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Les Espagnols se montrent inquiets avant d'affronter les Bleus en demi-finale de Coupe du monde : « La France, on la craint »

Qui les Espagnols vont-ils mettre à la retraite cette fois-ci ? La question ne sera pas abordée dans les prochains jours dans les bureaux de Marca. Le quotidien madrilène avait déjà refusé de la poser en Une, lors du dernier Euro, quand l'élimination de l'Allemagne par la Roja avait mis un terme à la carrière de Toni Kroos.

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La Une polémique précédant le France-Espagne de 2006 est un souvenir que le journal ne souhaite pas raviver. Son rédacteur en chef José Maria Rodriguez admet qu'elle a été « mal comprise ». « On avait trop d'affection pour Zidane pour lui souhaiter du mal. La vérité, c'est qu'on aurait aimé que Zidane ne prenne jamais sa retraite », explique le journaliste.

Les Bleus sont bien considérés comme les favoris

Le France-Espagne à venir (mardi à 21h), Rodriguez le qualifie simplement de « clasico ». « C'est une rivalité entre voisins, mais sans connotations négatives, précise-t-il. Ça aurait été différent face à l'Italie, à qui on a souvent été opposé dans beaucoup de sports, ou avec l'Argentine, pour ce que représente Messi pour les Madrilènes et pour leurs supporters. Avec la France, on partage beaucoup d'idées de foot, et Zidane a beaucoup fait pour resserrer nos liens. »

Le calme était revenu, samedi après-midi, dans la salle de rédaction de Marca qu'on imaginait bien plus agitée la veille au soir au moment de voir la « Seleccion » se qualifier pour la deuxième demi-finale mondiale de son histoire. « Pour nous, les plus âgés, on a l'impression de marcher sur la lune, donc on en profite, poursuit le rédacteur en chef. Mais on se projette évidemment déjà sur la France. » Et les Bleus, même battus par la Roja lors de leurs deux derniers affrontements (1-2 à l'Euro 2024 et 4-5 en demi-finales de Ligue des nations en 2025), seront bien les favoris, pour les Espagnols que l'on a interrogés samedi.

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Les couleurs de l'Espagne vont fleurir dans les prochains jours. (M. Rosca/L'Équipe)

Les couleurs de l'Espagne vont fleurir dans les prochains jours. (M. Rosca/L'Équipe)

« La France, on la craint, reconnaît le rédacteur en chef de Marca. On considère ici que les Français et les Argentins ont plus de qualités que nous. Cette Espagne n'est plus la même qu'il y a deux ans : elle n'est plus aussi forte sur les ailes, elle joue plus dans l'axe. Et en face, il y a Mbappé, Olise, les attaquants du PSG... »

« Jouer la France, ce n'est clairement pas une bonne nouvelle », souffle de son côté Rafa. Employé dans les télécoms, le quarantenaire est venu faire une photo avec sa famille devant un ballon géant situé à deux rues de la Puerta del Sol, l'une des places les plus fréquentées de Madrid. « Le jour du match sera votre Fête nationale, non ?, relance-t-il. Raison de plus pour avoir peur. »

« En 2010, on venait tous à la rédaction en rouge. Ce samedi, il n'y en a qu'un qui s'est pointé en maillot »

José Maria Rodriguez, rédacteur en chef de Marca

À 63 ans, Carlos a passé l'âge de douter : « Ce sera un gros match, et le favori, ce sera l'Espagne, parce qu'on le mérite. » Patron d'un bar sportif où s'affichent sur les murs et les plafonds des maillots et des écharpes d'à peu près tous les pays, le tenancier admet posséder un avis qui tranche avec la majorité de ses clients. « Les gens voient la France au-dessus pour sa qualité, et l'Argentine parce qu'elle est avantagée par les arbitres. » Mais son bar fera bien le plein. « Contre la Belgique, on était plus de cent !, se réjouit-il. On aurait pu en accueillir le triple. »

De l'avis de José Maria Rodriguez, la Coupe du monde n'a pourtant pas réellement décollé de l'autre côté des Pyrénées. « Vous voyez beaucoup moins de drapeaux aux fenêtres qu'en 2010 », souligne-t-il. Quoi qu'il arrive, le journal prévu en cas de victoire finale n'atteindra pas les plus de 100 pages de celui du lendemain du sacre mondial d'Iker Casillas et sa bande. « En 2010, on venait tous à la rédaction en rouge, reprend-il. Ce samedi, il n'y en a qu'un qui s'est pointé en maillot. Mais je suppose que mardi, ce sera différent. » Ce sera quand même un France-Espagne.