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Les Colloques de Menton veulent faire vivre le débat avec trois rendez-vous autour de l’IA, de l’identité et de l’Histoire

Du 3 au 10 octobre 2026, cet événement propose trois rendez-vous au Palais de l’Europe et à Sciences Po. La maire, Alexandra Masson, revendique un espace où les points de vue peuvent se confronter sans rechercher forcément le consensus.

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M.R

Maxime Rovello

Créé le 25 septembre 2026 • 08:30

Mis à jour le 25 septembre 2026 • 08:30


À l’occasion des Colloques, la maire défend une manifestation pensée comme un lieu de débat, tout en ouvrant la porte à de nouveaux formats et de nouveaux espaces.
À l’occasion des Colloques, la maire défend une manifestation pensée comme un lieu de débat, tout en ouvrant la porte à de nouveaux formats et de nouveaux espaces.
Photo J.-F. O / Nice-matin

« Venir, écouter, réfléchir, réagir. » Pour Alexandra Masson, c’est toute la raison d’être des Colloques de Menton. Créé en 1999, le rendez-vous revient cette année encore avec la même ambition : permettre au public de confronter des points de vue, sans nécessairement chercher à faire émerger un consensus.

Un principe auquel la maire de Menton dit être particulièrement attachée. « On n’est pas dans une table ronde pour avoir les mêmes idées sur quelque chose. On est vraiment dans le débat, l’échange », résume-t-elle. Et d’insister sur ce qui constitue, selon elle, la singularité de la manifestation : « Les gens qui viennent sont là pour apprendre, découvrir, renforcer des fois leurs connaissances, mais en tout cas pas pour qu’on leur demande des comptes sur ce qu’ils doivent dire ou penser. »

Le plus gros événement de l’été était sans nul doute la 2e édition du French Flyair.

Cette année, trois grands rendez-vous sont proposés. Le premier, le 3 octobre au Palais de l’Europe (à 14 h 15), sera consacré à l’intelligence artificielle. Un sujet qu’Alexandra Masson a souhaité inscrire personnellement au programme. Autour de la question « opportunités ou dangers ? », plusieurs intervenants confronteront leurs approches, parmi lesquels l’écrivain Laurent Alexandre, l’essayiste et conférencier Alexandre Tsicopoulos, l’auteur Antoine Buéno et le journaliste Guillaume Grallet. Cette table ronde sera animée par Denis Carreaux, journaliste et ancien directeur des rédactions de Nice-Matin.

« L’IA, il faut se l’approprier »

Pour la maire, impossible aujourd’hui de faire l’impasse sur cette révolution technologique. Elle estime même que l’intelligence artificielle est appelée à devenir « vitale » dans le fonctionnement des collectivités. « C’est un outil mais qu’on ne doit pas utiliser n’importe comment, pas à n’importe quel prix et pas sans déontologie », précise-t-elle néanmoins.

Alexandra Masson voit déjà des applications particulièrement importantes dans certains secteurs, notamment la médecine. « Il y a des professions qui vont plus ou moins disparaître, qui en tout cas vont énormément muter », avance-t-elle.

Le débat du 3 octobre doit justement permettre de confronter ces visions, entre inquiétudes, perspectives et utopies. « Tout le monde n’a pas la même vision de l’IA », rappelle la maire, qui revendique pour les Colloques cette confrontation des points de vue.

Le deuxième rendez-vous se déroulera le 8 octobre à Sciences Po Menton (à 18 h 30). La manifestation, fidèle à son partenariat avec l’école, mettra cette fois à l’honneur une figure féminine de la Révolution française, Thérésia Tallien, à travers une conversation avec Manon Tallien De Cabarrus. La journaliste a consacré un livre à son ancêtre, cette femme « qui a dit non à Napoléon et Robespierre ».

Enfin, le 10 octobre au Palais de l’Europe (à partir de 14 h 30), Gilles Kepel, le régional de l’étape et politologue habitué des Colloques, sera l’invité d’un grand entretien consacré aux « failles de notre identité ». Un choix que la maire assume dans une période où les questions d’identité, d’immigration et de rapport à la nation occupent une place importante dans le débat public.

Vers de nouveaux espaces pour prolonger les Colloques ?

Malgré son ancienneté, Alexandra Masson ne souhaite donc pas remettre en cause le principe même des Colloques, dont le coût d’organisation se situe autour de 17 000 euros. « Aujourd’hui, c’est un incontournable, affirme-t-elle. La culture est là pour sortir les gens de leur quotidien, pour les laisser se poser, réfléchir à eux, à l’avenir, à la place des gens dans l’univers, à la place de la femme, à la place de nos institutions, à la place de l’intelligence artificielle. »

Mais Alexandra Masson laisse une porte ouverte à une évolution de la manifestation. Dans son contenu, son format mais aussi ses lieux. La réouverture du musée Jean Cocteau ou de nouveaux espaces culturels permettra, à terme, d’imaginer d’autres rendez-vous. « Je pense qu’il ne faut pas rester figé. Il est temps d’enfin rouvrir une page culturelle forte à Menton », estime-t-elle.


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