Loups, chiens, renards, sangliers… les « rapprochements animaliers » avec les humains se multiplient dans le Mercantour
Soudain, des gyrophares bleus éclairent la nuit, un deux-tons déchire le silence. Vallée de la Tinée, nuit du dimanche 19 au lundi 20 juillet 2026. Apolline Mékok peut enfin souffler. Un équipage de la CRS Alpes a répondu au SOS de cette jeune randonneuse allemande. « Ils m’ont demandé si le loup était parti. Je leur ai dit que je ne savais pas… »
Le loup se serait-il approché des humains, le week-end dernier, dans le haut pays azuréen ? C’est ce qu’ont sincèrement pensé trois jeunes randonneuses, dans deux vallées distinctes.
Pour le Parc national du Mercantour, un tel scénario paraît hautement improbable. Canis lupus est réputé pour sa discrétion et sa peur de l’Homme. Et les confusions avec d’autres animaux sont possibles.
Une certitude : à trois reprises en moins de 48 heures, les secours en montagne ont été appelés pour des « rapprochements animaliers ». « C’est la première fois qu’on a autant de présences animalières se rapprochant de l’Homme », témoigne un secouriste de la CRS Alpes.
Deux approches dans le même secteur
Ces habitués de la montagne ont d’abord « pensé à un canular ». Il n’en était rien. Loups, chiens, renards, voire sangliers ? Quels que soient les suspects, de jeunes gens en ont été quitte pour une belle frousse.
Le samedi 18 juillet vers 4 h, puis le dimanche 19 à 23 h, des alertes sont parvenues de Saint-Martin-Vésubie. Des randonneurs qui bivouaquaient près du lac de Prals ont reçu la visite d’animaux sauvages.
Samedi matin, des sangliers se seraient un peu trop approchés des tentes de sept jeunes campeurs. Dimanche soir, deux jeunes randonneuses ont vu leur tente en partie déchirée. Elles ont bien cru à un loup. Dans ces deux cas, les secours ont recommandé de rester à l’abri.
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Un écho aux peurs ancestrales
Ils sont, en revanche, intervenus en personne entre Rimplas et Saint-Sauveur-sur-Tinée. Apolline Mékok est convaincue que l’animal qui s’est approché d’elle, à la nuit tombée, était un loup. Pour les spécialistes, le comportement de cet animal évoque bien plus celui d’un renard.
Loup, y es-tu ? Dans le Mercantour, assurément. Son retour remonte à 1992. « Les observations du loup sont fréquentes, y compris en journée. Mais aucune attaque n’a été recensée à ce jour », rappelle le chef d’escadron Joseph Fraigneaud, commandant de la compagnie de Puget-Théniers.
« L’attaque » de la tente dans la Vésubie évoque un précédent dans le massif des Écrins (Hautes-Alpes), en septembre 2019. Deux randonneurs avaient accusé le loup. L’enquête du parc national avait permis d’identifier le coupable : un renard au pelage grisâtre et au comportement agressif.
Photo archives NM
Nouvelle reprise ? Quoi qu’il en soit, ces rencontres nocturnes ont réveillé des peurs ancestrales chez ces jeunes femmes. Et rappelé les enjeux de notre relation à la faune sauvage, dans une nature toujours plus courue par les bipèdes.