Les assurances habitation vont-elles augmenter à cause des incendies ?
Les incendies qui touchent les Fagnes et les épisodes de canicule relancent inévitablement la question du coût des catastrophes climatiques, pour tout le monde, mais certainement pour les ménages.
En France, plusieurs assureurs ont déjà annoncé des hausses de tarifs, notamment pour les assurances habitation, à partir de l'année prochaine, en raison du coût des sinistres provoqués par les incendies de cet été, rapporte notamment Libération.
En Belgique, la tendance existe mais la situation est différente, estime Assuralia, l'Union professionnelle des entreprises d'assurances.
L'événement des Fagnes n'a pas d'effet direct
"Les incendies dans les Fagnes n'ont pas d'impact direct sur les primes des habitations", explique Assuralia. La raison évoquée est simple : les incendies concernent essentiellement des espaces boisés, qui ne sont généralement pas couverts par les assurances habitation, et les dégâts causés aux habitations sont inexistants ou très limités.
"L'assurance n'est plus abordable pour une grande part de la population, qui n'est plus assurée pour les catastrophes de grande ampleur"Cela ne signifie toutefois pas que le changement climatique est sans conséquence pour le secteur. Selon Assuralia, "l'intensité des catastrophes en tout genre" exerce inévitablement une pression croissante sur les assureurs.
Des hausses de 2 à 4 % chez certains assureurs
Cette pression commence donc à se traduire dans les tarifs. Selon les chiffres récoltés par L'Echo, les assureurs ont bien prévu d'augmenter leurs tarifs : + 3 % chez Allianz, + 1,7 % chez AG Insurance, + 2,7 % chez Baloise, + 4 % chez Argenta et + 3 % chez Beobank.
"C'est très probablement lié à la fréquence et l'intensité de ce type d'événement", affirme Assuralia.
Une éventuelle hausse des primes ne peut toutefois pas être attribuée exclusivement aux catastrophes climatiques. Le coût des réparations, des travaux et des expertises intervient également dans le calcul des tarifs, alors que l'inflation intervient également dans le calcul des tarifs. "C'est un ensemble", résume Assuralia. La hausse des primes observée chez certains assureurs s'inscrit par ailleurs dans une tendance qui existait déjà les années précédentes.
Le budget des Belges dédié aux assurances au plus haut depuis 2008À titre d'exemple, les primes encaissées pour une assurance incendie "risques simples" (tous types confondus, maisons, petits commerces, locataires etc) ont augmenté en moyenne de 1,9 % en 2025, explique Assuralia. Il s'agit donc plutôt, selon l'Union, de petites augmentations croissantes plutôt que d'un mouvement brutal provoqué par un événement particulier.
La réassurance pèse également sur les tarifs
Un autre élément intervient également, la réassurance. Les réassureurs sont, en quelque sorte, les assureurs des compagnies d'assurances. Ils permettent à ces dernières de se protéger contre des sinistres particulièrement importants ou une accumulation de dommages. Lorsque le coût de cette couverture augmente, les assureurs peuvent à leur tour répercuter une partie de cette hausse sur leurs propres clients.
"Les conditions des réassureurs, qui assurent les assureurs, deviennent plus chères" explique Assuralia.
Toutefois, cette pression ne concerne pas uniquement la Belgique. "Cela se passe aussi dans tous les autres pays", souligne l'Union professionnelle des entreprises d'assurances.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.