Les gestes de racisme allégués au PDQ 39 sont «une trahison de…
Ce qui s’est passé au poste de quartier 39 à Montréal-Nord est « une trahison de l’uniforme », a déclaré Fady Dagher, le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), en entrevue avec Le Devoir mercredi.
Le chef a accordé des entrevues à divers médias au lendemain de la séance de la Commission de la sécurité publique de la Ville de Montréal, lors de laquelle M. Dagher a répondu aux questions des citoyens pendant trois heures.
La séance publique avait été organisée en lien avec les graves allégations de comportements racistes au poste de quartier 39 (PDQ 39) de Montréal-Nord, révélées en juin dernier. Il est venu aux oreilles du chef Dagher que certains policiers auraient notamment collectionné des mèches de cheveux de personnes qu’ils appréhendaient, à la manière d’un « scalp ».
« Des gestes purement racistes », dit le chef, ajoutant avoir été heurté que « des policiers aient pensé à faire ça » en 2026.
« C’est un peu le même commentaire que j’ai eu des policiers quand j’ai fait ma tournée [estivale] : ils se sont sentis trahis, ils ont honte… C’est une trahison à l’uniforme. »
Des mesures dès l’automne
Le chef n’a pas été surpris des réactions des citoyens lors de l’assemblée publique. Plusieurs étaient exaspérés, lui signalant que les problèmes de racisme au PDQ 39 ne datent pas d’hier.
« Parfois, on a l’impression que ça ne bouge pas », conçoit le chef du SPVM. Mais il assure les citoyens que lors des deux derniers mois, il a passé beaucoup de temps à rencontrer les citoyens de Montréal-Nord, qui l’ont remercié. Certains ont dit : « Ça nous rassure de voir que des gestes ont été posés par vos policiers qui ont dénoncé les choses », rapporte-t-il. Car ce sont des agents du PDQ 39 qui ont signalé à la direction les actions des policiers qui sont désormais sous enquête par plusieurs instances.
Le chef croit aussi que les décisions « sans précédent » prises par la direction suivant les dénonciations des policiers du PDQ 39, soit le démantèlement de l’unité, la suspension de trois policiers et la réaffectation des 13 autres, sont de nature à rassurer la population que de tels actes racistes sont jugés inacceptables par le SPVM.
Il a réitéré mercredi être en train de formuler, avec une série d’organismes de la communauté, une série de mesures pour améliorer les choses. Celles-ci seront présentées cet automne, a-t-il assuré.