taraskuzio.com

Les Polysons reviennent avec plein de surprises à Huy dès ce mardi 18 août

Six jours de musique venue de tous les coins du monde, le festival Les Polysons offre une programmation diversifiée, tout en renouvelant l'utilisation des lieux. Ainsi, l'Espace Saint-Mengold accueillera seulement trois concerts cette année : l'exploration des racines musicales malgaches avec Belamba le 20 août ; la musique brésilienne contemporaine avec Bia Ferreira le 21 août et, enfin, une soirée groove le 22 août avec La Groovista & Guests. Le mardi 18 août, au Grand Temple tibétain, on retrouvera un dialogue entre cordes persanes et musique baroque. Le succès rencontré l'an passé par ce lieu insolite incitera les spectateurs à réserver au plus tôt.

Autre expérience devenue une tradition et un gros succès du festival, les concerts-promenades dans l'enceinte du fort de Huy offrent cette année trois propositions musicales acoustiques où se croiseront l'accordéoniste Tuur Florizoone avec la chanteuse Anu Junnonen, Paloma Del Rey et le duo Uma Ramakrishnan.

Pas de bougie cette année

De nouvelles dispositions d'ordre sécuritaire, canicule oblige, interdisent cette année l'utilisation de bougies pour créer l'ambiance intime des concerts. Les organisateurs assurent toutefois que le public sera surpris par la nouvelle ambiance créée cette année. Autre lieu fidèle du festival, le Val Mosan propose une croisière avec l'Ana Vaga Duoheures le samedi 22 août à 15 h. Un nouvel endroit magique à découvrir cette année : le Jardin du Gouverneur, proche du couvent des Frères Mineurs, pour un bain musical intime, le samedi.

Le couvent des Frères Mineurs aura cette année une programmation plus dense et tournée vers la fête. Avec Paola Di Bella le jeudi pour une performance "neoflok" sicilienne, entre tradition et modernité. Avec la musique soul le lendemain et Dyna, Lewis & The Soul Caravan, puis, le samedi, une plongée dans les rythmes de la Réunion avec le maître du balafon Aly Keita et une flopée d'invités, qui lanceront l'after party dès de 23 h. Retour matinal dans ce lieu splendide pour l'Ethno Wallonie-Bruxelles, rencontre initiée par les Jeunesses Musicales de jeunes musiciens, qui joueront le résultat de leur semaine de stage à l'Abbaye du Val Notre-Dame

"Et la place Verte ?", direz-vous. Elle restera le pôle festif du festival les jeudi, vendredi et samedi avec diverses animations : fanfare gnawa, les devenues traditionnelles "circlesongs", un moment de partage vocal avec l'atelier de chant slam mêlé aux sonorités d'instruments traditionnels, le "Happening Be Flat" du samedi soir. De quoi offrir au public un éventail d'activités et d'écoutes dans tous les lieux et chaque soir.

>>Les billets sont disponibles via le centre culturel ou le site internet du festival. Le prix des concerts varie entre 8 € et 22 €, certains sont gratuits. Avec la formule du pass, on peut choisir les concerts. La réservation se fait via le site. Il y aura toujours la possibilité de retirer des billets à l'entrée des différents concerts.


Paola Di Bella : explosive comme l'Etna !

Paola, parlez-nous de votre parcours.

Je viens de Sicile, d'Acireale. Je suis née et j'ai grandi là-bas, mais ça fait plus que 20 ans que j'habite à l'étranger. J'ai fait mes études à Londres, dans la danse, et puis je suis arrivée en Belgique.

Et comment est venue la chanson ?

Après toutes ces années à l'étranger, je me suis dit que mon premier projet de musique allait être une exploration de ma langue, du sicilien. Et pour cela, je vais créer mon "film", où je serai l'actrice principale, la Sofia Loren.

Comment cela se traduit-il dans vos chansons ?

Elles contiennent beaucoup d'émotions, de drames. Parfois, elles sont festives, elles racontent des histoires vraies. Elles parlent des fêtes qui se sont passées en Italie ou ailleurs. Elles racontent des histoires personnelles. Donc, c'est vraiment chaque chanson que j'ai un peu construite comme un film.

Vous chantez en sicilien.

Le sicilien est une langue qu'une minorité de personnes comprend. Du coup, le message passe autrement, via la performance. Jusqu'à présent, dans l'expérience que j'ai des concerts, il y a quelque chose de fort qui passe, bien que les textes ne soient pas forcément compréhensibles.

Parlez-nous de votre groupe.

Pour le projet, j'ai décidé de collaborer avec un groupe hybride, miroir de mon parcours dans le monde en tant qu'immigrante. Il y a Adrien Pearson à la batterie (belge). Il y a Jean-Noël Boisset, violoncelliste français, Michele Piccione, musicien sicilien, c'est lui qui injecte le côté sicilien.

Vous définissez le projet d'ethnofuturisme.

J'aimais ces mots, "Sicile Futurisme", parce que c'est une manière de raconter une expérience internationale, avec mes modalités de communication plutôt que de m'adapter à chaque fois : parler anglais et français, via les codes comportementaux. En fait, être migrante consiste à devoir s'adapter à comment les gens se comportent ici ou là. Et moi, j'ai beaucoup appris de ça. Mais parfois, ça m'a aussi beaucoup blessée. Alors je me suis demandée quand j'allais pouvoir être moi-même ? Et donc, "Etna", c'est full moi-même. C'est à la fois le symbole "Etna" d'un site extraordinaire en Sicile, mais c'est aussi mon côté explosif.

FESTIVAL
Paola Di Bella sera à Huy avec les Polysons. ©EDA

Dyna, Lewis & the Soul Caravan

Le trompettiste Antoine Dawans est un habitué de la scène estivale hutoise. On l'a déjà vu à Saint-Mengold avec EKKO Trio et Nena. Il revient cette année avec Dyna, Lewis and The Soul Caravan, onze musiciens qui baignent dans l'esprit soul et qui présenteront leur premier album Coming Around.

C'est sous l'impulsion d'Olivier Battesti – Mamemo – qu'est né Dyna, Lewis & The Soul Caravan, après le Covid. "Olivier avait vu mon travail d'arrangeur avec SuperSka et il m'a contacté. Après cette longue période d'isolement, on avait besoin de revivre des émotions fortes, de ressortir dans la rue, de se rassembler", dit Antoine Dawans.

Pour ce projet né dans les rues d'Ixelles, il fallait choisir des artistes solaires qui allaient donner du sens à la musique live. "Même lors de l'enregistrement en studio, c'était du live. Et l'effet boule de neige se poursuit quand on est sur scène."

La musique du groupe est un vrai travail d'équipe. "Les compositions, les textes, se partagent entre Iilya Patev, Cédric Heyrault, Mohamed Dziri, Quentin Nguyen et moi-même, explique le trompettiste. Deux personnes extérieures au groupe font aussi partie du noyau artistique." Si la majorité des titres sont des originaux, il y a aussi une reprise d'Aretha Franklin. "C'est une chanson peu connue, "Freedom is just beyond the Door", qui parle de la difficulté d'être une femme dans les années 60. On voulait une reprise qui ait du sens."

Dyna, Lewis & The Soul Caravan, c'est de la musique à vivre en direct, qui dégage du plaisir, fait vibrer les corps et donne de la joie, en plongeant dans les racines de la soul, du jazz – on y entend d'excellents solistes. On peut imaginer que dans la cour du couvent des Frères Mineurs, le public se mettra à danser !

FESTIVAL
Dyna, Lewis & The Soul Caravan: la chaleur de la musique soul. ©EDA

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.