Les Européens renforcent leur soutien à Kiev
Emmanuel Macron a réuni lundi les 37 pays de la « coalition des volontaires » à Paris pour accentuer le soutien militaire à l'Ukraine, notamment dans la défense antiaérienne, et afficher le « réveil stratégique » de l'Europe, au grand dam de Moscou qui dénonce une « coalition va-t-en guerre ».
Une vingtaine de chefs d'État et de gouvernement, dont les premiers ministres britannique Keir Starmer et polonais Donald Tusk ainsi que le chancelier allemand Friedrich Merz, sont arrivés peu avant 17 h (heure locale) à l'Hôtel des Invalides, bâtiment militaire historique qui abrite le tombeau de Napoléon.
Les autres pays étaient représentés au niveau ministériel ou par leur ambassadeur. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky était également présent, de même que les deux têtes de l'exécutif européen, Antonio Costa et Ursula von der Leyen, ainsi que le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte.
Cette coalition, initiée par la France et le Royaume-Uni et composée essentiellement d'Européens, s'est engagée à soutenir militairement l'Ukraine, y compris par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un cessez-le-feu conclu, afin de dissuader la Russie de toute nouvelle offensive.

Le président du Conseil européen Antonio Costa, le chancelier allemand Friedrich Merz, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président français Emmanuel Macron, le premier ministre britannique Keir Starmer, le Ppremier ministre polonais Donald Tusk et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen participent au sommet de la Coalition des volontaires à Paris, le 13 juillet 2026.
Photo : Getty Images / TERESA SUAREZ / AFP
Juste avant le sommet, neuf pays européens, associés à l'Ukraine, ont instauré une coalition pour développer ensemble des capacités antibalistiques, à la fois pour aider Kiev à se défendre face aux frappes massives de missiles russes et pour améliorer la sécurité du continent tout entier.
Cette action n'est orientée contre aucun peuple, mais en défense du nôtre, ont souligné les dirigeants du Danemark, de la France, l'Allemagne, l'Italie, la Norvège, l'Espagne, la Suède, l'Ukraine, des Pays-Bas et du Royaume-Uni dans une déclaration commune.
Créer un bouclier puissant sur l'Europe tout entière est une manière de compléter notre défense, a réagi sur X le président ukrainien, en soulignant que cette coalition le permettrait plus rapidement et à moindre coût.
Par ailleurs, Londres et Bruxelles se sont mis d'accord pour que la Grande-Bretagne participe au prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine accordé par l'Union européenne, ce qui permettra à l'industrie britannique de défense de fournir davantage d'armes à Kiev.
Cet accord contribuera à garantir que l'Ukraine obtienne le soutien dont elle a besoin pour se défendre contre l'agression russe, tout en soutenant les entreprises de défense britanniques, en préservant des emplois qualifiés et en renforçant notre sécurité nationale, a déclaré le premier ministre britannique, Keir Starmer, dans un communiqué.
Bruxelles et Londres ont indiqué que le Royaume-Uni fournirait une contribution juste et proportionnée aux coûts générés par ce prêt, en rapport avec la valeur des contrats accordés aux entreprises britanniques.
L'UE et la Grande-Bretagne tentent de relancer leurs relations, dix ans après le référendum ayant abouti au Brexit.
L'Union européenne a commencé le mois dernier à verser les premières tranches de ce prêt sur deux ans. Il est composé de 60 milliards d'aide militaire et 30 milliards destinés au budget de l'État ukrainien.

Des militaires ukrainiens se préparent à lancer un drone vers le territoire russe, le 26 juin dernier.
Photo : Reuters / Stringer
Au prix du sang
Avant de retrouver ses pairs lundi, le président français a vanté le réveil stratégique des Européens et leur détermination à se défendre, un message en direction de la Russie, mais aussi de l'allié américain.
L'Europe est en train de devenir une puissance, s'est félicité le chef de l'État, qui quittera l'Élysée l'an prochain et n'a cessé de porter cette ambition depuis 2017.
Oui, la paix est notre but, oui, nous chérissons la liberté et le droit. Et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre toujours et au prix du sang s'il le faut, a martelé Emmanuel Macron lors de son traditionnel et dernier discours aux armées à la veille de la fête nationale du 14 juillet, tout en réaffirmant une ligne claire de non-belligérance.
Il s'agit d'une coalition d'illuminés et de va-t-en-guerre [...] qui se bercent d'une profonde illusion quant à la possibilité d'infliger une défaite stratégique à notre pays, a répliqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Outre le soutien militaire à l'Ukraine, la réunion de la coalition des volontaires vise aussi à augmenter la pression sur la Russie, y compris sur sa flotte fantôme de pétroliers, pour la priver des ressources qui financent son effort de guerre.
Cette réunion vise à montrer que l'engagement de tous les pays reste constant, a aussi relevé le commandant suprême des forces armées suédoises, le général Michael Claesson, à quelques journalistes, dont l'AFP.
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Exercices
La Force multinationale pour l'Ukraine, appelée à être déployée sur place une fois que les armes se seront tues, va commencer des exercices pour démontrer sa crédibilité, a précisé le Palais de l'Élysée. Le premier devrait se dérouler à l'automne, selon des sources concordantes.
Emmanuel Macron a par ailleurs appelé à poursuivre les projets industriels européens en matière de défense et à ne pas céder à l'absurdité du nationalisme après l'échec du projet d'avion de combat franco-allemand SCAF, qu'il a profondément regretté.
La réunion de la coalition doit amplifier un moment très fort de reconvergence et d'unité transatlantiques, mais aussi de dynamiques plus favorables sur le terrain pour l'Ukraine, a également souligné l'Élysée.
Le président Donald Trump, longtemps plus à l'écoute de son homologue russe Vladimir Poutine que de Volodymyr Zelensky, se montre désormais plus enclin à soutenir l'Ukraine.
L'Ukraine a aussi changé la donne avec des frappes quasi quotidiennes sur les raffineries et les dépôts de pétrole de la Russie qui désorganisent ses approvisionnements et génèrent de sévères pénuries de carburant. Elle opère également de multiples frappes en Crimée.
L'armée russe piétine de son côté dans le Donbass (est de l'Ukraine), et perd plus de 1000 hommes, morts ou blessés, par jour selon des évaluations occidentales.
L'UE vole aussi au secours de la Moldavie
L'Union européenne a également annoncé lundi avoir accordé 120 millions d'euros à la Moldavie pour renforcer ses capacités de défense aérienne, face aux menaces de drones en raison de la guerre en Ukraine.
Un drone s'est écrasé avant d'exploser début juin dans l'est de la Moldavie, dernier incident en date dans ce pays proche géographiquement de l'Ukraine.
L'espace aérien moldave a été violé des dizaines de fois depuis l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022.
La Roumanie, proche de la Moldavie, a également été frappée à plusieurs reprises par la chute de drones sur son territoire.