Les agriculteurs du Saint-Quentinois craignent de ne pas se relever financièrement de la sécheresse
La sécheresse, qui n’a épargné aucun secteur agricole, pourrait avoir des conséquences dévastatrices pour certains agriculteurs. Pendant une semaine, à travers des feux symboliques, ils ont tenté d’alerter le gouvernement sur les conséquences financières.
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Ce n’est pas le premier SOS qu’il trace dans les champs, mais celui-là a quelque chose du sillon du désespoir. Vincent Guyot, céréalier à Étaves-et-Bocquiaux alerte depuis longtemps sur les difficultés des agriculteurs, mais les conditions climatiques de cette année, surtout l’absence de pluie, ont dépassé les pires craintes.
Comme lui, de nombreux exploitants de l’arrondissement de Saint-Quentin ont passé une semaine à raviver les « feux de la colère » dans les champs.
Les flammes sont de l’ordre du symbole. Il s’agit de tas de lin inutilisables à cause précisément de la météo. Le 27 juin, un orage a fait des dégâts considérables, notamment sur les arbres. Mais la violence de la tempête n’a pas seulement eu des conséquences sur les forêts. Les très fortes rafales ont détruit parcelles et récoltes, créant d’« énormes tas de lins non récoltables ». Ces volumes étant impropres à la récolte et à la transformation, les exploitants n’ont d’autre choix que de les brûler.
L’Union des syndicats agricoles de l’Aisne (USAA) a voulu en profiter pour « mettre le feu aux poudres » et mettre la pression sur le gouvernement pour obtenir des compensations face à la sécheresse record de cet été 2026 qu’ils trouvent pour l’heure insuffisante. Aucune culture n’est épargnée. « C’est quand même la première année que tout est touché », confie Marie Gauthier, présidente de l’arrondissement de Saint-Quentin.
Toutes les filières touchées
Un céréalier le confirme : « Ce qu’il y a de particulier cette année, c’est qu’effectivement toutes les filières végétales sont touchées et l’élevage aussi, parce qu’ils vont manquer de nourriture pour les bêtes. » Si les récoltes de pommes de terre et plus généralement de légumes devraient atteindre des rendements extrêmement bas, la suite n’incite pas, pour l’heure, à l’optimisme.
En raison du sol extrêmement sec, il est impossible de faire lever les nouveaux semis. Les agriculteurs ont dû demander une dérogation pour ne pas être obligés de semer des couverts végétaux réglementaires.
« Une pipette d’eau sur un gros tas d’inquiétude »
Les conséquences financières sont estimées à 300 millions d’euros rien que pour le département. Face à ces chiffres, les mesures de soutien annoncées (de l’ordre de 10 € par hectare) sont perçues comme totalement « déconnectées de la réalité ».
« Avec 10 € de l’hectare, on ne fait rien, complète Marie Gauthier. C’est une pipette d’eau sur un gros tas d’inquiétude. »
Il faut impérativement donner aux agriculteurs les moyens de passer le cap et surtout de pouvoir financer les semis et la campagne 2027
La détresse financière est telle qu’elle menace la campagne suivante, certains agriculteurs n’ayant plus les fonds nécessaires pour acheter leurs semences et leurs intrants. « On est quand même à deux doigts de ne plus pouvoir nourrir la population française, complète la présidente. Il faut impérativement donner aux agriculteurs les moyens de passer le cap et surtout de pouvoir financer les semis et la campagne 2027. »
« Nous demandons un véritable plan de relance »
« Nous demandons un véritable plan de relance à hauteur de 450 €/ha, avec des aides directes et immédiates, poursuit-elle. À cela doivent s’ajouter des prêts à taux zéro, des reports d’échéances bancaires sans frais et des mesures concrètes sur les charges. »
La campagne des betteraves, qui doit débuter dans quelques jours, s’avère elle aussi délicate. « On ne pourra pas commencer tant qu’il n’a pas plu 50 mm », se désole Vincent Guyot, dont le SOS dans les champs risque de rester encore longtemps.
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