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Ma Petite Entreprise: son modèle coopératif révolutionne le Tour de France Femmes

Publié2. août 2026, 20:18

Tour de France FemmesMa Petite Entreprise impose le vélo coopératif sur le Tour

La formation savoyarde se démarque des autres équipes en faisant reposer son financement non sur des sponsors mais sur une plateforme de financement participatif.

Agence France-Presse

En décrochant le maillot à pois rouges de meilleure grimpeuse samedi, Oceane Mahe a mis un coup de projecteur sur l'équipe savoyarde Ma Petite Entreprise.

En décrochant le maillot à pois rouges de meilleure grimpeuse samedi, Oceane Mahe a mis un coup de projecteur sur l'équipe savoyarde Ma Petite Entreprise.AFP

Pas de sponsor titre mais une myriade de petits contributeurs: la formation Ma Petite Entreprise, mise en lumière par le maillot à pois porté par Océane Mahé dimanche entre Aigle et Genève, détonne au sein du peloton du Tour de France (dont la 2e étape a été remportée par Lorena Wiebes) par son modèle économique particulier.

Fruit de l’imagination d’Emeric Ducruet, jeune entrepreneur à la tête de deux boulangeries et d’une société d’informatique, cette structure continentale féminine s’appuie sur une philosophie collaborative et un financement basé sur les apports de plusieurs centaines de TPE ou PME françaises.

«Si un gros sponsor arrive, il faut qu’il s’intègre dans un collectif, un mouvement coopératif»

Emeric Ducruet, président-fondateur de Ma Petite Entreprise

«L’idée de base, concrétisée il y a deux ans, je l’ai eue lors des campagnes sur "l’artisanat, premier employeur de France"», explique le président-fondateur. «En tant que passionné de vélo et d’entrepreneuriat, je me disais que c’était dommage qu’il n’y ait pas une équipe qui puisse faire rayonner tout cet écosystème», ajoute Emeric Ducruet.

Le budget de l’équipe savoyarde, actuellement de 1,5 millions d’euros, repose sur une plateforme de financement participatif. Les entreprises disposent de cinq niveaux d’adhésion (de 750 à 15'000 euros). Face à l’engouement populaire, l’équipe a ouvert deux paliers (120 et 360 euros) pour les supporters et particuliers.

Appuyés par Vincent Lavenu

Pour porter le projet sur les routes, Emeric Ducruet s’est associé à Michaël Amand, patron d’une agence de communication, avant de convaincre un visage bien connu du cyclisme français: Vincent Lavenu. Fort de son expérience, l’ancien manager de la formation AG2R a accepté d’apporter ses connaissances pour structurer la jeune formation. «Au regard de nos finances, on a choisi de débuter avec une équipe féminine, avec l’espoir de créer un groupe masculin dans un second temps», explique Lavenu.

Privilégiant le collectif, Ma Petite Entreprise refuse de s’associer à un parrain principal exclusif qui dénaturerait sa philosophie. «On réserve le maillot à l’idée de base. Si un gros sponsor arrive, il faut qu’il s’intègre dans un collectif, un mouvement coopératif, souligne Emeric Ducruet. L’éthique est vraiment importante, et on ne se perdra pas à ce niveau-là.»

Coureuses payées au SMIC

Alors qu’elle compte près de 600 contributeurs, Ma Petite Entreprise vise la barre des 1000 adhérents d’ici la fin de la Grande Boucle, le 9 août à Nice. «On va y arriver», assure son président, qui voit des points de comparaison entre cyclisme et entrepreneuriat: «Dans les deux cas, il faut savoir se faire mal.»

L’exposition offerte par le Tour porte ses fruits: «Avec le coup de projecteur du maillot à pois d’Océane Mahé, vingt nouveaux adhérents nous ont rejoints hier soir», savoure Vincent Lavenu.

Le projet se construit étape par étape. Les dirigeants fonctionnent actuellement sur la base du bénévolat et les coureuses perçoivent un salaire moyen légèrement supérieur au SMIC. Sur le plan sportif, le recrutement s’est effectué via une commission dédiée animée notamment par le directeur sportif Damien Vaucheron et Vincent Lavenu.

Des petits poucets, mais qui ont de l'appétit

Si dans le paddock de départ, le petit motorhome de Ma Petite Entreprise ne paie pas de mine au milieu des bus hyper-confortables des grosses écuries, les coureuses, elles, ne font pas de complexes. Dès la première étape samedi à Lausanne, la stratégie était claire: passer à l’attaque pour exister. Ce qu’a réussi à faire Océane Mahé en récupérant le premier maillot à pois de meilleure grimpeuse.

«Quand on est les petits poucets, il faut essayer d’exploiter toutes les possibilités. C’est une belle récompense pour notre projet», s’est félicité Vincent Lavenu au sujet de cette exposition maximale pour un modèle économique encore inédit dans les rangs professionnels.

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