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Les blocus de lycées dégénèrent, bras de fer entre le gouvernement et LFI

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France

Les manifestations et blocages des lycées ont entraîné lundi 164 interpellations aux abords des lycées, à la veille d'un appel à une journée de mobilisation nationale et sur fond d'affrontement politique entre le gouvernement et La France insoumise.

M.BO.

Source: AFP

29 septembre 2026, 12:54

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Ces manifestations et blocages ne sont "pas des mouvements de contestation très habituels" mais "s'apparentent à des violences urbaines", a estimé lundi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

En tout, 164 interpellations ont été faites et 180 établissements ont été concernés. Douze membres des forces de l'ordre ont été blessés, selon le ministère de l'Intérieur, et huit personnels enseignants, dont trois chefs d'établissement. Une douzaine de lycéens ont également été blessés.

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À Lille, des élèves démontent un panneau de signalisation et une caméra de surveillance lors d’un blocus devant le lycée César-Baggio, le 29 septembre 2026. © AFP

"On ne peut pas tolérer les débordements", a prévenu le ministre alors que la principale organisation syndicale des lycéens, l'Union syndicale lycéenne (USL), a appelé au blocage des lycées partout en France mardi, à l'occasion d'une journée de mobilisation dans la fonction publique.

"Nous sommes clairement face à des violences urbaines qui tentent de récupérer ce qui était au départ un mouvement lycéen classique et qui essaient d'introduire un court-circuit violent par rapport à ce qu'est la démocratie scolaire", a abondé par la suite le ministre de l'Education, Edouard Geffray, sur BFMTV.

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“Revendications légitimes”

Depuis une semaine, des lycéens d'Île-de-France se mobilisent devant leurs établissements pour protester contre des classes et des emplois du temps surchargés ou encore l'absence de professeurs. Ces rassemblements ont parfois dégénéré avec des dégradations ou des tirs de mortiers.

Dans l'agglomération parisienne, 28 lycées ont été temporairement bloqués lundi, selon la préfecture de police, qui dénonce des "violences inacceptables" lors des interventions destinées à garantir l'accès aux établissements. Neuf policiers ont été blessés, ainsi qu'une proviseure et une lycéenne, victimes respectivement d’un tir de mortier d’artifice et de l’explosion d’un engin artisanal à l'acide chlorhydrique.

Le mouvement s'est étendu lundi à Marseille, Lille, Grenoble, Lyon ou encore Sedan (Ardennes).

À Lille, des lycéens citent pêle-mêle "le manque de moyens, de personnel", la "cantine trop chère", les classes "trop chaudes en été et trop froides en hiver" et les "punaises de lit et les douches cassées" à l'internat.

Dans les Alpes-Maritimes, dix lycées ont vu leur fonctionnement perturbé, principalement à Nice, Grasse, Cagnes-sur-Mer et Menton, a indiqué la préfecture, précisant que la situation s'était déroulée "généralement dans le calme".

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À Lille, une épaisse fumée noire s’échappe de poubelles et de vélos incendiés devant le lycée César-Baggio, lors d’un blocus étudiant à Lille. © AFP

Les forces de l'ordre ont toutefois procédé à dix interpellations de lycéens pour des faits de jets de projectiles, tirs de mortier ou encore violences en réunion. Deux élèves ont été légèrement blessés par des tirs de mortier et des projectiles.

"Les lycéens qui se mobilisent expriment des revendications légitimes", a estimé auprès de l'AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré. "Ils doivent pouvoir exprimer leurs revendications et leur colère dans un cadre apaisé. Les interventions sans discernement de la police ne sont pas acceptables et nous les condamnons."

Edouard Geffray a annoncé avoir demandé aux recteurs de réunir les conseils de vie lycéenne des établissements concernés par les blocages ou tentatives de ces derniers jours "d'ici la fin de la semaine".

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Dimension politique

Le mouvement de grogne lycéen a pris une dimension politique à sept mois de l'élection présidentielle, avec un bras de fer opposant le gouvernement et La France insoumise (LFI).

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dénoncé lundi sur le réseau X une "surenchère irresponsable" d'élus de la LFI qui "appellent à étendre" le mouvement de blocus des lycées. Jean-Luc Mélenchon, lui, a reproché à l'exécutif d'avoir "ordonné la répression".

Les ministres de l’Intérieur et de l’Éducation ont prévenu qu’en cas de violences et de blocage total, les forces de l’ordre interviendraient.

Il y a “une récupération politique des blocages par des élus de la France insoumise”, a encore avancé M. Geffray sur BFMTV.

“Que (les autorités) viennent échanger avec (les lycéens) et constater par elles-mêmes si cette jeunesse est ‘instrumentalisée’, ou si elle est simplement capable de penser, de s’organiser et de défendre elle-même ses conditions d’études et son avenir”, a répliqué dans un communiqué la mairie LFI de Saint-Denis, qui a jugé les revendications “légitimes”.

Le maire, Bally Bagayoko, s'est rendu lundi au lycée Paul-Eluard de sa ville où plusieurs centaines d'élèves s'étaient réunis devant l'établissement, où le sol était jonché de poubelles incendiées. L’homme politique de la LFI a été accusé d’avoir participé à des dégradations en manipulant une poubelle en feu. Sur le réseau social X, il rejette les accusations.

“Contrairement aux accusations qui circulent, je n’ai évidemment ni allumé ni encouragé de feu de poubelle. Ces accusations sont grotesques et montrent la volonté de nuire à l’image du mouvement lycéen en cours. J’ai au contraire tenté de l’éteindre pour assurer la sécurité des jeunes présents et permettre une intervention rapide des pompiers”, a-t-il répondu.

Dans une réaction à CLPresse, il reconnaît toutefois que “la violence pouvait être légitime, mais chaque fois qu’on peut l’éviter c’est mieux”.

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