Les résultats de l’enquête PISA sont tombés et ils ne sont pas bons: “Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’être les ‘moins mauvais’”
La ministre de l’Éducation Valérie Glatigny (MR) a déploré mardi les piètres performances livrées par l’enseignement francophone belge à l’occasion de l’étude PISA 2025.
MDV
Source: Avec Belga
8 septembre 2026, 07:53Dernière mise à jour: 08:01
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“Ne cachons pas la poussière sous le tapis: ce ne sont pas de bons résultats”, réagit mardi la libérale, aux commandes de l’enseignement obligatoire depuis deux ans.
“Certes, nous baissons moins vite que d’autres systèmes éducatifs et nous atteignons désormais la moyenne de l’OCDE en sciences, mais je refuse que l’on définisse le progrès par le bas. Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’être les ‘moins mauvais’”, ajoute-t-elle.
Les résultats de l’enquête PISA 2025 révèlent une nouvelle fois les performances très moyennes de l’enseignement francophone belge par rapport aux autres pays développés (voir encadré ci-dessous). “Si les performances des élèves de Fédération Wallonie-Bruxelles se situent désormais autour de la moyenne de l’OCDE dans les trois domaines évalués (sciences, mathématiques et lecture, NDLR), cette apparente stabilisation ne peut masquer une tendance de fond préoccupante: depuis 2018, les résultats ont reculé de 28 points en mathématiques, de 15 points en lecture, et de 3 points en sciences”, pointe la ministre.
Une moyenne globale en baisse
Selon elle, le rapprochement constaté avec le résultat moyen des autres pays de l’OCDE doit être interprété “avec prudence” car il est dû, non à une amélioration des performances de la FWB, mais plutôt à une moyenne globale en baisse.
“L’objectif ne peut dès lors pas être de se satisfaire de cette apparente stabilité. Il doit être de faire progresser durablement notre système éducatif, en regardant vers les systèmes qui obtiennent les meilleurs résultats pour tirer l’ensemble de notre enseignement vers le haut”.
“Je veux une école qui accompagne, mais aussi une école qui exige et qui tire nos élèves et notre enseignement vers le haut”
Pour la ministre, ces résultats confirment en tout cas la nécessité des réformes déjà engagées par le gouvernement en faveur d’un renforcement des apprentissages de base, couplé à un relèvement des exigences.
Et Mme Glatigny de citer l’introduction cette année du test CLÉ (Calculer, Lire, Ecrire) en début de 4e primaire, le renfort de l’accompagnement personnalisé en 1re secondaire, l’introduction d’une heure de maths en plus en 1re secondaire dès cette année, le relèvement à 60% du seuil de réussite pour les prochaines épreuves certificatives externes (CEB, CE1D, CESS), la lutte contre l’absentéisme et le décrochage ou encore l’interdiction du GSM à l’école.
“Pendant trop longtemps, parler d’exigence, d’effort ou de discipline a parfois été considéré comme dépassé. L’enquête PISA nous rappelle pourtant une évidence: on n’améliorera pas les apprentissages sans travailler aussi sur les conditions dans lesquelles ils ont lieu. Je veux une école qui accompagne, mais aussi une école qui exige et qui tire nos élèves et notre enseignement vers le haut”, conclut mardi la ministre.
L’enseignement francophone continue à fournir des performances fort moyennes par rapport aux autres pays développés, mais il se révèle toutefois moins inégalitaire que par le passé, ressort-il mardi de la dernière étude PISA.
Menée l’an dernier auprès de quelque 800.000 élèves de 91 pays, dont les 38 membres de l’OCDE, la vaste enquête met en lumière un nouveau recul à l’échelle mondiale des compétences des jeunes de 15 ans en lecture, en mathématiques et en sciences.
En Fédération Wallonie-Bruxelles, quelque 2.900 élèves issus d’une centaine d’écoles secondaires ont pris part à l’étude supervisée chez nous par des chercheurs de l’ULiège.
Baisse des performances en maths et lecture
Leurs performances en maths et lecture suivent cette tendance baissière globale, à l’exception notable des sciences où la FWB reste stable depuis 2006.
Seul élément réellement positif pour la FWB: son système scolaire, longtemps connu pour être l’un des plus inégalitaires au monde (c’est-à-dire jouant le moins son rôle d’ascenseur social), se révèle à présent moins déterministe qu’il y a trois ans. Il reste cependant toujours sous la moyenne des pays de l’OCDE.
D’après les chercheurs, les maigres résultats de la FWB peuvent s’expliquer par un contexte socio-économique et culturel plus défavorable que la moyenne internationale, avec notamment un pourcentage plus élevé d’enfants issus de l’immigration.
Ainsi, près de 22 % des élèves en FWB ne parlent pas principalement le français (leur langue de scolarité) à la maison. Un chiffre qui n’est que de 15 % en moyenne dans les autres pays de l’OCDE.
Autre évolution: même si le redoublement reste particulièrement important chez nous (35% des élèves sondés en FWB en 2025 avaient redoublé au moins une fois), la pratique a toutefois reculé ces 20 dernières années.
Et la Flandre?
Figurant jadis parmi les systèmes éducatifs les plus performants, la Flandre voit -à nouveau- ses résultats baisser dans la dernière étude PISA. Une situation qui ne manquera pas de susciter de vifs commentaires au nord du pays. Mais même en déclin, l’enseignement flamand reste cependant toujours plus performant que le francophone.
Lancé en 2000, le Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves, mieux connu sous son acronyme PISA, mesure tous les trois ans les performances des jeunes en lecture, en mathématiques et en sciences.
Il est devenu au fil des ans un outil central dans l’évaluation et la comparaison des différents systèmes éducatifs. Sa particularité: il vise à évaluer la capacité des élèves à mobiliser leurs connaissances plutôt restituer des savoirs isolés.
Selon l’OCDE, le déclin historique des performances des élèves mis en lumière dans cette dernière édition s’explique par une combinaison de facteurs: un niveau d’attention des élèves et de persévérance en baisse, un absentéisme en hausse, une pratique de la lecture (longue) en recul, etc.
Cette livraison 2025 de PISA, la 9e du genre, confirme enfin à nouveau les très bonnes prestations du Japon, de la Corée du Sud et de l’Estonie en matière de politique scolaire.