Madagascar: les autorités commémorent la révolte populaire de 2025, des jeunes appellent à continuer le combat
À Madagascar, une commémoration officielle s’est tenue ce 25 septembre, un an après le soulèvement de la Gen Z ayant conduit à la chute d’Andry Rajoelina. Une stèle a été dévoilée sur les bords du lac Anosy à Antananarivo, haut lieu des manifestations de 2025. Une façon, selon les autorités, de rendre hommage aux 22 personnes mortes durant cette mobilisation (d’après un recensement de l’ONU). Étaient présents les quatre « haut conseillers de la Refondation », le Premier ministre, ainsi que des membres de la Gen Z et des proches de victimes de la répression. Une cérémonie qui a pris des accents très politiques.
Publié le : 25/09/2026 - 14:26Modifié le : 25/09/2026 - 14:27
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Avec notre correspondant à Antananarivo, Guilhem Fabry
C’est au son d’un chant nationaliste du mouvement anticolonial MDRM, entonné lors des manifestations l’an dernier, que la cérémonie s’est ouverte, ce vendredi dans la capitale de Madagascar.
Le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, a ensuite dévoilé une stèle représentant un militaire en arme entouré de jeunes se libérant de leurs chaînes.
Felana Andriatahina, figure de la Gen Z, a tenu à être présente. « Je suis venue pour rappeler pourquoi on est descendu dans la rue l’an dernier, souligne-t-elle. Il y avait des causes fondamentales, des problèmes sociaux récurrents depuis plusieurs crises à Madagascar. La cause ne doit pas s’éteindre. C’est aussi pour dire aux familles de victimes que leurs proches ne sont pas morts pour rien, que nous sommes toujours debout et que nous allons nous battre jusqu’à la fin pour avoir ce qu’on a demandé l’année dernière ». Et d’ajouter : « Il y a tout de même des détails sur lesquels on n’est pas d’accord. La stèle, ce n’est pas ce que nous voulions faire, car elle représente pour nous comme un tombeau de la cause. »
Sur l’estrade, une jeune femme se revendiquant de la Gen Z a appelé l’armée et la jeunesse a avancé main dans la main.
« Je ne veux pas que ça se répète, qu’on accepte ce qu’ils ont fait »
Autre prise de parole, celle de Mirana Ramiavaorivelo. Il y a pile un an, cette étudiante en commerce international âgée de 20 ans a été gravement blessée au dos par un impact de grenade lacrymogène. « Ce jour-là, nous avons décidé de manifester pour avoir de l’eau et de l’électricité. Je voulais rentrer ensuite à la maison en étant fière de m’être exprimée. C’était une démarche pacifique que nous avions commencée, mais ça a fini avec des bombes et des balles partout. J’ai été évacuée à l’île de la Réunion pendant deux mois, hospitalisée, sans pouvoir marcher, sans pouvoir rien faire, raconte-t-elle. J’espère qu’ils ont maintenant assez de preuves pour chercher les coupables et je veux vraiment qu’il y ait justice. Je ne veux pas que ça se répète, qu’on accepte ce qu’ils ont fait, car ce n’était pas normal. Si les coupables sont toujours en liberté, à se balader partout, je ne me sens pas en sécurité ».
De retour de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le chef de la transition, Michael Randrianirina, est attendu sur ce lieu de commémoration en fin de journée.
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