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Initiative sur la neutralité : les partisans lancent leur campagne

La neutralité perpétuelle et armée a fait ses preuves et devrait être inscrite dans la Constitution. Les auteurs de l'initiative sur la neutralité ont donné mardi le coup d'envoi d'une campagne référendaire qui durera près de huit semaines.

Le conseiller national Walter Wobmann (UDC/SO) a lancé devant les médias à Berne la campagne en faveur de l'initiative populaire "Sauvegarder la neutralité suisse". En tant que président du comité d’Egerkingen, il a remporté pas moins de deux initiatives populaires : l’interdiction des minarets (2009) et l’initiative populaire "Oui à l’interdiction du voile intégral" (2021)-

Le Soleurois souhaite conserver cette "aura d’invincibilité" le 27 septembre, quand le peuple et les cantons se prononceront sur l’initiative sur la neutralité. L’UDC est le seul grand parti à soutenir le texte.

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Lancement officiel de la campagne sur l'initiative pour la neutralité

Lancement officiel de la campagne sur l'initiative pour la neutralité / 12h45 / 1 min. / aujourd'hui à 12:45

Plusieurs sondages montrent que le projet devrait avoir du mal à s’imposer. Le comité en faveur de l’initiative s’est néanmoins montré confiant. Il existerait également des sympathies pour le texte au sein de la gauche. "Il ne s’agit pas de politique partisane, mais de l’avenir de la Suisse", estime Walter Wobmann.

"Une question de principe"

L’initiative vise à inscrire dans la Constitution que la neutralité de la Suisse doit être "perpétuelle et armée". Elle prévoit une interdiction quasi totale des sanctions. Les sanctions économiques ne seraient autorisées que si elles sont décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Mais la votation va bien au-delà d’un simple article constitutionnel, a souligné Walter Wobmann. "C’est une question de principe concernant la place que la Suisse doit occuper dans un monde incertain". La neutralité caractérise la Suisse depuis des générations. Ce sont 130'000 citoyennes et citoyens, signataires de l’initiative, qui souhaitent consolider ce "principe fondamental de l’Etat".

Le Conseil fédéral et le Parlement rejettent l’initiative et n’ont pas souhaité y opposer de contre-projet. La notion de neutralité doit rester flexible, font valoir les opposants. A quoi Walter Wobmann rétorque: "La neutralité ne doit pas être réinterprétée par des majorités politiques fortuites". Selon lui, les autorités fédérales veulent abolir la neutralité et cherchent à se rapprocher de l’OTAN.

Renforcer le rôle de médiateur

Face aux tensions croissantes entre les grandes puissances, seule une neutralité crédible garantit la liberté, la sécurité et l’indépendance, a fait remarquer Stephan Rietiker, président de Pro Suisse. "La neutralité a valu à la Suisse le respect à l’étranger et a empêché tout rapprochement avec les blocs de pouvoir". La neutralité armée est synonyme de préparation à la défense et de tradition humanitaire.

De plus, la neutralité renforce la cohésion interne de la Suisse, nation fondée sur la volonté de ses citoyens. "L’attractivité du pays, la place financière et les relations commerciales ouvertes reposent également sur ce principe". La neutralité a récemment été fortement ébranlée, a déclaré Stephan Rietiker. Elle doit à nouveau être mise en œuvre de manière claire et cohérente.

En tant que petite puissance militaire, la Suisse doit ouvrir le dialogue et parler avec toutes les parties, a déclaré Samuel Sommaruga, membre de Pro Suisse. En tant que Genevois, il tient à la force de la Genève internationale. Si la Suisse ne se comporte pas de manière neutre, comme dans le cas de la guerre en Ukraine, cela nuit à sa crédibilité en tant que médiatrice.

Blocher critique le Conseil fédéral

La neutralité n’est pas une façon de détourner le regard ni un signe d’indifférence, a déclaré la conseillère nationale Monika Rüegger (UDC/OW). "Elle est comme un rocher dans les Alpes: solide, fiable, inébranlable et non négociable". Les responsables politiques ne doivent pas interpréter la neutralité à leur guise ni la sacrifier sous la pression étrangère.

L’ex-conseiller fédéral UDC Christoph Blocher, qui a marqué l’initiative comme peu d’autres, a souligné le rôle important de la neutralité dans l’histoire suisse. Pour les petits Etats, elle est déterminante pour prévenir les agressions: "Un ennemi potentiel doit hésiter à envahir un pays neutre".

Une neutralité pragmatique et flexible, telle que la pratique aujourd’hui le Conseil fédéral, est en revanche dangereuse, selon Christoph Blocher. La Suisse figure désormais sur la liste noire de la Russie en tant qu’"Etat belligérant". En même temps, Christoph Blocher a souligné que le principe de neutralité rester applicable même en cas de "non" à l'initiative.

ats/fgn