Lutte contre les déchets plastiques : la Ville de Menton va signer deux chartes qui l’engagent à sensibiliser, prévenir et optimiser
Pour contribuer – à son échelle – à la lutte contre la pollution plastique, la Ville de Menton s’apprête à signer la charte régionale « zéro déchet plastique » et la charte nationale « une plage sans déchet plastique ». L’enjeu est réel quand on sait que la Méditerranée est la mer la plus impactée par ce fléau.
AL.R
Alice Rousselot
CRÉÉ LE 14 juillet 2026 • 13:30
MIS À JOUR LE 14 juillet 2026 • 13:30
Jean François Ottonello / Nice-matin
Dans une démarche de zéro déchet, la règle mnémotechnique des « 5R » s’est peu à peu imposée dans les esprits. Il convient de… refuser, réduire, réutiliser, rendre à la terre et recycler.
En ce qui concerne la pollution plastique, seul le 4e R – rendre à la terre – sera évidemment à proscrire. Mais la Ville de Menton entend bien avancer sur les autres composantes.
En conseil municipal, le 30 juin 2026, les élus se sont en effet accordés pour la signature de deux chartes. L’une, animée par l’Agence régionale de la biodiversité et de l’environnement, baptisée « Zéro déchet plastique ». L’autre, nationale, connue sous le nom : « Une plage sans déchet plastique ».
Toutes deux visent à engager les collectivités dans des plans d’actions concrets axés sur la sensibilisation des acteurs locaux, la prévention de l’utilisation des plastiques, ainsi que l’optimisation de leur gestion. Et impliquent de désigner un élu et un agent technique comme référents pour le suivi.
L’adjoint à l’environnement, Claude Calvin, rappelle les enjeux pour une ville littorale comme Menton. « Ce sujet représente une véritable urgence en Méditerranée, considérée comme la mer la plus polluée du monde par les spécialistes. On estime qu’environ 570 000 tonnes de plastique y sont déversées chaque année – soit 7 % de la population plastique mondiale des océans. En raison de sa configuration géographique semi-fermée, les déchets ont tendance à s’accumuler plus qu’à se disperser naturellement », pose-t-il. Conscient que la pollution plastique est aujourd’hui la forme la plus répandue et la plus préoccupante de la pollution marine.
Bientôt plus de plastique que de poissons ?
Et pour cause : chaque année, entre 9 et 14 millions de tonnes de déchets plastiques se retrouvent dans les océans. Parmi eux, les macroplastiques : sacs, filets de pêche et autres emballages, qui, digérés par les animaux marins, perturbent les chaînes alimentaires.
Mais aussi les microplastiques et nanoplastiques, des particules invisibles à l’œil nu qui s’infiltrent dans les micro-organismes et s’accumulent.
« Ces pollutions menacent le riche patrimoine maritime et aquatique. Les conséquences ne se limitent pas aux écosystèmes marins, la santé humaine est également en jeu », souffle le pharmacien de métier. Convoquant une étude de 2019 selon laquelle nous ingérons chaque année une quantité de matière plastique équivalente à une carte de crédit.
« Le phénomène ne fait que s’amplifier, complète-t-il. Si les tendances actuelles se poursuivent, les océans pourraient retenir d’ici 2050 plus de plastiques que de poissons en poids… »
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