Les jeunes et la Bourse, la nouvelle idylle
Une mode qui se répand chez les jeunes, le "boursicotage". Faut-il y voir la preuve que les jeunes ont perdu confiance dans notre modèle social, convaincus qu'ils n'auront que quelques miettes à la retraite?
Publié le mardi 14 juillet 2026 à 07:43
Ou serait-ce la conséquence d'un pouvoir d'achat contraint ou une sorte de fascination pour l'argent facile et vite gagné ou encore la dernière étape d'une américanisation des esprits et des modes de vie ?
Peut-être un peu de tout ça à la fois… Ce qui est clair, c'est que les jeunes de 2026 sont beaucoup plus à l'aise avec la Bourse et les marchés financiers que leurs parents. 43% des 18 à 34 ans ont déjà acheté des actions d'après une étude publiée hier par la nouvelle bourse française dédiée aux PME.
Cette enquête révèle aussi un paradoxe inattendu : plus on avance en âge, plus en moyenne son patrimoine est élevé et moins on investit en bourse. 26% seulement des 50 à 64 ans boursicotent, préférant de loin la sécurité du livret A, de l'assurance vie et surtout de l'immobilier. Des résultats qui confirment une autre étude publiée fin 2025 par la très sérieuse AMF, l'Autorité des marchés financiers, qui souligne que 6 Français sur 10 affirment se tenir informés de l'évolution de la Bourse. Et 17% très régulièrement.
Et d’où vient cet engouement ?
L'essor du numérique facilite évidemment la pratique. Il suffit d'une appli sur son smartphone et en quelques clics on peut acheter et vendre. C'est le résultat aussi d'une forme de "gamification" de la société – pardonnez-moi pour l'anglicisme : tout est jeu, tout est pari.
Les jeunes achètent des actions, des crypto-devises mais aussi des cartes Pokémon ou des baskets de collections dans l'espoir d'un gain rapide au moment de la revente. C'est simple, c'est facile, mais c'est aussi risqué.
Et il y a beaucoup d'arnaques ?
Elles pullulent sur les réseaux sociaux. Émanant notamment d'influenceurs financiers. Comme partout il y a le meilleur mais aussi le pire. Or si la pratique boursière s'est répandue, en moyenne, les connaissances des Français sur le fonctionnement des marchés financiers restent insuffisantes. Beaucoup sont bernés par des promesses de rendements très – trop ! – alléchantes. Toujours d'après la dernière enquête de l'AMF, 16% des Français disent avoir été victimes d'escroquerie aux placements financiers en 2025 : ça a doublé en trois ans. Et dans près d'un tiers des cas, ce sont des jeunes qui sont floués.
Alors cela ne fait pas de mal de le répéter : Oui sur le long terme, les placements boursiers sont souvent rentables, mais non, on ne devient pas millionnaire sur une plateforme de "trading" en trois clics.