Mali: Le Comité des disparitions forcées de l'ONU demande à Bamako de «localiser et protéger» Mountaga Tall
Au Mali, près de deux mois et demi après l'enlèvement, par la Sécurité d'État, de Maître Mountaga Tall, le Comité des disparitions forcées des Nations unies demande aux autorités maliennes de transition de « prendre des mesures immédiates pour rechercher, localiser et protéger » l'ancien ministre et défenseur de la démocratie. Une demande qui concerne également son fils, Cheick Mamadou Tall, enlevé à son tour deux semaines plus tard. C'est ce qu'indique le comité onusien dans une lettre adressée en fin de semaine dernière à l'État malien, que RFI a pu consulter.
Publié le : 13/07/2026 - 19:35
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Les « demandes d'action urgente » ont été transmises par le Comité des disparitions forcées de l'ONU à la mission permanente du Mali, auprès de l’Office des Nations unies à Genève, le 10 juillet, à la suite d'une requête déposée le 7 juillet par les avocats de la famille de Mountaga Tall. RFI a pu consulter la lettre – « Note d'enregistrement » – adressée aux autorités maliennes de transition.
« Charge spécifique justifiée »
Le comité onusien demande d'abord à l'État malien, si Mountaga Tall et son fils sont bien détenus dans un lieu placé sous l'autorité de l'État, d'en communiquer la localisation et de préciser les charges retenues contre eux ainsi que les « fondements juridiques » de leur emprisonnement. Seconde exigence : qu'ils puissent enfin recevoir la visite de leur famille et de leurs avocats, et que Mountaga Tall ait accès aux médicaments et aux soins que nécessite son état de santé.
Le comité onusien demande également à l'État malien de garantir à Mountaga Tall et à son fils un procès équitable ou, si aucune « charge spécifique justifiée » n'était retenue contre eux, de les « libérer immédiatement ».
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Enquête sur les opérations de la Sécurité d'État
Dans le cas où l'État malien répondrait ne rien pouvoir confirmer, le comité lui demande d'« établir sans délai une stratégie globale de recherche et d’enquête », et notamment de « fournir des informations sur toutes les opérations » menées par les forces maliennes – Agence nationale de la sécurité d'État comprise – au moment des enlèvements, « en précisant l’identité des agents impliqués, des personnes détenues » et les lieux de détention « vers lesquels elles auraient été transférées ».
Le comité onusien formule également des recommandations très concrètes, comme l'analyse des enregistrements de vidéosurveillance à proximité du domicile de Mountaga Tall ou encore celle des relevés téléphoniques de Mountaga Tall, de son épouse et de son fils. Objectif : « identifier » et « sanctionner » les auteurs des enlèvements. Le Comité des disparitions forcées de l'ONU demande à Bamako de lui transmettre des réponses sur les mesures adoptées « au plus tard le 24 juillet ».
Sollicité par RFI, le ministère malien des Affaires étrangères n'a pas commenté.
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Personnalités pro-démocratie
Les avocats de la famille de Mountaga Tall avaient indiqué, le mois dernier, par communiqué, leur intention de saisir également la Cour africaine des droits de l'homme. Outre Mountaga Tall et son fils, plusieurs personnalités politiques pro-démocratie, mais aussi des militaires et des religieux ont été enlevés, depuis le début du mois de mai, par la Sécurité d'État, en dehors de tout cadre judiciaire légal. Leur nombre précis demeure inconnu. Aucune information officielle n'a été communiquée à leur sujet.
Parmi les personnalités disparues, on peut citer Youssouf Daba Diawara, proche de l'imam et opposant, en exil, Mahmoud Dicko, ou encore Moussa Djiré, président du « Mouvement politique et citoyen Yiriwa 223 », enlevés début mai par des hommes armés encagoulés, suivant un mode opératoire classique des services maliens de renseignements.
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