Manifestation du 17 octobre à Toulouse : pilleurs, militants d'ultragauche... qui sont les 107 personnes interpellées ?
l'essentiel Jeunes des quartiers populaires, lycéens, militants de l’ultragauche ou manifestants sans antécédents judiciaires : les 107 personnes interpellées après les violences du 17 octobre présentent des profils très différents. Le parquet souligne que la majorité n'était jusque-là pas connue de la justice.
En face du commissariat central de Toulouse, une cinquantaine de personnes occupent une partie des berges du canal du Midi. Elles se tiennent entre les joggeurs du dimanche, les cyclistes et les promeneurs qui continuent à défiler. Quelques automobilistes klaxonnent en passant. Une clameur monte, puis retombe. Ils sont venus soutenir les personnes interpellées la veille lors des affrontements qui ont secoué Toulouse.
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Dans les rues, samedi, se sont croisés lycéens, militants de l’ultragauche, jeunes venus des quartiers populaires, adolescents parfois très jeunes et manifestants sans appartenance politique clairement identifiable. Le bilan judiciaire donne une première photographie de cette diversité. Sur les 107 personnes interpellées, 27 sont mineures et 19 sont des femmes. La majorité des gardés à vue n’étaient jusqu’alors pas connues de la justice, précise le procureur de la République de Toulouse. 21 personnes sont soupçonnées d’avoir participé à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations, 25 d’atteintes visant des personnes dépositaires de l’autorité publique, et 48 d’atteintes aux biens.
De nombreuses audiences
Les enquêteurs distinguent toutefois plusieurs profils parmi les personnes mises en cause. "Les pilleurs ne sont pas les mêmes que ceux qui ont été interpellés lors de la manifestation", estime l’un d’eux. Près de quarante commerces ont été pillés au cours de la journée, selon le parquet de Toulouse. La réponse judiciaire s’est organisée dans l’urgence. Magistrats et greffiers ont renforcé les permanences, notamment grâce à des volontaires. Une audience supplémentaire de comparution immédiate a été créée, ainsi qu’une audience de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité pour les faits reconnus ne relevant ni des violences les plus graves contre les policiers, ni des pillages, ni des dégradations dangereuses. De son côté, la permanence pénale du barreau a dû absorber un nombre inhabituel de gardes à vue. Certains avocats, parmi lesquels Sarah Nabet-Claverie, assurent gratuitement la défense de plusieurs interpellés.
Dimanche, huit personnes avaient déjà été déférées. Trois ont été orientées vers une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité. Cinq autres doivent comparaître lundi en comparution immédiate : quatre sont soupçonnées d’avoir placé puis incendié des conteneurs sur une voie ferrée samedi matin ; une autre est poursuivie pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique avec arme, après le jet d’un cocktail Molotov enflammé en direction des forces de l’ordre.
À la mi-journée dimanche, près de 60 personnes étaient encore en garde à vue. Certaines procédures se poursuivent dans l’attente de l’exploitation des vidéos disponibles. Le parquet indique aussi que de nouvelles interpellations ont été réalisées après des rassemblements, ce dimanche.