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Les personnes qui se sentent épuisées après de longues conversations ont souvent ce point commun, selon un expert - Psychologies.com

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© CR Rezo Films

Pourquoi certaines personnes sont particulièrement épuisées après de longues conversations ? Une psychothérapeute nous explique ce que cela cache.

Vous rentrez souvent chez vous après une soirée avec une sensation d’épuisement profond, comme lessivé par les conversations ? C’est une manifestation de ce que l’on appelle, en psychologie, l’épuisement émotionnel. Certains schémas se répètent et transforment ainsi les échanges sociaux en sources de fatigue émotionnelle et même physique.

Nous replongeons dans notre propres émotions

Lorsque nous sommes en grande conversation avec une personne qui nous confie une situation et une émotion qui lui est propre, nous pensons proposer une écoute active afin de lui fournir notre avis ou nos conseils. Cependant, les neurosciences nous enseignent que notre cerveau raffole des associations. Notre mémoire ne stocke pas les informations de manière isolée. Elle les organise sous forme d’un “réseau interconnecté”.

"Notre cerveau est conçu pour établir des liens. Toute nouvelle information se connecte naturellement à nos expériences passées, ce qui nous aide à donner du sens au monde grâce à nos souvenirs et à leur signification", explique la psychologue Leah Malone. Chaque échange social nous ramène ainsi à des expériences vécues et des souvenirs émotionnellement heureux ou douloureux. "Ce mécanisme, appelé mémoire associative , nous permet d’interpréter rapidement les informations et de leur donner du sens", indique l’experte. Cependant, cette association d’idées et l’activation de notre mémoire créent en nous une implication très forte qui est source d’épuisement. Nous allons, sans le vouloir, créer une projection et nous pouvons en ressortir émotionnellement chamboulés.

La métaphore de l’éponge émotionnelle 

Les psychologues utilisent souvent l’image de l'éponge émotionnelle pour expliquer l'épuisement émotionnel. Imaginez une éponge. Au début de la journée, elle est sèche et légère. Au fil des heures, elle absorbe les contrariétés, les conflits, les inquiétudes, les sollicitations et parfois même les émotions des autres. Tant qu'elle a de la capacité, tout semble aller bien. Mais vient un moment où elle est saturée : la moindre goutte supplémentaire la fait déborder.

L'épuisement émotionnel n'est pas toujours provoqué par un événement spectaculaire. Il résulte souvent d'une accumulation d’émotions rencontrées et absorbées. Chaque expérience ajoute quelques gouttes à l'éponge. Individuellement, elles paraissent insignifiantes. Ensemble, elles finissent par saturer nos ressources psychiques. Cette image rappelle qu'une éponge ne peut pas absorber indéfiniment. Elle doit être essorée pour retrouver sa capacité d'absorption. Lorsque l’on rentre épuisé après un dîner avec des amis, allant même jusqu’à ressentir des symptômes physiques, on est probablement dans cette situation de trop-plein. A ce moment-là, il est essentiel de permettre à son système émotionnel de récupérer.

L’importance de trouver la bonne distance

Ainsi, lorsque s’enclenche cette mémoire associative, certaines personnes s’investissent démesurément, habitées par l’idée d’aider l’autre à résoudre une situation qu’elles n’ont parfois elles-mêmes pas pu résoudre, ou qui les a fait souffrir. Les émotions sont activées et ce que l’on prend pour un excès d’empathie devient en réalité un manque de recul. On retrouve ce mécanisme chez les personnalités qui souffrent du syndrome du sauveur, qui vont chercher à offrir leur soutien même si cela se fait au détriment de leurs propres besoins émotionnels.

Pour se protéger de cela, l’experte nous enseigne l’importance de la prise de recul. Pour éviter cette charge émotionnelle épuisante, il est nécéssaire de faire la différence entre soutenir et résoudre. "La validation émotionnelle crée un espace. Elle ne nous demande pas de faire taire nos pensées. Elle nous invite à les reconnaître, à les mettre momentanément de côté et à rester présents face au message et aux émotions que l’autre exprime," écrit-elle. Or, “soutenir quelqu’un ne signifie pas devenir un personnage de son histoire”, ajoute la psy. C’est là ce qui fait toute la différence.

Source : 

La psychothérapeute Leah Marone, pour Psychology Today