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Les épiciers signalent de nouveau les produits impactés par les…

Les épiceries canadiennes multiplient les affichages pour mettre en avant les produits locaux alors que les tensions commerciales s’intensifient entre le Canada et les États-Unis.

Loblaw — qui est derrière les épiceries Provigo et Maxi — annonce le retour des symboles « T » sur les étiquettes de ses rayons pour signaler les produits dont les prix ont augmenté en raison des droits de douane, reproduisant ainsi la stratégie adoptée l’année dernière lorsque la guerre tarifaire a éclaté.

Les clients commenceront à remarquer ces symboles « T » sur un petit nombre de produits, et leur nombre augmentera à mesure que les droits de douane s’appliqueront à davantage de catégories, a écrit mardi Per Bank, président et chef de la direction de Loblaw, dans un message publié sur LinkedIn.

« Et un engagement revêt une importance particulière : Loblaw ne tirera aucun profit des droits de douane », a-t-il ajouté.

« Lorsque les droits de douane augmentent nos coûts, toute hausse des prix en rayon qui en résulte reflétera cet impact — cent pour cent. »

La chaîne d’épiceries continuera d’utiliser le symbole de la feuille d’érable dans ses magasins pour les produits locaux et réintroduira les étiquettes indiquant le pays d’origine dans ses rayons de produits frais.

Mise en avant des produits canadiens

Par ailleurs, Empire, la société mère de Sobeys, dont le réseau compte notamment les IGA, prévoit de renforcer la signalétique de ses magasins afin de mettre en avant les produits canadiens, précise mercredi la porte-parole Karen White-Boswell dans une réponse envoyée par courriel.

« Les clients peuvent s’attendre à voir encore davantage d’éléments mettant en avant les produits locaux, accompagnés de drapeaux provinciaux, afin qu’ils puissent identifier les articles cultivés localement ou fabriqués au Canada », explique-t-elle.

Metro dit déjà accorder la priorité aux produits canadiens et continuer à les mettre en avant en magasin et en ligne, compte tenu du contexte géopolitique actuel.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump a imposé en fin de semaine des droits de douane de 50 % sur environ 28 milliards $ de produits canadiens, après l’échec des négociations commerciales. Ces droits concernent des produits allant du miel aux articles de toilette.

Ottawa a riposté mardi en annonçant des droits de douane équivalents, qui s’appliqueront à toute une série de produits à compter du 8 septembre.

La recrudescence des tensions commerciales a entraîné un regain d’engouement pour les produits canadiens chez les consommateurs.

Cette fois-ci, cependant, les distributeurs alimentaires sont mieux placés pour répondre à cette demande accrue de produits non américains, grâce à un réseau déjà solide de fournisseurs locaux.

« Chez Loblaw, nous sommes dans une position plus solide que lors de la dernière introduction de droits de douane », a indiqué M. Bank dans son message publié sur les réseaux sociaux.

Plus efficace que la première fois

Henry Chambers estime lui aussi qu’il sera plus facile pour les distributeurs alimentaires de revenir à la mise en avant des produits canadiens cette fois-ci.

« Quand on fait quelque chose une deuxième fois, on tire les leçons des erreurs commises la première fois — et on y met aussi plus d’efficacité et de rapidité », explique le vice-président principal pour le Canada et les Amériques au sein du cabinet de conseil Sentinel, lors d’un entretien.

« Les détaillants disposeront de ces informations (sur l’origine des produits) et seront en mesure de les mettre en avant rapidement », ajoute-t-il.

Les consommateurs, quant à eux, sont également mieux à même de distinguer les produits canadiens des produits non canadiens, selon M. Chambers.

Mais les distributeurs attendront probablement deux à trois semaines pour voir si les consommateurs restent fidèles à cette tendance à l’achat local avant d’apporter d’autres changements à leur chaîne d’approvisionnement, ajoute-t-il.

Le poids de l’inflation

La vague d’achat canadien a pris de l’ampleur l’année dernière, lorsque les attaques de Donald Trump contre le commerce avec le Canada et le reste du monde ont entraîné une série d’incertitudes économiques, de droits de douane et d’autres menaces. À l’époque, le Canada avait réagi en imposant ses propres contre-mesures, notamment sur des produits alimentaires symboliques, tels que le jus d’orange de Floride.

Mais ce mouvement s’est ensuite essoufflé, le coût élevé des denrées alimentaires pesant lourdement sur le budget des ménages.

En novembre dernier, M. Bank avait déclaré aux analystes que certains clients recommençaient à acheter des produits moins chers après la levée des droits de douane, ce qui allait affecter les ventes de produits canadiens.

Metro a également indiqué que ce mouvement ralentissait à la mi-2025.

Amar Singh, directeur principal et responsable des études sur le commerce de détail canadien chez Kantar, prévient que les consommateurs, en particulier les plus aisés, se tourneront à nouveau en masse vers les produits canadiens, mais que cela ne sera peut-être pas le cas pour les ménages à faibles revenus.

Selon M. Singh, la hausse de la demande pour les produits canadiens ne sera qu’un phénomène passager à court terme.

« De nombreux Canadiens, voire la plupart d’entre eux, souhaitent soutenir les produits canadiens. Ils veulent acheter local, mais leur budget ne leur permet pas de concrétiser cette volonté », détaille-t-il.

« Il existe actuellement une dichotomie : on veut agir, mais on n’en a pas vraiment les moyens », ajoute M. Singh.

« Cette situation va perdurer, car les Canadiens sont aux prises avec des difficultés liées à l’accessibilité au logement, à une inflation élevée et au coût de la vie en épicerie. »