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Loire. Incursion pédocriminelle sur Xooloo : la haute-commissaire à l’enfance prône « une traque totale des prédateurs »

« Glaçant : un homme envoie des photos sexuelles à une fille sur Xooloo, messagerie destinée aux enfants. Les prédateurs dupent. Ils trichent. Ils s’infiltrent. Ils sont partout. Aucune faille ne peut être tolérée. Protéger les enfants, c’est traquer les prédateurs sans relâche », écrit Sarah El Hairy, haute-commissaire à l’enfance.

Ce qui l’a fait réagir si violemment, sur le réseau social X et par communiqué officiel à en-tête du ministère de la Santé, c’est l’article publié ce dimanche 16 août dans La Tribune-Le Progrès.

Notre journal y rapporte le témoignage poignant d’une maman du Forez : « Pour protéger mes enfants, j’ai choisi Xooloo Messenger, dédié aux 8-12 ans, pour leur permettre de communiquer en toute sécurité. J’ai cherché une messagerie téléphonique avec un système qui me paraissait bien et j’ai finalement découvert un écosystème dangereux », raconte-t-elle.

« Les prédateurs savent s’adapter : ne détournons pas le regard »

Le danger surgit, en février 2026, sous le prénom de « Coraline Lin ». Une enfant de 10 ans, croit la fillette contactée. Derrière ce profil, se cache en fait un homme. Il aurait envoyé à l’enfant des images à caractère sexuel, lui aurait demandé une photo de son visage et l’aurait incitée, sans succès, à des gestes intimes.

Heureusement, l’enfant a parlé à sa mère qui a aussitôt déposé plainte à la gendarmerie. Identifié, l’auteur, qui vit en région lyonnaise, a été identifié et mis en examen.

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La Haute-commissaire profite de l’affaire pour repartir au combat : « Ne détournons pas le regard : les prédateurs savent s’adapter, contournent les dispositifs de sécurité et s’infiltrent là où les enfants sont censés être protégés. Face à eux, nous devons être plus rapides, plus vigilants et plus déterminés, insiste-t-elle. La protection des enfants en ligne ne peut pas être une promesse ou un simple principe : elle doit se traduire par des dispositifs réellement efficaces, des plateformes qui prennent leurs responsabilités et une traque sans relâche de ceux qui s’en prennent aux mineurs. La sécurité numérique des enfants est une priorité absolue. Et la traque des prédateurs doit être totale. »

« La décision du Conseil constitutionnel ne ferme pas le combat »

Comment ne pas voir dans cette réaction une pierre dans le jardin du Conseil constitutionnel, qui vient de censurer l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, au nom de la liberté d’expression.

Le 15 juillet dernier, Mme El Haïry avait remis au Premier ministre un rapport comportant vingt propositions « pour une protection intégrale des enfants ».

Elle n’a pu que prendre acte de la décision du Conseil constitutionnel sur les réseaux sociaux, tout en précisant : « Je ne me résigne pas. Protéger les enfants n’est pas une posture, c’est une responsabilité. Il n’y a qu’une exigence essentielle : assurer la sécurité et la protection des enfants sur les réseaux sociaux, quel que soit le chemin emprunté pour y parvenir. Nous reprenons le travail, juridiquement sécurisé, en lien avec la Commission européenne, pour que cette protection devienne une réalité. La décision du Conseil constitutionnel ferme une opportunité. Elle ne ferme pas le combat. »