"Ma saison 2027 sera peut-être un peu moins longue" : vainqueur autoritaire du Chrono des Nations, Remco tire un bilan très positif de son année
Une anomalie a été rectifiée, ce dimanche, aux Herbiers. Au cœur du bocage vendéen, dans cette région française légèrement vallonnée devenue l'épicentre annuel du contre-la-montre, Remco Evenepoel a remporté le Chrono des Nations. S'il s'y était déjà imposé avec un maillot de champion du monde, chez les juniors, en 2018, le porteur de la tunique arc-en-ciel de l'effort en solitaire a dominé pour la première fois l'épreuve des élites. Il n'y a pas eu de suspense sur sa dernière course de la saison, puisqu'il a franchi la ligne d'arrivée avec plus de deux minutes d'avance sur Jay Vine, parti deux minutes avant lui et qu'il a rattrapé en cours de route…
Remco, vous comblez un manque à votre palmarès de spécialiste du chrono…
Oui, je n'avais pas encore gagné ici chez les élites. La victoire ce dimanche n'était pas obligatoire, mais avec mon statut de chronoman, c'est quand même beau de m'imposer sur ce Chrono des Nations. D'autant plus que je pense l'avoir fait d'une belle manière. Gagner, c'est une jolie façon de conclure la saison…
Un contre-la-montre de 45 kilomètres, ce n'est pas habituel. Vous en aimeriez des aussi longs sur les grands tours ?
Certainement ! Mais, finalement, il n'y avait pas beaucoup de différence par rapport à un chrono plus court. Car c'est assez vallonné ici, il n'y avait donc pas vraiment de stratégie de pacing. J'ai essayé de monter les bosses le plus rapidement possible et de récupérer un peu, en diminuant la puissance dans les descentes et les parties rapides. J'ai bien géré mon effort, je suis parti assez vite et j'ai pu tenir le rythme jusqu'à la fin. Quand j'ai repris Jay Vine, je savais que le vent y soufflait assez fort, de face. Je sentais que je pouvais y faire une grosse différence par rapport aux autres. C'était un bon chrono de ma part, je pense.

Vous avez déclaré vouloir effectuer encore des tests sur le vélo de chrono. Que vouliez-vous tester ?
Je voulais surtout encore faire une compétition avec ce vélo, dans le but de m'y habituer encore plus. Je le connais déjà bien, j'ai été champion du monde de la discipline avec lui, à Montréal. Je n'aime pas m'entraîner sur le vélo de chrono, dans le trafic. Mais en course, c'est différent. Chaque chrono est un défi, avec des parcours différents. C'est toujours dur, mais je me suis habitué à la douleur sur le vélo. Ce dimanche, c'était l'occasion de me familiariser encore plus, de bien le sentir, techniquement, sur les lignes droites, afin de penser à la saison prochaine.
Quel bilan tirez-vous de votre saison ?
Il est positif. J'ai bien démarré ma saison. Cela a été un peu plus difficile en avril malgré de bons résultats, mais j'avais dû changer d'entraîneur. Et puis il y a eu une longue préparation en vue du Tour de France. Je pense pouvoir dire que cela a été un bon Tour, pour moi. Et puis il y a eu des hauts et des bas en fin de saison. Au Mondial ou en Lombardie, j'étais un peu court sur des épreuves de six heures. On doit en discuter avec l'équipe.
De quoi êtes-vous le plus content ? Et de quoi êtes-vous le plus déçu ?
Au niveau des satisfactions, il y en a eu plusieurs. Le Tour de France a été un des sommets de mon année. Il a été extraordinaire, avec deux victoires d'étape, la deuxième place au classement final. C'était vraiment très beau. Mais il y a aussi eu mon quatrième titre de champion du monde du contre-la-montre et ma victoire au Championnat d'Europe, qui a fermé le cercle des maillots distinctifs à aller chercher. Ma plus grande déception, cela a été la course en ligne au Championnat du monde, à Montréal. J'en étais très déçu. J'y ai connu une mauvaise journée. Je n'ai pas été présent. C'est vraiment dommage, car c'était une chance d'aller chercher le titre avec l'absence de Pogacar. D'un point de vue physique, je crois que le plus grand moment de souffrance, sur le vélo, c'est le Tour des Flandres, quand j'étais à cinq secondes derrière Pogacar et van der Poel… Il me manque d'ailleurs un monument cette année… J'y ai été présent avec deux places de troisième (au Tour des Flandres pour sa première participation au Ronde et à Liège-Bastogne-Liège), une quatrième position au Tour de Lombardie. On sait ce que je voudrai aller chercher l'an prochain…
Que savez-vous déjà de la saison prochaine ?
Celle de 2026 a été assez longue. Je pense que celle de l'an prochain le sera moins. On va sans doute commencer moins rapidement les courses. Je ferai sans doute aussi plus de préparations spécifiques, on a vu que cela fonctionnait bien. Mieux que d'aller d'épreuves en épreuves. Mais pour ma première année chez Red Bull BORA hansgrohe, je voulais courir, aller rapidement chercher des victoires. J'en viserai encore l'an prochain.
Dont un cinquième titre de champion du monde du chrono d'affilée ?
Oui, j'ai déjà ce Mondial d'Annecy, où il y aura un bon parcours pour moi je pense, dans un coin de la tête. Mais là, place à un peu de repos. J'ai encore une semaine de travail, avec des rendez-vous avec l'équipe, comme des tests médicaux, mais aussi un voyage aux États-Unis pour des tests en soufflerie. Avant deux semaines de vacances et une de repos à la maison. Et puis on recommencera déjà la prépa…
Championnats du monde de cyclisme sur piste : Jules Hesters célèbre sa première médaille mondialePour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.