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Maisons en corail, transport en âne et aucun véhicule à moteur… L'île de Lamu, un joyau séculaire de Kenya préservé du tourisme de masse

Publié le 06/08/2026 23:20

Mis à jour le 06/08/2026 23:20

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Article rédigé par France 2 - L. Chaussoy, K. Le Bouquin - Édité par l'agence 6Medias

France Télévisions

Nous partons au large du Kenya, sur l’île de Lamu, encore à l’écart du tourisme de masse. Sa vieille ville, classée par l’Unesco est habitée depuis plus de 700 ans. Dans ses ruelles sans voiture, les ânes restent indispensables. Maisons en pierre de corail, portes sculptées, voiliers en bois : un mode de vie ancestral qui perdure.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Pour rejoindre l'île de Lamu, au large du Kenya, il faut embarquer sur un voilier traditionnel. "Vous êtes sur un dhow, c'est un bateau traditionnel de l'île de Lamu. On le construit avec des poutres de bois qui proviennent de la mangrove. La voile est faite en coton qui vient d'Inde, on la fabrique nous-mêmes", indique aux passagers Adam Ahmed Mbarak, guide “Lady Lamu Dhow”.

Utilisés il y a plus de 2 000 ans pour transporter épices et marchandises, ils servent aujourd'hui de navettes aux touristes, en quête de soleil et d'authenticité. Car la grande particularité de Lamu, c'est qu'il n'y a aucune voiture. Tout se fait à dos d'âne. Il y en a partout : ils sont plus de 3 000 à vivre sur l'île et sont considérés comme de vrais habitants. "Je les aime, j'en prends soin et les voitures ne passent pas ici, les routes sont trop étroites. Notre seule solution, ce sont les ânes", explique un habitant.

Toute l'économie de l'île repose sur ces animaux. Une partie de l'hôpital leur est même dédiée et des vétérinaires comme Antonate Achieng, qui exerce pour "Safari doctors", sont payés à plein temps pour s'occuper d'eux. "Là, j'ai un propriétaire qui pense que ses ânes ont des vers, donc je vais les vermifuger. Les ânes font partie intégrante de la communauté à Lamu, les gens gagnent leur vie grâce à eux. On en soigne chaque jour et on a une vraie relation avec les animaux et leurs propriétaires", confie la soignante. La plupart des soins sont gratuits. Une aide précieuse pour les travailleurs qui ont bâti toute l'île grâce aux ânes, introduits à Lamu dès le XIVe siècle.

Depuis, presque rien n'a changé. Et c'est ce qui attire les touristes. Pour des Français, le voyage commence avec Hassan Mohamed, un guide. Il est né et a grandi avec les ânes de Lamu. Il raconte leur histoire à tous les visiteurs. "Les ânes font tout type de travaux sur l'île. En premier, ils transportent le matériel. Ça, c'est comme des paniers pour les constructions. Le matin, tu leur montres une fois la route et ils comprennent ce qu'ils ont à faire pour la journée", leur précise le guide "Lamu heritage walks".

L'île est aussi et surtout chargée d'histoire. "Voici la place du centre de Lamu. Les Arabes ont été les premiers à débarquer ici. Il y a aussi eu les Portugais et les Perses. Ensuite, les Britanniques ont colonisé le Kenya. Tous sont venus ici pour faire du commerce. Lamu est central. Tous les bateaux de l'Europe au Moyen-Orient passaient par ici", raconte le guide.

De ce mélange des peuples, des cultures et des langues est née la civilisation swahilie, l'une des plus anciennes d'Afrique de l'Est, reconnaissable par son architecture atypique. "Les murs ont été construits avec du corail, c'est bien plus résistant que la pierre, et avec du ciment naturel, rien de chimique. Et pourquoi les bâtiments sont aussi hauts ? Et bien parce qu'autrefois il n'y avait pas d'électricité à Lamu. Les constructeurs ont bâti des maisons très hautes pour capter un maximum de lumière", détaille encore Hassan Mohamed.

Lamu est classée au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2001. Une île paisible, préservée du tourisme de masse, qui n'a rien à envier aux grandes stations balnéaires. "Il y a le fait qu'il n'y ait aucun moteur, tu n'as aucune moto, tu n'as aucune voiture, du coup, c'est ultra-paisible", estime l'un des visiteurs français. Celle qui l'accompagne, elle aussi, est sous le charme. "C'est vraiment très préservé, en fait, ça a gardé ce côté très authentique. Il y a une richesse culturelle qui est énorme, on voit vraiment que l'histoire remonte à des siècles et des siècles", souligne la jeune femme.

En mer, d'autres traditions se perpétuent. Dernière étape de la journée : le restaurant flottant de Lamu. Un lieu emblématique qui promeut la culture swahilie. Après un concert de musique typique de l'île et un repas local, place à l'effervescence de la nuit.

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