taraskuzio.com

Les chiffres ne mentent pas: il n'avait jamais fait aussi chaud lors des mois de juin et juillet en Europe de l'ouest

La température moyenne à la surface des océans (entre les latitudes 60°Sud et 60°Nord) en juillet dernier a été la plus haute jamais enregistrée pour un mois de juillet, à 20,96°C, battant le précédent record de 2023 (20,89°C), a annoncé lundi le service européen d'observation du changement climatique Copernicus.

Ces températures records, nuisibles pour les écosystèmes marins, s'expliquent par le réchauffement climatique et par le retour d'El Niño, un phénomène climatique naturel qui réchauffe les eaux de surface du Pacifique équatorial et qui est encore appelé à s'intensifier dans les prochains mois.

Réchauffement climatique et vagues de chaleur : 95 % des maisons de repos et hôpitaux doivent être rénovés, selon la fédération de la construction

Mais le mois de juillet a aussi été marqué par les canicules, une sécheresse intense et des feux de forêt particulièrement destructeurs en Europe de l'Ouest. Selon Copernicus, cette partie du Vieux Continent a connu sa période juin-juillet la plus chaude, avec les troisième et quatrième vagues de chaleur depuis le mois de mai. La température moyenne en Europe de l'Ouest s'est ainsi établie, sur la période de juin et juillet, à 21,62°C, soit 2,79°C de plus que la moyenne et au-dessus du précédent record de 2022.

"Le mois dernier a vu une activité exceptionnelle des feux de forêt, en termes de surface brûlée et d'émissions (de gaz à effet de serre, NDLR). Le changement climatique contribue de plus en plus à ces conditions chaudes et sèches qui favorisent des feux de forêt de grandes ampleur et intensité dans le sud de l'Europe, tout en étendant la saison des feux vers le nord", constate la directrice du service Copernicus de surveillance de l'atmosphère, Laurence Rouil, citée dans un communiqué.

Météo: fraîcheur à la mer et chaleur ailleurs, sous un ciel en demi-teinte

"Des systèmes persistants de haute pression ont piégé la chaleur au-dessus de l'Europe de l'Ouest, les températures extrêmes ont aussi amplifié une sécheresse généralisée. En s'asséchant, les sols perdent leur faculté à apporter un refroidissement naturel, permettant à la chaleur de s'accumuler plus facilement", explique pour sa part la climatologue Samantha Burgess, responsable au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, pour qui il s'agit d'un exemple frappant de la manière dont le changement climatique intensifie les chaleurs extrêmes, "avec la chaleur et la sécheresse qui se renforcent mutuellement."

La Belgique affronte officiellement sa deuxième vague de chaleur de l'année

L'Europe de l'est épargnée

À l'échelle de l'ensemble du continent européen, juillet n'a toutefois été que le 11e plus chaud des relevés (moyenne de 20,49°C), car les températures plus basses dans l'est de l'Europe et la Scandinavie ont contrasté avec la chaleur torride qui a alangui des pays comme l'Espagne, la France, l'Angleterre, l'Irlande ou la Belgique.

Au niveau mondial, juillet s'inscrit comme le deuxième mois de juillet le plus chaud jamais enregistré, avec une température moyenne de l'air en surface de 16,90°C, soit 1,47°C au-dessus de la moyenne estimée de la période pré-industrielle (1850-1900).