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Les administrations bruxelloises dans le flou des décisions budgétaires: "On fait croire que ces gens sont des paresseux"

Une diminution de moitié du déficit de la Région et une trajectoire toute tracée vers l'équilibre budgétaire. Dans cette optique, le ministre-Président Bruxellois, Boris Dilliès (MR), présentait ce lundi au parlement régional, le budget 2026-2027, arraché au terme d'un conclave tendu, ce week-end.

Plusieurs mesures d'économies seront prises par le gouvernement. Parmi elles, beaucoup viseront à réduire les dépenses dans les administrations bruxelloises. "Pendant des années, l'organisation régionale s'est complexifiée […]. Il est parfois difficile de savoir qui fait quoi", détaillait ce lundi Boris Dilliès. Économie totale : 74 millions d'euros dans le personnel, auxquels s'ajoutent 39 millions d'euros de réduction des frais de fonctionnement de l'administration bruxelloise. Sept millions d'euros d'économie seront également réalisés chez Bruxelles-Environnement, a annoncé ce lundi Boris Dilliès.

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Des calculs budgétaires flous

L'explication donnée par Boris Dilliès devant le parlement laisse néanmoins de nombreuses zones d'ombre. D'après le cabinet du ministre-Président, les 74 millions attendus seraient atteints grâce aux départs non remplacés (le moratoire sur le personnel a été prolongé et rendu plus strict par l'actuel gouvernement bruxellois) et au gel des recrutements de personnel. Depuis le début de l'année 2026, plus de 500 équivalents temps plein n'ont pas été remplacés. Mais impossible, à ce stade, de connaître le détail du calcul effectué pour arriver aux 75 millions d'économies. L'organisation d'un plan de départs volontaires chez Actiris a été évoquée, apprend-on en coulisses. Mais cette proposition aurait été rejetée par l'une des formations autour de la table.

Cela est connu depuis plusieurs mois : le gouvernement entend "rationaliser" les 23 administrations de la Région. Pour ce faire, l'une des principales mesures est la création de quatre "piliers". Le premier est déjà constitué juridiquement, annonçait ce lundi Boris Dilliès. Nommé "Atlas", il devrait entrer en vigueur en janvier et concentrera notamment les services RH pour toutes les administrations. Cela devrait permettre d'économiser 23 millions d'euros, en supprimant les doublons. "Chaque administration ne devra plus avoir de service RH", explique le cabinet du ministre-Président. En outre, une diminution des frais de consultance et des changements dans les départements IT devraient permettre d'économiser respectivement 20 et 35 millions d'euros sur l'année.

Contacté à plusieurs reprises pour obtenir des précisions concernant les calculs budgétaires effectués, le ministre du Budget et de la Fonction publique, Dirk De Smedt (Anders) n'a pas donné suite.

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Le gouvernement table-t-il sur des départs volontaires ?

On s'en doute, les annonces budgétaires du gouvernement ne réjouissent pas le banc syndical. Alissia Claeys, secrétaire permanente CSC Services publics pour la Région bruxelloise, déplore la politique menée par le gouvernement Dilliès. "L'effort principal est lié au moratoire, aussi bien pour les services opérationnels que pour l'administratif, avec juste une dérogation pour l'opérationnel de Bruxelles-Propreté. Le moratoire continuera en 2027. Cela veut dire que tous les gens qui s'en iront ne seront pas remplacés. Il s'agissait de 500 équivalents temps plein en 2026. Et ce serait une histoire de 300 ETP pour l'année prochaine. Tout ça permet en effet des réductions de coûts, mais cela ne diminue pas la charge de travail pour les gens qui restent en poste. Leur charge de travail à eux, elle augmente."

Alissia Claeys anticipe par ailleurs l'impact du regroupement de plusieurs administrations au sein d'une seule même entité. "Des gens seront transférés. Des contractuels vont devoir changer de contrat. Certains n'accepteront pas et s'en iront. Je pense que le gouvernement compte sur le fait que des gens s'en aillent. De plus, le gouvernement diminue l'attractivité de la fonction publique en modifiant le statut, avec la suppression de deux jours de congé (le 2 et le 15 novembre) et la réduction du cycle d'évaluation à un an au lieu de deux."

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Le personnel vit mal ces réformes, commente la secrétaire permanente CSC. "Les gens ont l'impression qu'on ne reconnaît pas leur travail, qu'on diminue l'importance du service public et qu'on fait croire à la population qu'en fait, depuis des années, il y avait trop de gens pour effectuer un travail et que ces gens sont des paresseux. Je pense qu'on va au-devant de quelques années pas très drôles pour les fonctionnaires. On n'est pas contre les réformes pour être contre les réformes, on veut juste qu'elles se fassent de manière correcte."

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