à l'Ancienne Belgique le 19 septembre.
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