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Manger à des heures irrégulières peut augmenter les risques de maladies cardiovasculaires des hommes

Une étude française menée notamment par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale parue en septembre montre que sur 14 ans, chaque heure de décalage est associée, chez les hommes, à une augmentation de 14% du risque de maladie cardiovasculaire et de 21% du risque de maladie coronarienne.

Manger à des heures fixes la semaine et plutôt aléatoires le week-end: un décalage qui porte un nom, le "jetlag alimentaire". Avec des risques pour la santé sur le long terme. 

En France, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), ainsi que d’autres grandes institutions, ont mené une vaste étude auprès de 100'000 personnes durant 14 ans. Résultat: pour chaque heure de décalage, le jetlag alimentaire peut augmenter le risque de développer des maladies cardiovasculaires et coronariennes chez les hommes, respectivement de 14% et 21%. 

Pas de quoi s’alarmer cependant, selon Dominique Truchot-Cardot, médecin nutritionniste et professeur ordinaire à l’Institut et Haute Ecole de la Santé La Source. "Il faut relativiser. Sur un si grand nombre de participants et une telle durée, naturellement, des personnes vont avoir des problèmes cardiovasculaires. Ce que j’en retiens, c’est que ce décalage entraîne une augmentation du taux de cortisol permanente, l’hormone du stress, ce qui est la cause du fait de ne pas bien dormir", explique la spécialiste dans l’émission On en parle. 

Soigner son horloge interne

"Notre horloge interne est réglée par la lumière, mais elle est extrêmement influencée par ce que nous mangeons et quand nous mangeons", explique Dominique Truchot-Cardot. "La prise alimentaire donne le tempo aux horloges périphériques, c’est-à-dire tous les organes."

Selon la spécialiste, au-delà de la régularité, l’état d’esprit dans lequel on mange joue aussi un rôle. "Le fait de faire un brunch le dimanche entraîne du plaisir, donc vient compenser un peu cette irrégularité. Ce qui est mauvais – et on le retrouve dans les professions avec des horaires atypiques et décalés – c'est la succession de ces journées." Pour les personnes dans ce cas, Dominique Truchot-Cardot conseille de manger un repas en rentrant du travail ainsi que de l’exercice pour s’exposer à la lumière. 

Et les femmes? 

L’étude ne mentionne aucun résultat concluant chez les femmes. "Pleins d’éléments excluent les femmes de l’étude médicale de base pour des raisons éthiques, par exemple le fait d’être enceinte, donc les femmes sont souvent sous-représentées", répond Dominique Truchot-Cardot. "Les femmes sont protégées très longtemps par les hormones, notamment sur la plasticité vasculaire, grâce aux œstrogènes. Mais en fumant et en stressant, les femmes commencent à bien rattraper les hommes."

Sujet radio: Sophie Vassutine, On en parle

Adaptation web: Myriam Semaani

Un repas tard? Privilégier les protéines

Selon Dominique Truchot-Cardot, les protéines sont primordiales pour la prévention des problèmes cardiovasculaires. "Toutes nos hormones ont une base protéique. Si vous voulez espérer pouvoir sécréter de la mélatonine ou de la dopamine pour réguler notamment votre pression cardiaque, il faut absolument apporter de la protéine. De nombreuses études ont montré que l'apport de protéines venait justement entraîner la sécrétion des hormones de manière plus adaptée que du sucre tout seul."

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