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Lisez des livres pour enfants pour ne pas perdre le goût de l’émerveillement !

Littérature.

Les adultes ont tendance à juger naïfs, sinon puérils, les livres de leur enfance. Pourtant, ceux-ci possèdent une magie rare, celle de nous aider à garder un regard neuf et créatif sur le monde, plaide la journaliste américaine Anna Holmes, dans “The Atlantic”.

Dessin d’Eva Vazquez paru dans “El País”, Madrid.

Ne me jugez pas, mais en mars 2020, quand j’ai déménagé à l’autre bout du pays, je me suis débarrassée de six caisses de livres, parmi lesquels de nombreux essais et classiques de la littérature. Je me suis séparée de Jane Austen (L’Abbaye de Northanger, je préfère relire Orgueil et préjugés) et de Charles Dickens (Le Conte de deux cités, qui m’a laissée parfaitement indifférente). J’ai dit au revoir à Moby Dick (après des années à l’entamer sans jamais le finir).

Et puis, il y a ceux que je n’ai pas jetés – et que je ne jetterai jamais : Jour de neige [par Ezra Jack Keats, traduit aux éditions Des Éléphants], La Demoiselle aux lupins [de Barbara Cooney, chez Père Castor Flammarion], La Petite Maison [de Virginia Lee Burton, traduit chez Circonflexe], Le Grand Livre des transports [de Richard Scarry, chez Albin Michel Jeunesse], Des myrtilles pour Lily [de Robert McCloskey, chez Le Genevrier] et une cinquantaine d’autres livres pour enfants.

Ces livres m’accompagnent depuis les années 1970 et 1980. Ils trônent, toujours à la place d’honneur, à côté de catalogues d’exposition et autres monographies d’artistes. En 1991, quand je suis partie pour l’université, ils m’ont suivie de Davis, en Californie, jusqu’à New York. De l’East Village, ils ont transité jusqu’à Brooklyn, puis le Q

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The Atlantic (Washington)

L’anticipation est l’un des points forts de The Atlantic depuis sa création, en 1857. Cette vénérable revue littéraire et politique, où écrivent les plumes les plus prestigieuses du moment, a su faire de son site un très dynamique lieu de réflexion et de débat. Elle a franchi en 2024 la barre symbolique du million d’abonnés à ses versions numérique et papier.

Fondé par un groupe d’écrivains à Boston, quelques années avant la guerre de Sécession, le magazine s’est donné pour mission de n’être l’“organe d’aucun parti”, mais le porte-parole de l’“idée américaine”. La publication des premiers textes de Mark Twain, des reportages de guerre de Nathaniel Hawthorne et de la Lettre de la prison de Birmingham (vibrante défense de la non-violence, 1963) de Martin Luther King ne dément pas cet idéal.

Si la revue n’a que rarement soutenu un candidat à la présidence, elle a pris trois fois parti contre Donald Trump, dénonçant le danger qu’il représente. The Atlantic a même fini par devenir une sorte de bête noire du président républicain, tout comme l’actuel directeur de la rédaction, Jeffrey Goldberg. Ce dernier a pourtant été inclus par erreur dans une boucle Signal où des plans de guerre ont été échangés, se voyant ainsi offrir un énorme scoop.

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