"Les touristes sont là, mais ils consomment moins" : en Occitanie, la saison estivale freinée par un "contexte qui n’aide pas"
Vagues de chaleur, inflation, incendies… Les inquiétudes étaient nombreuses avant le lancement de la saison touristique en Occitanie. Alors que les premiers vacanciers ont pris leurs quartiers d’été, les professionnels dressent un premier bilan.
L’indice UV a chuté. La température extérieure est désormais tolérable. On comprend mieux pourquoi la plage de l’Hôtel de Ville de Palavas-les-Flots (Hérault) est bondée. À certains endroits, il est même compliqué de trouver quelques mètres carrés de sable disponible pour s’installer, bouquiner ou se reposer… "eh oui, les touristes sont là", assure Laure Pasquet, la directrice de l’office de tourisme de Palavas.
Nous voilà rassurés. Car avec les feux de forêts, la Coupe du Monde de Football, la baisse du pouvoir d’achat, les vagues de chaleurs, l’augmentation du litre d’essence ou les guerres aux portes de l’Europe… nous avions peur que le contexte — disons… compliqué — plombe la saison touristique.
"Sur la station balnéaire, on a eu une hausse de la fréquentation en mai puis une légère baisse en juin… Cette diminution semble se confirmer en juillet", explique la quinquagénaire à la tête de l’établissement touristique palavasien depuis 2023.
En chiffre, cette baisse de fréquentation est estimée à – 0,2 % de taux d’occupation des logements touristiques. Une donnée similaire sur l’ensemble du littoral occitan, de Collioure (Pyrénées-Orientales), ou Grau du Roi (Gard) en passant par Leucate (Aude). "Les touristes sont là, mais ils consomment moins", souffle Laure Pasquet.
C’est vrai qu’à midi, les terrasses situées le long du quai Paul Cunq de Palavas-les-Flots étaient quasi désertes. Et le soir, les spectacles aux arènes de Palavas ne font pas le plein non plus. "On a une baisse de fréquentation de près de 15 % pour nos spectacles de taureau piscine… Ce sont habituellement des évènements très prisés par les touristes, mais pour l’heure ça patine", lance Vincent Ribera, le directeur des arènes de Palavas. Même tendances aux arènes du Grau du Roi (Gard), sur le second site géré par le producteur d’événement.
Plus de touriste sur le littoral que dans l’arrière-pays ?
À plus de 200 kilomètres des eaux turquoise des plages occitanes, "la Lozère, un territoire où l’on retrouve la nature, des grandes espaces et une météo clémente, avec notamment une fraîcheur nocturne", vante Denis Carminati, ancien hôtelier-restaurateur à Sainte-Énimie (Lozère), désormais à la tête de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de la Lozère (UMIH 48).
Ici, les mois de mai et juin ont été bons. Et le mois de juillet ? "C’est compliqué. J’ai passé quelques coups de fil à mes collègues du département, ils me disent tous que c’est maussade", lance le retraité de 74 ans. D’après les estimations du syndicat patronal de l’hôtellerie-restauration, en Lozère, il y aurait un taux de remplissage de 60 %, soit 5 à 10 % de moins que l’année dernière. "Je confirme, c’est très calme pour l’instant. Il manque clairement des familles avec enfants et des randonneurs", explique Alexandre Rouzier, le patron de l’office de tourisme de l’Aubrac et des Gorges du Tarn. "Heureusement que l’on a les touristes locaux, ceux qui viennent de Montpellier le temps d’un week-end par exemple. Sans oublier les touristes étrangers, très important pour nous car ils ont un pouvoir d’achat plus important que le nôtre", ajoute-t-il.
La clientèle étrangère au rendez-vous
Eh oui, tendez l’oreille car sur les sites touristiques d’Occitanie, les touristes étrangers parlent espagnol, allemand, flamand… "On a aussi beaucoup de voyageurs américains", témoigne Brice Sannac, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie des Pyrénées-Orientales (UMIH 66). "Attirer la clientèle internationale, c’est important" ajoute l’hôtelier-restaurateur catalan.
Et ça, la région l’a bien compris. Notamment avec le site internet Choose Occitanie, vantant les mérites du tourisme régional dans pas moins de… huit langues différentes. "Le contexte actuel n’aide pas. Il faut donc que la Région soit plus agressive, qu’elle communique plus sur la richesse de nos territoires afin d’attirer les touristes", explique Brice Sannac.
L’été dernier, l’Occitanie a accueilli 47.2 millions de touristes, ce qui en fait la troisième région la plus visitée de France. "On espère faire une saison similaire à celle de l’année dernière", lance le président de l’UMIH des Pyrénées-Orientales. Rendez-vous donc en septembre, lorsque l’heure sera venue de faire les comptes.