Les distributeurs du réseau Batopin améliorent leur accessibilité pour les personnes malvoyantes : La société a collaboré avec la Ligue Braille
Retirer de l'argent à un distributeur automatique, pour beaucoup, c'est une opération banale. Pour une personne aveugle ou malvoyante, cela peut rapidement s'apparenter au parcours du combattant. Ce constat avait notamment été mis en lumière dans le cadre d'une enquête menée par la Ligue Braille, selon laquelle neuf personnes aveugles ou malvoyantes sur dix interrogées rencontraient des difficultés avec ces appareils. Batopin, qui gère le réseau CASH, a donc travaillé avec la Ligue Braille et des utilisateurs concernés afin d'améliorer son système de guidage vocal.
Le nouveau dispositif a été déployé sur l'ensemble des distributeurs CASH. Il fournit davantage d'informations sur le fonctionnement de l'appareil et le déroulement de la transaction. Il précise notamment où se trouvent le lecteur de carte, le clavier, le compartiment où sont délivrés les billets ou encore l'imprimante. Des indications sont également données sur la manière d'insérer une carte et sur la façon d'interrompre une opération.
"Batopin a sollicité notre expertise en matière de déficit visuel quant à l'utilisation de ces appareils", explique Sylvie Degrelle, conseillère en communication à la Ligue Braille. Car si l'accessibilité des distributeurs était déjà prévue, Batopin souhaitait aller plus loin. "L'aménagement est audio, avec la possibilité de brancher un casque pour obtenir des explications indispensables quand on ne peut pas voir l'écran." Les appareils disposent également de repères tactiles, notamment sur les touches, afin de permettre aux utilisateurs de conserver leur autonomie.

Une opération en toute autonomie
Pour Khadija Tamditi, malvoyante chargée de plaidoyer pour la Ligue Braille, l'expérience est positive. Ce jeudi matin, elle a pu récupérer son argent sans difficilté. "On salue les avancées en matière d'accessibilité qui permettent d'effectuer l'opération en toute autonomie", témoigne-t-elle. "Il est par exemple désormais possible de savoir quels sont les billets disponibles dans la machine. Surtout, lorsque l'on est coutumier du retrait d'argent, il n'est pas forcément nécessaire de tout écouter. Désormais, on peut passer les explications, ce qui permet un gain de temps appréciable, plus encore lorsqu'il y a du monde derrière nous", souligne Khadija Tamditi.
Bonne nouvelle à Mons : La ville obtient un accord de principe pour l'installation de deux distributeurs Batopin, l'un à Jemappes, l'autre en villeChez Batopin, on insiste sur une démarche d'amélioration continue. "Depuis le début, nos distributeurs sont équipés pour les personnes malvoyantes, mais il y avait besoin d'améliorations", indique Eric Lenoir, porte-parole de l'entreprise. Les retours des utilisateurs ont notamment permis de mieux prendre en compte le fait que les différents modèles de distributeurs ne sont pas toujours configurés de la même manière.
"Nous avons apporté des explications complémentaires sur la localisation des différents outils techniques par il est possible que les billets sortent tantôt via un compartiment situé à droite, tantôt à gauche", détaille-t-il. Des précisions ont également été ajoutées concernant l'insertion de la carte. Les utilisateurs concernés saluent donc ces avancées.
Le paiement par carte bancaire, une difficulté quotidienne
Pour Khadija Tamditi, il reste toutefois du chemin à parcourir en matière d'accessibilité, notamment lors des paiements. "Les outils tactiles sont partout et c'est un vrai problème pour nous", estime-t-elle. Un constat également dressé par la Ligue Braille. "Dans notre enquête, nous avons appris que pour les bornes de paiement, seules 3 % des personnes interrogées arrivent encore à taper leur code, grâce à un résidu de vision si elles en disposent", explique Sylvie Degrelle. "La majorité des répondants expliquaient être contraints de communiquer leur code au commerçant ou à un autre client ou abandonnaient leurs achats, faute de paiement possible. Ce n'est ni tolérable, ni entendable pour nous."
Le cash résiste en Belgique : pourquoi les billets restent une valeur refugeLe chemin reste donc long mais du côté de Batopin, les améliorations offrent désormais une expérience bancaire facilitée. Rappelons que le réseau CASH compte actuellement 900 points opérationnels. Batopin prévoit d'en compter 1.065 d'ici la fin de l'année 2026 et entend poursuivre les échanges avec les personnes aveugles et malvoyantes pour faire évoluer l'accessibilité de ses distributeurs.