Les débuts de Van Bommel, l’exemple espagnol, les Red Flames, l’aspect communautaire : Vincent Mannaert prône l'unité et la stabilité - RTBF Actus
"Ne vous attendez pas tout de suite à une révolution. Laissez-moi encore quelques semaines pour faire l’état des lieux et on reparle fin d’année", prévient d’emblée Vincent Mannaert, conscient que sa nouvelle fonction de CEO, le chef au quotidien de l’opérationnel de la Fédération, réclame un minimum de diplomatie. Il sera aussi, paradoxalement vu son ancien rôle de directeur sportif, moins en première ligne sur la gestion sportive qu’il laissera principalement à Pierre Locht (nouveau directeur sportif) et Simon Mignolet (directeur technique).
Mais il aura toujours un avis. Et il ne s’est donc pas privé pour le donner à propos de quelques sujets d’actualité.
Les premiers pas de Mark van Bommel : c’est positif !
Mannaert semble apprécier la prise de fonction du nouveau sélectionneur, qu’il a lui-même choisi pour rappel : "Tout d’abord sur le relationnel, tous les retours sont positifs, du green-keeper jusqu’aux joueurs, tous me disent que c’est agréable de travailler avec lui."
Bon, tous les mecs sympas ne donnent pas des bons entraîneurs mais Mannaert est aussi convaincu par ce qu’il a vu : "J’ai aimé le style de jeu, l’intensité demandée, le football qu’on essaye de pratiquer. Reste à essayer de tenir le coup physiquement pendant les 90 minutes"
Et les résultats ? "6/12, c’est positif aussi. On a battu nos 2 concurrents dont un match en déplacement. La France, c’est fort. A part le Barcelone de Guardiola, avec Messi, Xavi, Iniesta et les autres, je n’ai jamais vu autant de talents individuels regroupés dans la même équipe. Il ne faut pas oublier qu’au match retour, par rapport à la Coupe du monde, il nous manquait Courtois, Onana, De Bruyne, Tielemans et Doku. Pour nous, ça fait beaucoup de joueurs. En parlant de Courtois, je ne vois là aussi que du positif. Thibaut a préféré ne pas faire la Ligue des Nations, c’est quand même mieux que d’annoncer sa retraite internationale. Mais on a vu aussi tout de suite le style de communication direct de van Bommel. Ok mais je verrai et c’est moi qui déciderai si tu rejoueras ensuite ou pas. J’aime bien."
Le rôle de la présidente dans l’affaire Balogun
L’affaire Balogun a amené beaucoup de tensions au sein même de la Fédération belge. Des visions différentes de la marche à suivre notamment entre son prédécesseur Peter Willems et la présidente Pascale Van Damme, présente aux côtés d’Infantino pendant le match contre les USA.
Mannaert avance prudemment : "Pascale Van Damme voulait être là où elle était pour justement parler directement à Infantino. Ce qu’elle a fait. Elle a pu exprimer dans un face-à-face avec Infantino avant le match le désaccord de la Fédération belge avec la décision prise par la FIFA. Cela peut se comprendre. Cela avait par contre un coût en termes d’image car elle se retrouvait alors filmée à ses côtés pendant le match. Mais je respecte le choix de Pascale et la Fédération est vigilante sur la suite des événements et notamment sur la clarté que la FIFA va amener dans ce dossier et les réponses qu’elle va nous donner lors du congrès de la semaine prochaine."
L’Espagne, championne du monde de la formation
Quand il s’agit de formation, Vincent Mannaert prend la route vers le sud. L’Espagne est l’exemple à suivre : "On sent une unité dans leur football. Mais elle ne vient pas par hasard. Les entraîneurs, pour la formation des jeunes, sont eux-mêmes formés avec la même idée partout. Chez nous, ce n’est pas la même structure, la même idée entre la Flandre, Bruxelles et la Wallonie. Il y a des différences dans le foot à 5 contre 5, 8 contre 8 et il faut essayer de corriger cela. Et puis il faut emmener toute la base de la pyramide avec nous. Et la base ce sont tous les clubs amateurs. De Bruyne a commencé à Drongen, Courtois à Bilzen. L’idée est donc de rassembler du Nord au Sud et d’Ouest en Est. Les ailes du foot amateur avec la collaboration de la ligue professionnelle. L’Union fait la force. Mais attention, je ne veux pas non plus d’un foot dogmatique, une seule philosophie. L’Espagne elle-même a évolué du TIKI TAKA vers un foot plus direct."
2026, un bon cru pour nos équipes nationales
La vitrine de la Fédération, ce sont ses équipes nationales. Les finances de la Fédération sont d’ailleurs selon Mannaert trop dépendantes des résultats des Diables en grands tournois. "Il faut essayer d’être créatifs, se servir encore plus de l’immense popularité, du côté rassembleur des Diables pour générer encore plus de revenus. Exploiter plus aussi le camp ici à Tubize, ce qui est prévu. Mais il a aussi des économies à réaliser dans le mode de fonctionnement de la Fédération, trouver une meilleure efficacité financière."
Mais sportivement, l’année a été bonne, très bonne même selon Mannaert :"Au-delà du quart de finale des Diables, les Espoirs viennent de se qualifier pour l’Euro, comme les U19 et les U17 ont perdu en finale aux tirs au but contre l’Italie. Le Futsal a atteint pour la première fois les quarts de l’Euro. On espère que les Red Flames vont aussi obtenir une première qualification historique pour la prochaine Coupe du monde. Elles manquent pour l’instant encore de régularité pendant un match. Il y a une bonne mi-temps puis une moins bonne. Parfois un quart d’heure au milieu d’un match où elles disparaissent. Mais le potentiel est là et les joueuses, contrairement à ce que j’ai lu, sont toutes derrière la coach.
Plusieurs langues, une seule équipe
L’arrivée de van Bommel a la tête des Diables a amené son lot de discussions communautaires. Mannaert CEO, Mignolet directeur technique, l’Union Belge veut parler d’une seule voix, mais en seule langue ? "Non, c’est vraiment une perception parce que la vitrine principale, c’est le coach des Diables et c’est vrai qu’il ne parle que néerlandais, comme Rudi Garcia ne parlait que le Français. Moi je suis néerlandophone mais mon bras droit, Pierre Locht, est francophone. Notre directeur financier est francophone et c’est un poste important. On vise l’équilibre mais de toute façon il faut prendre exemple sur les Diables. Pour eux, ce n’est jamais un sujet ni un problème. Ils parlaient français avec Garcia, la plupart parle néerlandais avec van Bommel. Et entre eux, ils alternent. C’est un bon exemple à suivre non ?"
Le message d’unité voulu par le nouveau CEO est passé. Reste à toute la Fédération à l’appliquer. Et Vincent Mannaert sait son poste exposé : il est le 5è CEO depuis 2019. Commencer à trouver une forme de stabilité à ce poste stratégique serait déjà une bonne idée. Et un bon départ pour voir plus loin que la fin de l’année.