Macron scelle un accord de défense avec la Suède renforçant le « pilier européen » de l’Otan
Emmanuel Macron et le Premier ministre suédois Ulf Kristersson ont renforcé ce lundi à Stockholm la coopération entre leurs deux pays en matière de défense, et à travers elle le « pilier européen » de l’Otan « dans un » monde de plus en plus chaotique «, avec l’acquisition de quatre frégates françaises par la Suède.
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« Nous scellons une coopération stratégique majeure, réciproque, respectueuse et ambitieuse », a déclaré le président français à bord de la frégate française Amiral Ronarc’h, dans le port de Stockholm, où le contrat de 4,3 milliards d’euros a été signé.
« Ceci montre la force et l’importance de ce pilier européen de la défense et combien la coopération franco-suédoise est en train de devenir un élément essentiel de ce pilier européen » , a-t-il ajouté à l’unisson du Premier ministre suédois.
La ministre française des Armées Catherine Vautrin et son homologue suédois Pål Jonson ont signé parallèlement un accord-cadre renforçant la coopération de défense dans les « domaines opérationnel, capacitaire et industriel » .
La Suède, poursuivant un effort massif de réarmement depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022 et son adhésion à l’Otan en 2024, a passé commande au constructeur français Naval Group de quatre frégates de défense et d’intervention (FDI), dont le premier exemplaire sera livré en 2030.
Cette commande fait suite à celle par la France de deux avions de surveillance aérienne Global Eye au géant suédois Saab pour plus d’un milliard d’euros en décembre.
Dissuasion avancée
Les deux dirigeants ont insisté sur la nécessité d’une plus grande « souveraineté européenne » en la matière, un credo cher au président français depuis son arrivée au pouvoir en 2017 et qui trouve une résonance croissante face à la menace russe et à un allié américain de plus en plus incertain.
« Tout le monde sait désormais qu’en Europe nous devons assumer une plus grande part de responsabilité pour notre propre sécurité », a relevé Ulf Kristersson.
Les quatre frégates seront dotées de missiles antimissiles balistiques Aster 30 et « possiblement » de missiles de croisière navals pour les frappes de longue portée, a relevé Emmanuel Macron.
« Elles offrent à la Suède une capacité de défense aérienne à longue portée en mer et une protection contre les missiles balistiques » dont l’Ukraine manque cruellement face à la Russie, a souligné le Premier ministre.
La Suède va contribuer avec cette défense antimissile à « l’épaulement de la dissuasion (nucléaire) avancée » française, a encore pointé Emmanuel Macron.
Le président français a proposé cette dissuasion « avancée » à huit pays européens, dont la Suède, pour renforcer la défense européenne même si l’emploi du feu nucléaire restera de la responsabilité ultime de la France.
Avions de combat
La France et la Suède, toutes deux dotées de puissantes industries militaires, ont aussi manifesté leur volonté de renforcer la base industrielle de défense européenne, face à la concurrence américaine qui reste écrasante au sein de l’Otan.
Il s’agit de créer un « écosystème de défense européen qui soit plus résistant dans la durée, plus indépendant, plus compétitif et qui permette à l’Europe d’être pleinement souveraine », a insisté Emmanuel Macron.
Cela pourrait notamment passer par des programmes communs en matière d’avions de combat, après l’échec du projet franco-allemand SCAF, alors que la France produit le Rafale et la Suède le Gripen.
Il existe « beaucoup de pistes de coopération » possible en la matière, a concédé l’Élysée, en citant notamment en exemple la « capacité de production de moteurs d’avion » de la France.
La France va aussi contribuer aux forces terrestres avancées de l’Otan en Finlande, sous commandement suédois, destinées à renforcer la capacité de dissuasion de l’Alliance face à la menace russe.
La frégate FDI, d’une longueur de 122 mètres pour 4.500 tonnes, est conçue pour neutraliser tout type de menace, en surface, aérienne, sous-marine, asymétrique ou cyber, selon le site internet de Naval Group. Elle permet en particulier de déployer des forces spéciales ainsi que des drones aériens et de surface.
Elle a déjà été vendue en quatre exemplaires à la Grèce. La Norvège a en revanche préféré acheter des frégates britanniques en 2025.
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