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Brésil : chute historique des incendies en Amazonie, un soulagement pour Lula

Publié21. juillet 2026, 13:54

BrésilLes incendies en Amazonie sont à leur plus bas niveau historique

La plus grande forêt tropicale mondiale avait connu une situation critique en 2024, avec 15,8 millions d’hectares brûlés. Mais, l'an dernier, la situation s'est inversée.

Agence France-Presse

En 2025, l'Amazonie brésilienne a enregistré 3,1 millions d'hectares touchés par les flammes.

En 2025, l'Amazonie brésilienne a enregistré 3,1 millions d'hectares touchés par les flammes.AFP

Les incendies en Amazonie brésilienne sont tombés en 2025 à leur plus bas niveau historique, après avoir atteint leur sommet l’année précédente, selon des données rendues publiques mardi par le réseau de surveillance environnementale MapBiomas. Ce résultat inédit depuis le début des relevés en 1985 est une bonne nouvelle pour le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, à moins de trois mois d’un scrutin lors duquel il briguera sa réélection.

La plus grande forêt tropicale du monde avait connu une situation critique en 2024, avec 15,8 millions d’hectares brûlés. Une sécheresse historique avait favorisé la propagation des incendies, dans leur immense majorité déclenchés par des activités humaines. Le rapport annuel de MapBiomas, basé sur l’exploitation d’images satellites, montre que la situation s’est inversée l’année dernière: l’Amazonie a enregistré 3,1 millions d’hectares touchés par les flammes.

La surface brûlée a aussi chuté dans le reste du pays

Au niveau du Brésil tout entier, le bilan est positif aussi, puisque la surface brûlée a atteint en 2025 son plus bas niveau depuis 2018 (12,7 millions d’hectares). Or, la préservation de l’Amazonie est essentielle dans la lutte contre le réchauffement climatique, la végétation absorbant les gaz à effet de serre responsables du réchauffement de la planète.

La chute du nombre d’incendies en Amazonie a été «hors norme» l’an dernier, a déclaré à la presse la géographe Ane Alencar, coordinatrice du rapport de MapBiomas, réseau qui rassemble des universités, des ONG et des entreprises technologiques. Selon l’experte, un décalage de la saison des pluies entre 2024 et 2025 a empêché que ne se crée l’an dernier une «fenêtre idéale pour les incendies dans certains endroits» où le feu est utilisé pour nettoyer des terres agricoles.

En 2022, sous Jair Bolsonaro, l'Amazonie brésilienne a connu un des pires mois d'août de son histoire en termes de feux de forêt.

Réduction de la déforestation sous Lula

Aux brûlis de pâturages non autorisés ou mal contrôlés s’ajoutent d’autres pratiques illicites, comme l’usage du feu pour déboiser des zones d’exploitation minière illégale. Mais la baisse drastique des incendies en 2025 est liée aussi à une réduction de la déforestation, continue depuis le retour de Lula au pouvoir en 2023. Les zones déboisées offrent un terrain propice à la propagation des feux.

Ce recul s’explique aussi par un «facteur psychologique» dans les communautés affectées par les incendies incontrôlés de 2024 qui, par crainte d’une situation similaire, «a contribué au contrôle du feu». La baisse des incendies au Brésil «ramène le pays à un niveau historiquement bas de surface brûlée», souligne le rapport.

Dans le centre du pays, le Cerrado, deuxième plus grand écosystème brésilien après l’Amazonie et savane la plus riche en biodiversité au monde, a toutefois continué de brûler à des niveaux similaires à ceux de 2024.

Dans le centre du pays, le Cerrado, deuxième plus grand écosystème brésilien après l’Amazonie et savane la plus riche en biodiversité au monde, a toutefois continué de brûler à des niveaux similaires à ceux de 2024.imago images/NurPhoto

Cependant, dans le centre du pays, le Cerrado, deuxième plus grand écosystème brésilien après l’Amazonie et savane la plus riche en biodiversité au monde, «a continué de brûler» à des niveaux similaires à ceux de 2024, a souligné Ane Alencar.

Le «super El Niño» inquiète les experts

L’experte a également prévenu qu’«il faut s’inquiéter» de la possible arrivée d’un «super El Niño» cette année, ce phénomène climatique naturel pouvant entraîner «une prolongation de la saison sèche et une plus grande probabilité d’incendies de forêt».

Au premier semestre 2026, la déforestation en Amazonie brésilienne a atteint son plus bas niveau en une décennie, selon des chiffres officiels. Lula, qui a promis d’éradiquer la déforestation illégale d’ici à 2030, tient à afficher un bon bilan environnemental avant de briguer en octobre un quatrième mandat non consécutif. Il est toutefois vivement critiqué pour son soutien à un vaste projet d’exploration pétrolière au large de l’Amazonie.

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