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Les autorités US envisagent d'interdire l'utilisation des modèles chinois à poids ouverts par les entreprises US : « Notre position sur les modèles à poids ouverts », l'avis de Dario Amodei, PDG d'Anthropic

Le PDG d’Anthropic a réfuté les accusations selon lesquelles son entreprise aurait cherché à restreindre les modèles d’IA à poids ouverts, tout en présentant un ensemble plus restreint de mesures qu’il soutient — notamment des tests de sécurité obligatoires pour tous les systèmes d’IA performants, qu’ils soient à poids ouverts ou fermés. Dario Amodei a récemment écrit : « Permettez-moi d’être clair afin qu’il n’y ait aucun doute : Anthropic n’a jamais plaidé en faveur d’une interdiction des modèles à poids ouverts ». Anthropic avait subi des pressions après avoir refusé de signer la lettre commune du secteur, exhortant les décideurs politiques à éviter de restreindre les modèles à poids ouverts. Cette lettre était soutenue notamment par Nvidia, Microsoft, Meta et Palantir. Google et OpenAI, qui n’avaient pas signé dans un premier temps, ont ajouté leurs noms au cours du week-end.

Anthropic est une société américaine d'intérêt public spécialisée dans l'intelligence artificielle (IA), dont le siège social est situé à San Francisco, en Californie, et qui a été fondée dans le but de promouvoir la sécurité de l'IA. Son produit phare est Claude, une série de grands modèles de langage (LLM). Anthropic a été fondée en 2021 par d'anciens membres d'OpenAI, notamment les frère et sœur Daniela Amodei et Dario Amodei, qui en sont respectivement la présidente et le PDG. La société est privée mais prévoit d'entrer en bourse.

En juin 2026, Anthropic a accusé le géant chinois Alibaba d’avoir illégalement extrait les capacités de son modèle d’IA « Claude », dans ce qu’il a qualifié de plus grande attaque de ce type jamais connue contre l’entreprise. Anthropic affirme que des sociétés affiliées à Alibaba et à son laboratoire d’IA ont effectué 28,8 millions d’échanges avec ses modèles à l’aide d’environ 25 000 comptes frauduleux entre le 22 avril et le 5 juin. Anthropic a indiqué que la distillation est un moyen de contribuer à accélérer la capacité de la Chine à atteindre les capacités avancées de Mythos Preview d’Anthropic et estime que la société doit être sanctionner.

Ces allégations interviennent alors que les modèles chinois open source commencent à rivaliser avec les références américaines. Mais le gouvernement américain semble donner raison à Anthropic. Scott Bessent, secrétaire au Trésor, a révélé lors d'une interview que les enquêteurs avaient découvert des « filigranes » de grands modèles de langage (LLM) américains au sein de systèmes d'IA chinois. Il a qualifié cette situation d'« inacceptable » et a menacé d'imposer des sanctions si des entreprises chinoises avaient tiré profit d'un vol de propriété intellectuelle.

Dans ce contexte, Dario Amodei, PDG d'Anthropic, a récemment déclaré qu'Anthropic n'avait jamais cherché à interdire les modèles à poids ouverts, mais souhaitait que tous les systèmes d'IA performants soient testés avant leur mise sur le marché. Le PDG d’Anthropic a réfuté les accusations selon lesquelles son entreprise aurait cherché à restreindre les modèles d’IA à poids ouverts, tout en présentant un ensemble plus restreint de mesures qu’il soutient — notamment des tests de sécurité obligatoires pour tous les systèmes d’IA performants, qu’ils soient à poids ouverts ou fermés.

Dario Amodei est un chercheur et entrepreneur américain spécialisé dans l’intelligence artificielle (IA). En 2021, il a cofondé avec sa sœur Daniela Amodei Anthropic. Auparavant, il occupait le poste de vice-président de la recherche chez OpenAI. En tant que PDG d’Anthropic, Amodei écrit souvent sur les avantages et les risques des systèmes d’IA avancés. Il est partisan d’une stratégie dite d’« entente », dans laquelle une coalition de nations démocratiques utilise des systèmes d’IA avancés dans des applications militaires afin d’obtenir un avantage décisif sur ses adversaires, tout en partageant les bénéfices avec les nations coopérantes.

Le PDG d'Anthropic s'oppose à l'interdiction des IA à poids ouverts

Pour bien comprendre le contexte, depuis le 23 avril 2026, l'administration Trump a officiellement accusé des entités chinoises de mener des campagnes organisées pour copier les modèles d'IA américains. La technique en cause, la distillation, se situe à la frontière floue entre pratique légitime et espionnage industriel. Pékin balaie ces accusations d'un revers de main et DeepSeek, visé implicitement, publie le jour suivant son modèle V4 en fanfare. Dans cette guerre technologique face à la Chine, l'administration Trump a multiplié les discours hostiles.

Face à cette situation, les patrons américains de la tech redoutent que Donald Trump sabote l'écosystème de l'IA open source. Le 22 juillet 2026, près de deux cents startups, représentées par la Little Tech Association, demandent à l'administration Trump de ne pas interdire les modèles d'IA chinois en accès libre. Elles affirment que l'accès aux modèles d'IA open source est crucial pour leur compétitivité économique face aux géants du secteur. Alors que les États-Unis accusent la Chine de voler leur IA à l'échelle industrielle, les startups craignent qu'une interdiction des modèles d'IA chinois n'étouffe l'innovation nationale au profit des monopoles comme Anthropic ou OpenAI.

C'est pourquoi, Dario Amodei a récemment écrit : « Permettez-moi d’être clair afin qu’il n’y ait aucun doute : Anthropic n’a jamais plaidé en faveur d’une interdiction des modèles à poids ouverts ». Il a qualifié les modèles à poids ouverts dépourvus de capacités dangereuses de « bien public » et a déclaré que les interdictions protectionnistes « ne répondraient pas à mes préoccupations les plus sérieuses en matière de sécurité nationale ».

Anthropic avait subi des pressions après avoir refusé de signer la lettre commune du secteur, exhortant les décideurs politiques à éviter de restreindre les modèles à poids ouverts. Cette lettre était soutenue notamment par Nvidia, Microsoft, Meta et Palantir. Google et OpenAI, qui n’avaient pas signé dans un premier temps, ont ajouté leurs noms au cours du week-end. Anthropic n’a toujours pas signé. La publication de cette lettre a été en partie motivée par le lancement de Kimi K3, un modèle chinois à poids ouvert développé par Moonshot AI, qui s’approche des performances de pointe de ses concurrents américains à moindre coût.

L’ancien conseiller de la Maison Blanche en matière d’IA, David Sacks, avait laissé entendre qu’Anthropic utilisait des préoccupations de sécurité pour protéger son activité de modèles fermés de la concurrence. Amodei a réfuté cette interprétation et a reconnu qu’une interdiction « protégerait les entreprises américaines d’IA de la concurrence, mais cela n’a jamais été mon objectif ».

Pourtant, début juillet 2026, un nouveau rapport a révélé qu'Anthropic serait en train de supprimer une fonctionnalité de suivi cachée dans son assistant de codage IA, Claude Code, après que des développeurs ont accusé l’entreprise d’identifier secrètement les utilisateurs se trouvant en Chine ou liés à des laboratoires d’IA chinois. Bien que l’entreprise affirme que ce système ait été mis en place pour lutter contre les abus de comptes et empêcher la copie de ses modèles d’IA, elle a essuyé de vives critiques pour s’être comportée comme un logiciel espion.

Dario Amodei souhaite que tous les systèmes d'IA performants soient testés avant leur mise sur le marché

Au lieu d’une interdiction, Amodei a présenté trois mesures qui, selon lui, répondraient mieux à ses préoccupations. Premièrement, il a appelé à un contrôle plus strict des puces de pointe et des équipements de fabrication de puces destinés à des gouvernements autoritaires, arguant que les restrictions sur les puces constituent le moyen le plus direct d’empêcher les États rivaux de développer une IA plus puissante.

Deuxièmement, il a appelé à une répression de ce qu’il a qualifié de « distillation à l’échelle industrielle » — un processus consistant à entraîner un modèle plus petit à partir des résultats d’un modèle plus grand et plus performant. Amodei a fait valoir que la distillation permettait à la Chine d’extraire des capacités des modèles américains de pointe, réduisant ainsi l’efficacité des contrôles à l’exportation sur les puces. Le mois dernier, Anthropic a adressé une lettre au Sénat américain alléguant qu’Alibaba avait mené contre elle « la plus grande attaque par distillation jamais connue ».

Troisièmement, Amodei a déclaré que tous les modèles suffisamment performants — quelle que soit leur origine ou leur nature (ouverts ou fermés) — devraient être soumis à des tests de sécurité obligatoires avant leur mise sur le marché, à l’exception des modèles moins performants issus de start-ups et du monde universitaire. Il a précisé que l’objectif de ces tests serait d’évaluer le profil de risque réel des modèles à poids ouvert à l’aide de données factuelles, et non de considérer les restrictions comme une fatalité.

Amodei a déclaré qu’il partageait certains points de la lettre du secteur, notamment l’idée selon laquelle les modèles à poids ouverts élargissent l’accès à l’économie de l’IA et offrent aux clients un plus grand contrôle. Il a toutefois indiqué qu’il n’était pas d’accord avec l’affirmation de la lettre selon laquelle les modèles à poids ouverts facilitent le développement de mesures de protection ou que l’accès généralisé aux capacités d’IA favorise les cyberdéfenseurs par rapport aux attaquants. Il a cité les menaces biologiques comme un cas où les attaquants pourraient détenir un avantage structurel qu’un modèle d’IA suffisamment puissant pourrait exploiter.

Pourtant, c'est un modèle chinois open source qui a récemment sauvé Hugging Face, la plus grande base de données mondiale de modèles d'IA, d'une catastrophe dont OpenAI est responsable. Le modèle d’IA d’OpenAI, dirigé par Sam Altman, a pénétré dans les systèmes de Hugging Face. Mais lorsque Hugging Face a tenté de riposter en utilisant les meilleurs modèles d’IA américains, ceux-ci n’ont pas su distinguer les attaquants des défenseurs. Hugging Face s’est alors tourné vers GLM 5.2, un modèle d’IA chinois open source, pour analyser l’attaque et y mettre fin. Selon les experts, les modèles américains ont rencontré des difficultés en raison de leurs propres mécanismes de sécurité intégrés. L’ironie est criante.

Voici la déclaration de Darion Amodei :

Notre position sur les modèles à poids ouverts

Ces derniers jours, les modèles à poids ouverts, en particulier ceux provenant de Chine, ont fait l’objet de nombreuses discussions. Selon certaines informations, certains responsables américains envisageraient d’interdire l’utilisation des modèles à poids ouverts chinois par les entreprises américaines. En réponse, de nombreuses entreprises technologiques ont signé une lettre soutenant les modèles à poids ouverts, et certaines personnes ont même accusé Anthropic de vouloir interdire ces modèles afin de protéger ses activités. Quiconque a lu mes précédents articles devrait savoir que je ne considère pas ces interdictions comme une mesure utile, mais permettez-moi de le dire clairement afin qu’il n’y ait aucun doute : Anthropic n’a jamais plaidé en faveur d’une interdiction des modèles à poids ouverts.

Les modèles à poids ouverts qui ne présentent pas de capacités dangereuses constituent un bien public : ils ne coûtent rien, hormis la puissance de calcul nécessaire à leur fonctionnement, et ils apportent de la valeur aux entreprises, aux développeurs et aux chercheurs.

Des interdictions protectionnistes ne répondraient pas à mes préoccupations les plus graves en matière de sécurité nationale. Plus précisément, je crains deux scénarios cauchemardesques. Je les ai exposés dans mon essai intitulé « The Adolescence of Technology » il y a six mois, et je défends ces positions sans relâche depuis de nombreuses années :

1. Ma principale préoccupation est le risque que des gouvernements autoritaires — pas uniquement le Parti communiste chinois (PCC), bien que celui-ci soit clairement la menace la plus redoutable — développent des modèles d’IA plus puissants que ceux créés par les États-Unis, et les utilisent pour obtenir une supériorité militaire permanente ou exercer une répression extrêmement sévère sur leur propre population. Cette préoccupation est largement partagée au sein du gouvernement américain : le vice-président Vance a averti l’année dernière à Paris que « les régimes autoritaires ont volé et utilisé l’IA pour renforcer leurs capacités militaires, de renseignement et de surveillance », et l’Évaluation annuelle des menaces 2026 de la communauté du renseignement a conclu que « les progrès considérables réalisés par d’autres puissances mondiales en matière d’IA remettent en cause la compétitivité économique et les avantages en matière de sécurité nationale des États-Unis ». Peu importe que ces modèles soient publiés avec des poids ouverts, et cela n’a certainement aucune importance qu’ils soient utilisés par des entreprises américaines. En réalité, le modèle le plus dangereux pourrait bien être celui qui est entraîné en secret et remis uniquement à l’Armée populaire de libération pour être utilisé dans des drones, ainsi qu’au ministère de la Sécurité d’État à des fins de surveillance et de répression.

2. Ma deuxième préoccupation concerne le risque que des modèles d’IA puissants soient détournés pour mener des cyberattaques ou des attaques biologiques, et qu’ils présentent de graves problèmes d’alignement. Les modèles à poids ouverts — qu’ils proviennent de Chine ou d’ailleurs — présentent potentiellement un risque plus élevé que les modèles fermés, car il est très difficile de leur appliquer des garde-fous ou de surveiller leur utilisation, et une fois les poids publiés, ils ne peuvent plus être retirés. Mais interdire l’utilisation de ces modèles par les entreprises américaines ne permet en rien de remédier à ce risque, car les acteurs malveillants ne sont probablement pas des entreprises américaines légitimes. Cela protégerait les entreprises américaines spécialisées dans l’IA de la concurrence, mais cela n’a jamais été mon objectif.

Pour répondre à ces préoccupations, je soutiens les trois mesures suivantes, que moi-même et...

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