taraskuzio.com

Maël bénéficie du RIS en tant qu'étudiant : 'Le CPAS ne m'encourage pas à travailler' - RTBF Actus

Depuis qu'il a quitté le domicile familial, à ses 18 ans, pour venir étudier à Bruxelles, Maël reçoit l'aide du CPAS. "C'est une chance", admet-il. Grâce au Revenu d'intégration sociale, il loue une chambre dans une colocation à Molenbeek. Fraîchement diplômé, Maël est aujourd'hui à la recherche d'un emploi. Cet été, il a eu l'occasion d'effectuer quelques prestations rémunérées en tant qu'indépendant dans le domaine de la communication. Un tremplin, peut-être, vers un premier emploi. Mais cette opportunité a entraîné une conséquence inattendue.

"Quand on est au CPAS, explique-t-il, on a le droit de travailler pour des petits montants sans perdre une partie du revenu d'intégration sociale." Le seuil a été relevé au 1er septembre. Un étudiant peut désormais gagner 315 euros supplémentaires sans que son aide du CPAS soit réduite. "En juillet, j'ai gagné 250 euros et, en août, 210 euros", précise Maël. Des petits revenus supplémentaires intégralement exonérés. Quand il envoie ses fiches de paie au CPAS, Maël ne s'attend pas à ce que le versement de son revenu d'intégration soit retardé de "plusieurs semaines".

"Ce qui se passe, c'est que le CPAS recalcule tout. En attendant, il suspend mon aide. Le versement qui devait arriver au premier août a été envoyé le premier septembre. Et rebelote, au mois de septembre. Je n'avais plus d'économies, je les avais utilisées pour vivre le mois d'avant. Heureusement que j'ai un propriétaire très compréhensif !"

Contacté, le CPAS de Molenbeek confirme que ce sont bel et bien les procédures en vigueur. Légalement, il a 30 jours pour réexaminer le dossier du bénéficiaire et décider du maintien de son allocation. Une fois cette décision prise, il dispose encore de 8 jours pour procéder au paiement du revenu d'intégration. "Aucun traitement préférentiel ou accéléré des demandes n’est d’application", affirme le CPAS.

À la Fédération des CPAS bruxellois, on confirme que le délai n'est pas anormal. Les procédures sont semblables dans les autres communes et elles correspondent, nous dit-on, à des vérifications nécessaires. L'attente est-elle plus longue depuis que la réforme du chômage a entraîné une surcharge de travail pour les CPAS ? "Pas substantiellement", nous glisse-t-on.

A Bruxelles, depuis la réforme, les assistants sociaux suivent néanmoins une vingtaine de dossiers supplémentaires en moyenne. Les CPAS conseillent à leurs bénéficiaires qui commencent à travailler de les prévenir au plus vite de sorte que les délais ne soient pas inutilement allongés.

"Ce qui me frustre, dit Maël, c'est qu'on devrait nous encourager à travailler au lieu de nous plonger dans davantage d'anxiété et de précarité. En plus, les jobs que j'ai faits correspondent à mes études. Comment construire une stabilité quand chaque petit revenu perçu peut nous amener à des semaines d'attente avant de retrouver son aide ?"