« Ma sœur Alla est-elle vivante ? » : le mystère de la disparition d’une mère de famille à Toulon s’épaissit depuis deux ans
Depuis la Pologne où elle vit, sa sœur, Inna, a accepté de témoigner pour que le dossier d’Alla ne devienne pas un dossier oublié, non élucidé.
Dans la nuit du 14 au 15 juillet 2024, Alla Tsykalo, est parti du domicile partagé avec le père de ses deux enfants, à Toulon, n’emporte ni papiers, ni téléphone, ni vêtements, ni argent…
« Elle a disparu de son domicile dans des circonstances inconnues », raconte Inna. « Depuis ce jour, nous n’avons reçu aucune nouvelle d’elle. Jusqu’à aujourd’hui, nous ne savons absolument pas où elle se trouve et encore mois ce qui a pu lui arriver. »
Elle a fui la guerre en Ukraine
Coiffeuse de profession, Alla est arrivée en France en mars 2022, au tout début de la guerre en Ukraine.
Elle a quitté son pays avec ses deux plus jeunes enfants, âgés de 11 ans et 13 ans, pour rejoindre à Toulon le père des enfants d’origine georgienne déjà installé dans la région. Deux autres enfants, une fille et un fils nés d’un premier mariage, sont eux restés en Ukraine. Deux ans plus tard, cette disparition mystérieuse fait peu de bruit.
Presque comme si Alla n’avait jamais existé…
Inna lutte contre cet oubli et se souvient d’une femme pleine de vie. « C’était une personne joyeuse et active, qui aimait cuisiner, passer du temps avec ses enfants et partager des moments en famille », dit-elle. « Une maman très attentionnée, quelqu’un qui aimait prendre soin des autres. »
Un juge d’instruction désigné
Mais derrière cette image, il y a une fragilité que la famille connaissait déjà. « Alla souffrait d’une dépression sévère ». La guerre, l’exil, l’adaptation forcée à un pays et une langue inconnus, n’ont rien arrangé. Selon Inna, son état s’est dégradé après son arrivée en France.
Trois jours après la disparition, le 17 juillet 2024, Igor, son compagnon alerte la police. Inna, de son côté, multiplie les appels aux autorités. Sans grand résultat : « Aucune information détaillée sur l’avancement de l’enquête ne m’a été communiquée », regrette-t-elle.
Il faudra attendre mai 2025 — soit près d’un an sans aucune nouvelle — pour qu’Inna se tourne vers l’association ARPD (Assistance et Recherche de Personnes Disparues). Depuis, un juge d’instruction a été désigné au tribunal judiciaire de Toulon. Mais l’affaire ne semble pas bouger d’un iota. « Je ne sais pas exactement à quel stade se trouve actuellement la procédure », admet Inna.
L’association ne s’occupe pas seulement des recherches. Elle fait aussi le lien avec les enfants restés en France. Inna prend régulièrement des nouvelles de sa nièce et de son neveu scolarisés à Toulon. Elle essaye de ne pas penser au pire, même si elle a pensé à tout : une mauvaise rencontre, un homicide, un suicide, voire un départ volontaire. En l’état, un juge d’instruction toulonnais a été désigné pour disparition inquiétante. « Depuis deux ans, on ne sait rien ! Alla est-elle vivante ? Où ? Rien ne semble avoir avancé. »
« Je veux pouvoir l’aider et être présente pour elle »
Depuis la Pologne, Inna ne lâche. « Aujourd’hui, je pense avant tout au fait de pouvoir obtenir la moindre information concernant ma sœur, comprendre ce qui s’est passé et savoir où elle se trouve. Si elle a besoin d’une aide quelconque, je veux pouvoir l’aider et être présente pour elle. »
Elle lance un appel à toute personne qui pourrait détenir une information afin d’aider à retrouver sa soeur. Toute personne ayant aperçu Alla Tsykalo, ou disposant d’un renseignement, même minime, peut contacter Roger Thurne de l’ARPD — l’anonymat est garanti — au 06.69.29.60.04.