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Louvain-la-Neuve : un concert "tout doux" de la chanteuse belgo-chilienne Paloma del Rey à la Ferme du Biéreau

Après Tournai, Huy, ou Verviers, mais juste avant le Saint Jazz Festival à Bruxelles, Paloma del Rey avait rendez-vous à la Ferme du Biéreau pour un concert "chez elle", ce jeudi 8 octobre.

"J'ai vécu dix ans dans le Brabant wallon, dans des collocations et autres, à Louvain-la-Neuve, Céroux, Ottignies et Rosière. J'ai d'ailleurs pas mal fréquenté la salle du Biéreau. C'est ici que j'ai eu la chance de voir à plusieurs reprises Inti-Illimani, un groupe chilien très connu. C'est très émouvant de fouler cette scène, je me remets à peine de mes émotions", explique-t-elle ce vendredi 9 octobre.

Un moment très intime. "C'était tout doux, j'étais dans une énergie plus basse, un peu en introspection." Et cela correspondait aussi bien au public présent. La chanteuse a emmené les spectateurs dans un voyage très personnel, sur les traces de ses origines.

"Moi, je suis née en Belgique, mais mon père a fui la dictature au Chili. Son frère était révolutionnaire et s'est caché pendant plus d'un an, parce qu'il était recherché. Il a réussi à quitter le pays avec Amnesty International, raconte Paloma del Rey.Finalement, mon père et son autre frère l'ont suivi pour échapper au service militaire et tenter une vie meilleure en Belgique. Il n'y a que leur sœur qui est restée au pays."

Dès l'âge de 5 ans, ses parents se sont séparés. Son père est parti en Espagne, pour y retrouver ses frères et sa langue, alors que Paloma est restée en Belgique."J'allais régulièrement en Espagne, j'entendais la langue mais je ne la parlais pas. Vers 15 ans, j'ai commencé à l'apprendre. J'ai bien progressé à 19 ans, quand j'ai passé 9 mois au Chili, mais j'ai aussi perdu pas mal de vocabulaire en n'y retournant pas pendant 9 ans."

L'espagnol comme une évidence musicale

Confrontée à un véritable manque, elle a renoué avec ses racines, à travers plusieurs voyages au pays des poètes. C'est là qu'elle y puise ses inspirations, notamment pour le charango. Cette petite guitare, typique de la Bolivie, du Pérou, de l'Argentine et du Chili, l'accompagne partout.

"Pourquoi chanter en espagnol ? C'est à la fois un défi, parce que ce n'est pas ma langue maternelle et que je dois faire vérifier mes textes à chaque fois, et une évidence, parce que j'adore cette langue, expose-t-elle. On verra à l'avenir si je mélange l'espagnol au français, mais ça me parle moins, jusqu'à présent."

Entre studio, scène et gestion administrative

Paloma del Rey a sorti son premier EP, Dame tu mano ("Donne-moi ta main"), en mars dernier. Elle allie ainsi les moments en studio avec la scène. Deux exercices qu'elle apprécie. "J'ai la chance de travailler avec un producteur que j'apprécie et qui est devenu un ami. On s'éclate, ce sont des moments incroyables. D'autant plus que musicalement, ça "matche". Et puis, j'adore aussi répéter avec Bastien (Van Lierde) et monter sur scène, avoir cette rencontre avec le public. Malheureusement, notre métier comporte aussi tout un volet administratif, avec la gestion de la communication, du budget ou de la stratégie. On passe parfois plus de temps à gérer notre petite entreprise qu'à penser à la musique ou écrire. C'est un peu le combat du quotidien", confie-t-elle.

Il n'empêche que la chanteuse et musicienne s'en sort remarquablement, avec un deuxième EP en préparation. "Comme pour beaucoup d'artistes, la musique est une thérapie pour moi. J'ai enchaîné les petits boulots, stages et formations, avant d'entamer un gros travail sur moi-même. J'avais une santé mentale assez compliquée, donc je me suis d'abord soignée. C'est ce qui m'amène aujourd'hui à partager cette profondeur avec le public. J'ai un parcours un peu atypique", concède la Belgo-Chilienne de 32 ans.

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